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Protection des vergers : quelles solutions innovantes sont testées ailleurs ?

Des pistes innovantes pour protéger les vergers ressortent de travaux internationaux. Elles ont été présentées lors de l’événement Fruit 2050 organisé au Sival 2026.

<em class="placeholder">Attaque de tavelure sur des jeunes fruits de la variété Gala.</em>
Pour réduire l'inoculum de la tavelure, la projection forcée des ascospores sur la litière est testée en Nouvelle-Zélande et en Italie.
© M. Giraud/CTIFL

Les bactériophages en Europe

Une piste prometteuse est celle des bactériophages, virus mangeurs de bactéries, employés en médecine pour traiter les infections bactériennes et déjà utilisés en fruits à pépins contre le feu bactérien. Le virus s’ancre sur la bactérie, y injecte son ADN et s’y multiplie, produisant de nouveaux bactériophages. Des « cocktails » de phages ont été mis au point. Une société belge, qui indique 80 % de réduction des attaques sur 250 isolats collectés en Europe, a déposé une demande d’homologation pour ces produits. Un projet « Phagefire Project » est aussi mené en Espagne, Suisse et Hongrie.

Lire aussi : Protection des vergers : sept leviers alternatifs prioritaires 

La projection forcée des ascospores en Nouvelle-Zélande et Italie

Autre levier : la projection forcée des ascospores pour réduire l’inoculum de la tavelure. La technique, testée en Nouvelle-Zélande et Italie, consiste à forcer la projection des ascospores sur la litière en période sèche pour qu’elles n’atteignent pas les arbres.

Elle implique d’irriguer la litière 24 à 48 heures avant la pluie ou tous les deux jours en période sèche. Elle est pilotée par un modèle de maturité et libération des ascospores. Les travaux montrent l’impact des conditions de vent et température et la nécessité d’une période sèche d’au moins 24 heures. Les perspectives sont de combiner la projection forcée avec l’andainage et le traitement de la litière.

Lâchers de forficules au Royaume-Uni

Une autre technique, étudiée au Royaume-Uni, est le lâcher de forficules contre les pucerons lanigères. Des refuges contenant de la nourriture et des forficules sont posés chaque année. Les résultats sont variables et insuffisants, mais une corrélation existe entre le nombre de forficules et le développement des foyers de pucerons.

Fourmis, sucre et pucerons cendrés aux Pays-Bas

Aux Pays-Bas, une autre piste est testée. Elle consiste à nourrir les fourmis avec du sucre pour éviter qu’elles ne se nourrissent du miellat des pucerons cendrés. Des distributeurs de sucre sont commercialisés par Biobest. Avec 1 231 distributeurs par hectare, la réduction de la population de pucerons cendrés est de 97 %. Pour un distributeur un arbre sur deux, la réduction est de 81 %.

Piégeage des anthonomes aux Pays-Bas

Enfin, une autre solution, également expérimentée aux Pays-Bas, est le piégeage des anthonomes. Des tubes en plastique noir de quatre à cinq millimètres de diamètre et vingt centimètres de long sont positionnés par paquets de dix, à raison d'un lot par arbre, en fin de printemps, quand les adultes entrent en dormance, et enlevés en hiver. Les dégâts sont réduits de 70 % au printemps suivant, mais la maîtrise est insuffisante d’une année à l’autre.

 

En Allemagne, réduire les pesticides de 40-50 % d’ici 2030

En Allemagne, une loi passée en 2020 dans le land du Bade-Wurtemberg vise à réduire l’utilisation des pesticides de synthèse de 40-50 % d’ici 2030 et à atteindre 30-40 % de bio. Un réseau de collecte de données sur l’usage des pesticides a été mis en place et les données de 40 exploitations, cultivant notamment 420 hectares de pommiers, sont suivies. « Sur la période 2016-2019, 2 223 tonnes de substances actives ont été utilisées sur ces fermes, indique Alexander Kurz, du Centre de technologie agricole Augustenberg. L’objectif pour 2030 est de descendre à 900-1 100 tonnes. » Et sur l’ensemble du Bade-Wurtemberg, la pomme, qui représente 1,8 % de la surface (12 106 ha), totalise 12 % des substances actives utilisées, principalement des fongicides. Différents dispositifs sont mis en œuvre sur des fermes de démonstration : pièges connectés, bandes fleuries, nichoirs, refuges pour perce-oreilles, produits alternatifs, réduction de dose, traitements post-récolte, optimisation de la pulvérisation avec des buses appropriées, réglage du pulvérisateur… Le programme de sélection collaboratif en pommier ApRésKlimaStress a par ailleurs été mis en place. L’objectif est notamment de créer des variétés de pommier résistantes à l’oïdium et à la tavelure, avec la recherche de résistances inconnues dans des collections non traitées aux fongicides depuis plusieurs années et dans l’espèce de pommier sauvage.

Le biocontrôle progresse en Amérique latine

« Le biocontrôle est en fort développement au Brésil, au Mexique, en Colombie, au Pérou, au Chili », indique Francisco Fabres, journaliste de la revue latino-américaine Redagricola. L’objectif est notamment d’accéder à des marchés à l’export très stricts en matière de résidus sur les fruits, en particulier les marchés européens. Le soutien des gouvernements ainsi que des procédures beaucoup plus rapides que pour les produits phytosanitaires facilitent son développement. Au Brésil, un produit de biocontrôle est approuvé en moyenne en 14 mois, contre 63 mois pour un produit chimique. Au Pérou, qui exporte beaucoup de myrtilles, raisins, avocats ou encore asperges, de nombreuses entreprises visent à proposer des produits sans aucun résidu chimique en 2030. Plusieurs d’entre elles produisent leurs propres produits de biocontrôle (ennemis naturels, champignons enthomopathogènes…).

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