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Pourquoi engraisser les chevreaux à la ferme ?

Afin de faire un état des lieux et d’analyser freins et motivations à l’engraissement des chevreaux à la ferme, 57 enquêtes individuelles et des échanges en groupes ont été réalisés auprès d’éleveurs. En voici les résultats.

Que ce soit pour valoriser un bâtiment, rentabiliser une louve ou utiliser du lait non commercialisable, les motivations à l'engraissement à la ferme sont nombreuses... les freins aussi !
Que ce soit pour valoriser un bâtiment, rentabiliser une louve ou utiliser du lait non commercialisable, les motivations à l'engraissement à la ferme sont nombreuses... les freins aussi !
© V. Hervé-Quartier

De nombreux éleveurs rencontrent des difficultés pour valoriser leurs chevreaux. Pour redynamiser l’engraissement des chevreaux à la ferme, il était important d’abord de faire un état des lieux de l’engraissement à la ferme en France et d’analyser les freins, mais aussi les conditions de réussite et les motivations pour ceux qui engraissent.

Dans le cadre du projet ValCabri, dix réunions d’éleveurs et cinquante-sept enquêtes individuelles ont été réalisées dans toutes les régions de France. Ces entretiens visaient à évaluer l’acceptabilité de l’engraissement des chevreaux à la ferme par les éleveurs. Ils ont aussi permis de recueillir la diversité des pratiques d’engraissement.

Manque d’outils d’abattage et découpe

Il en ressort qu’il y a trois grands groupes. Tout d’abord, les éleveurs qui n’engraissent pas, pour différentes raisons, mais qui se posent des questions liées à la conjoncture récente. Ensuite, les éleveurs qui engraissent en filière longue, c’est-à-dire qui vendent des chevreaux gras à l’abattoir via (ou non) un groupement de producteurs ou un négociant qui se charge de leur commercialisation. Ils sont convaincus de l’intérêt de l’engraissement, et ont des problématiques techniques ou liées à l’organisation du travail. Enfin, les éleveurs qui engraissent et commercialisent en circuits courts (carcasse, demi-carcasse, sous-vide, voire transformé), mais sont confrontés de plus en plus aux freins logistiques.

Risque sanitaire

Les principaux freins évoqués lors des réunions d’éleveurs ou les enquêtes sont liés au travail : manque de main-d’œuvre pour l’engraissement, voire pour la commercialisation en circuits courts. Le manque de place dans le bâtiment ou l’absence d’équipements fonctionnels sont également des limites importantes. Il y a aussi le risque sanitaire qui freine énormément les éleveurs à se lancer. L’indisponibilité, jusqu’à présent, de références technico-économiques n’incite pas non plus à croire en la rentabilité de l’atelier ou au marché. Pour les éleveurs en circuits courts, un écueil majeur est l’absence d’outils d’abattage et de découpe à proximité, ou alors à des coûts prohibitifs qui grèvent fortement la rentabilité.

Des motivations variées, quelle serait la vôtre ?

Mieux valoriser le produit : le chevreau de 8 jours n’est pas vendu assez cher et l’éleveur lui a déjà consacré du temps, en particulier pour l’apprentissage de la tétée ;
Optimiser des atouts de l’exploitation : disponibilités en bâtiment, en main-d’œuvre, proximité de l’abattoir, etc. ;
Diversifier la gamme, répondre à la demande des clients quand on est producteur fermier ;
Reporter le lait au pic de production. Au printemps, certains producteurs fermiers ont du mal à transformer tout le lait produit en fromage et le vendre. Certains transforment une partie de ce lait en tomme, un produit de report qui peut se vendre plus tard en saison. D’autres utilisent ce surplus de lait pour engraisser des chevreaux ;
Utiliser le lait non commercialisable pendant les premiers jours de lactation ;
Atteindre un effectif suffisant pour faire fonctionner la louve, pour amortir le bâtiment « chevrettes » en le remplissant en totalité, le premier mois avec les petites chevrettes et les chevreaux d’engraissement.

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