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Un essai de l’Ifip
Le multiphase en soupe doit couvrir les besoins des porcs

Intéressant sur le plan environnemental, le multiphase peut l’être également sur le plan économique si les performances sont maintenues et si le coût des équipements supplémentaires reste limité.

L'alimentation multiphase demande pus de technicité qu'une alimentaiton biphase classique, notamment à la soupe. © D. Poilvet
L'alimentation multiphase demande pus de technicité qu'une alimentaiton biphase classique, notamment à la soupe.
© D. Poilvet

Deux essais réalisés à la station Ifip de Romillé, en Ille-et-Vilaine, ont démontré que le plan d’alimentation à adopter dans le cadre d’une alimentation multiphase doit être analysé avec vigilance, car le moindre écart dans la composition des matières premières ou dans l’estimation des besoins des animaux se révèle pénalisant.

Ces essais réalisés entre 2018 et 2019 ont consisté à comparer une alimentation biphase et une alimentation multiphase en distribution soupe. Les résultats du premier essai ont été largement en défaveur du régime multiphase. La vitesse de croissance a été dégradée dès la période de croissance, puis l’écart s’est accentué en finition. Les caractéristiques de carcasse n’ont cependant pas été modifiées par les régimes. Compte tenu de ce premier résultat, la composition de l’aliment le moins concentré en protéines du régime multiphase a été revue. La teneur en protéines de la céréale principale de la formule a été ajustée à la baisse, car la valeur retenue pouvait représenter un risque de surestimation des taux d’acides aminés qu’elle contenait.

L’essai a été ensuite renouvelé selon le même dispositif sur la bande suivante. Les résultats ont abouti à des performances équivalentes entre les régimes biphase et multiphase pour les mâles castrés mais pas pour les femelles. Comme pour la première bande, les caractéristiques de carcasse n’ont pas été modifiées par les régimes, mais la vitesse de croissance des femelles s’est dégradée à partir de six semaines d’engraissement. Ce constat indique que le plan de rationnement des femelles basé sur la teneur en lysine digestible de l’aliment était insuffisant pour leurs capacités de performances.

Onze phases d’aliment ont été distribuées en cours d’engraissement

Le régime biphase était composé d’un aliment croissance et d’un aliment finition respectant les recommandations nutritionnelles de l’Ifip avec 9,6 mégajoules d’énergie nette par kilo, (MJ EN/kg), 0,9 et 0,8 g de lysine digestible par MJ EN respectivement en croissance et finition. Le régime multiphase utilisait le même aliment croissance et comportait un aliment de type finition, mais encore plus déconcentré en acides aminés et phosphore (9,6 MJ EN/kg, 0,6 g de lysine digestible par MJ EN). Deux bandes de 80 porcs mâles castrés et femelles ont été mises en œuvre. Les porcs multiphase ont reçu le mélange des deux aliments basé sur une courbe d’apport en lysine digestible évoluant en cours d’engraissement. Au total, grâce à ce mélange, 11 phases d’aliments ont été distribuées au lieu de deux dans le cas du régime témoin biphase. L’évolution des apports en lysine digestible a servi de fil conducteur aux proportions d’aliments à respecter dans le mélange.

L’alimentation multiphase est une technique prometteuse. Mais elle demande plus de technicité et est plus complexe à mettre en œuvre qu’une alimentation biphase classique. À cette difficulté s’ajoute celle de la distribution d’aliment en soupe qui reste difficile à maîtriser sur le plan de la précision (contrôles des quantités et de la matière sèche distribuées par case). Ce n’est pas le principe du multiphase qu’il faut remettre en cause mais notre capacité à le mettre en œuvre.

L’Inra et l’Ifip mesurent les effets de la granulation sur la digestibilité

Le programme DY + pig s’intéresse aux effets de la granulation des aliments sur la digestibilité de l’énergie et des acides aminés chez le porc. En particulier, il s’agit de déterminer s’il existe des différences de digestibilité selon les matières premières et si les résultats permettent d’améliorer les valeurs nutritionnelles des matières premières d’origine métropolitaine. En effet, le procédé de granulation permet un traitement thermique et mécanique des matières premières. Le traitement thermique est pour parti fonction du couple temps/température utilisé pour la préparation de la farine. L’action mécanique s’exerce lors du passage en presse et correspond à l’ensemble des forces de frottement et de cisaillement s’opérant à ce niveau. Ces forces dépendent en partie de la composition des aliments, du débit de production et de la taille des granulés recherchés. Elles conduisent également à un traitement thermique de l’aliment qui complète le traitement thermique précédent. Les originalités de ce programme seront de pouvoir disposer d’un référentiel sur l’utilisation de la technique de granulation des aliments (prise en compte des différences entre matières premières et de la température à rechercher lors de la préparation de la farine) dans un but d’amélioration de l’efficacité économique et environnementale de nos systèmes d’élevage. Ces travaux sont menés dans les stations de l’Inra à Saint-Gilles, en Ille-et-Vilaine, pour les mesures de digestibilité sur animaux et de l’Ifip à Romillé pour les essais en conditions d’élevage. Les résultats seront publiés en 2020.

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