Aller au contenu principal

80 % des protéines dans les aliments porcs sont françaises

Les coproduits et les grains de céréales produits en France constituent l’essentiel des apports protéiques dans les rations de nos porcs, selon les travaux du GIS avenir élevages.

En 2015, la France a récolté 8,7 millions de tonnes (Mt) de protéines (1) sous forme de grains et graines. Le blé tendre, le maïs et l’orge sont les principales sources (77 %) de cette protéine française. Les oléoprotéagineux graines, colza en tête, participent à hauteur de 17 %. S’y ajoutent 0,2 Mt de protéines en provenance de coproduits issus d’autres cultures (pulpes de betterave, luzerne déshydratée…). Le bilan du commerce extérieur est équilibré en termes de protéines si l’on compte celles exportées par les céréales produites en France, soit un total de 2,8 Mt. Les protéines importées (2,7 Mt) sont à plus de 75 % d’entre elles sous forme de tourteaux. Bien que ces imports n’aient cessé de décroître depuis les années 2000, le tourteau de soja représente plus de 55 % des protéines importées en 2015. Le gisement disponible des matières premières s’établit ainsi à 8,8 Mt de protéines, dont 5,7 seront consommées par les animaux d’élevage. En identifiant les matières premières importées (tourteaux soja et tournesol hipro), on estime que 63 % des besoins protéiques de l’élevage français sont couverts par des matières premières nationales (hors AMV (2) et fourrages).

Les porcs valorisent une large gamme de coproduits riches en protéines

Les porcs français captent 13 % des protéines consommées en alimentation animale soit un peu plus de 1 Mt. Les protéines originaires de coproduits, tourteaux inclus, sont majoritaires dans la ration. La capacité des porcs à valoriser une large gamme de coproduits riches en protéines, hors tourteau de soja, permet à l’élevage porcin français de consommer des protéines à 80 % d’origine nationale (hors AMV). Par comparaison, la consommation protéique de l’élevage avicole dépend fortement des importations. Elle n’est qu’à 55 % d’origine française. En élevage bovin (lait et viande confondus), en dehors des fourrages, les apports protéiques sont à 70 % d’origine nationale. Pour ces filières, trouver une alternative au tourteau de soja et son fort taux de protéine est un challenge.

Lire aussi : Des solutions pour améliorer l'autonomie protéique en aliment porc

Les porcs en engraissement sont les premiers utilisateurs de protéines au sein de l’élevage porcin (74 % du volume). 45 % proviennent de grains de céréales et 12 % des coproduits de céréales. Ces deux sources de protéines sont produites en France. 38 % des protéines proviennent des tourteaux, dont une partie est importée. Ils sont dépendants à 22 % des importations pour les protéines de leur alimentation. Les truies consomment encore plus de protéines nationales (85 %). Proportionnellement, elles ingèrent plus de protéines provenant de céréales (52 %) et de coproduits céréaliers (13 %). Le poids des tourteaux dans la ration est de 30 %. Enfin, les protéines consommées par les porcelets proviennent pour moitié des céréales grains ou coproduits. Les tourteaux importés représentent 20 % des protéines présentes dans leur alimentation.

(1) Les quantités de protéines sont mesurées grâce au taux de MAT (matière azotée totale) des différentes matières premières étudiées.
(2) Aliments minéraux et vitaminiques

Origine des protéines consommées par les animaux d’élevage en France, (année 2015).

 
GIS avenir élevages

Origine des protéines utilisées en alimentation porcine en France (exprimées en MAT, année 2015)

 

 
GIS avenir élevages

En savoir plus

Le groupement d’intérêt scientifique (GIS) avenir élevages fait collaborer la recherche, l’enseignement supérieur, les instituts techniques, les interprofessions et les chambres d’agriculture. Les trois axes de R & D portent sur l’animal, les systèmes d’élevage et les territoires. Le projet a été réalisé avec le cofinancement de l’Inrae, le Cniel, FranceAgriMer, TerresUnivia, Inaporc & l’APCA ; et en collaboration avec Agreste, l’ANMF, AgroParisTech, Arvalis, le Céréopa, la Coopération Agricole NA, Idele, l’Ifip, l’Inria, l’Itavi, Maaf, Réséda et le Snia.

Davantage de ressources sont disponibles sur le site internet du GIS Avenir Élevages : www.gis-avenir-elevages.org

L’alimentation du bétail, un débouché important pour les productions végétales

En 2015, les animaux d’élevage français ont consommé 34 Mt de matières premières standardisées à 85 % de matière sèche (hors fourrages et pâturage), soit 41 % du gisement français. Les fabricants d’aliments pour le bétail ont utilisé 21 Mt de ces matières premières, dont la moitié est composée de grains et graines et l’autre de coproduits incluant les tourteaux. Cela souligne la capacité de cette industrie à valoriser une large gamme de matières premières tout en optimisant l’efficacité nutritionnelle des aliments composés. Les 13 Mt de matières premières utilisées hors fabricants d’aliments du bétail sont pour deux tiers des céréales. La filière porcine a consommé 23 % des matières premières utilisées par l’alimentation animale, soit 7,8 Mt. Les fabricants d’aliment du bétail en utilisent une majorité (5,2 Mt d’aliments complets ou complémentaires). À cela s’ajoutent 2,6 Mt de matières premières utilisées en fabrication d’aliment à la ferme.

Matières premières utilisées en alimentation porcine en France (année 2015)

 
GIS avenir élevages
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Réussir porc.

Les plus lus

L'UGPVB demande un plan Covid 19 pour les éleveurs de porcs
L'UGPVB demande la mise en place d'un plan de soutien pour le secteur porcin, à la hauteur des moyens mis en oeuvre dans les…
L'affaiblissement des flux à l'export devrait se poursuivre dans les prochains mois.
Le repli du prix du porc va persister
Le recul du cours du porc se poursuivra cet hiver, dans un contexte de prix élevés des matières premières et des énergies et des…
Mickaël et Isabelle Belloeil, éleveurs dans les Côtes-d'Armor. «Après avoir été multiplicateurs pendant 20 ans, nous voulions nous orienter vers un débouché qui amène une plus-value tout en valorisant le bon statut sanitaire de l’élevage.»
Une maternité liberté pour répondre aux attentes sociétales
Isabelle et Mickaël Belloeil se sont équipés d’une maternité dotée de cases mise bas bien-être. Engagés dans la démarche…
Le biogaz est produit dans le digesteur et post-digesteur de 1 050 m3 chacun.
Une nouvelle organisation de l'exploitation porcine avec la méthanisation
Une unité de méthanisation, ce n’est pas juste un atelier qui s’ajoute sur la ferme. Chez Damien et Jordan Pruvot installés à…
Les éleveurs de porcs mobilisés à St Brieuc pour demander de l’aide aux pouvoirs publics

De nombreux éleveurs de porcs et des salariés des entreprises de la filière se sont retrouvés ce jeudi 20 janvier en fin de…

Rémi Cambon avec  sa compagne, Béatrice Rouquier. «J’ai toujours voulu m’installer, élever des cochons. Mais quand mon père travaillait, il n’y avait pas de place pour deux.»
« C’est un plaisir de travailler pour soi quand on s'installe en production porcine»
Rémi Cambon a réalisé son rêve. Il a attendu 10 ans pour reprendre et développer l’élevage de ses parents à Junhiac, dans le sud…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 100€/an
Liste à puce
Version numérique de la revue Réussir Porc
2 ans d'archives numériques
Accès à l’intégralité du site
Newsletter Filière Porcine
Newsletter COT’Hebdo Porc (tendances et cotations de la semaine)