Élevages porcins et émissions industrielles (IED) : Inaporc appelle le gouvernement à soutenir les simplifications portées au Parlement européen
L'interprofession nationale porcine (Inaporc) dénonce, dans un communiqué du 1er juillet, « l’inaction » du gouvernement français dans le cadre de la révision de la directive sur les émissions industrielles. La filière demande de revenir aux seuils de l’ancienne directive.
L'interprofession nationale porcine (Inaporc) dénonce, dans un communiqué du 1er juillet, « l’inaction » du gouvernement français dans le cadre de la révision de la directive sur les émissions industrielles. La filière demande de revenir aux seuils de l’ancienne directive.
« L’État sacrifie les élevages familiaux de porcs français au profit des importations », dénonce l'interprofession nationale porcine (Inaporc), dans un communiqué du 1er juillet. La filière reproche au gouvernement de ne pas avoir soutenu la « simplification administrative » dans le cadre la directive sur les émissions industrielles (IED), le 24 lors du vote du Conseil de l’UE. La révision de cette directive, adoptée en 2024 et qui entrera en vigueur à partir de 2030, fait l’objet de simplifications dans le cadre du paquet « Omnibus environnement » proposé par la Commission européenne. Inaporc demande en particulier une « réelle simplification et le retour aux seuils antérieurs de la Directive de 2010 ». Certains eurodéputés portent ces propositions au Parlement européen, comme la Française Céline Imart (PPE, droite) qui souhaite même exclure l’élevage du champ d’application de la directive IED. La filière appelle donc l’État français à soutenir les propositions de simplification portées par le Parlement européen pour les trilogues à venir sur ce dossier.
Lire aussi : Élevages et émissions industrielles (IED) : quelles sont les simplifications proposées dans l’Union européenne ?
Une directive qui va rendre « illégaux » près de 2/3 des élevages porcins français, selon Inaporc
Selon Inaporc, la directive va rendre « illégaux » près de 2/3 des élevages porcins français. Car les nouveaux seuils, prévus pour 2030, « touchent à des fermes à capitaux familiaux à partir de 0,5 équivalent temps plein […] soit une toute petite taille d’élevage qui ne permet même pas de générer un revenu agricole complet », dénonce l’interprofession. Pour rappel, les seuils actuels sont fixés à 750 truies ou 2 000 places de porcs de plus de 30 kg. Les nouveaux seuils sont à 350 UGB (unité gros bovins) pour les exploitations porcines, ce qui correspond à 1167 porcs pour un engraisseur spécialisé, 120 truies pour un élevage naisseur-engraisseur ou 700 truies pour un naissage spécialisé. Soit des seuils « drastiquement abaissés », selon Inaporc, qui dit observer déjà de premiers effets : « les porteurs de projet ne peuvent plus s’engager dans la production porcine, du fait du mur infranchissable des contraintes techniques, administratives et financières prévues à l’horizon 2030 », prévient l’interprofession. Elle craint donc des conséquences « désastreuses » pour la filière si ces seuils étaient appliqués. « Cette inaction mènera irrévocablement à une dépendance aux importations similaire à celle que connaît la filière volailles de chair aujourd’hui », déplore Inaporc.
Relire : Le porc très impacté par la révision de la directive IED