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La monotraite ne conquiert pas encore les élevages ovins d’Occitanie

L’Inrae, l’Idele et l’Isara se sont associés lors d’une série d’enquêtes auprès des éleveurs ovins lait de Provence-Alpes-Côte d’Azur et d’Occitanie afin de comprendre les opportunités et les freins que représente la monotraite dans les systèmes d’exploitation.

<em class="placeholder">Brebis en salle de traite</em>
Si la monotraite diminue en moyenne de 17 %, la production laitière, elle, est adaptée aux systèmes de transformation à la ferme et permet d'économiser en énergie et d'user moins vite le matériel.
© B. Morel

Instaurer la monotraite dans son élevage peut soulever plusieurs questions concernant la quantité et la qualité du lait, ou encore l’état de santé des brebis. Bien qu’étudiée en élevage bovin et caprin, la recherche française ne s’est pas encore penchée sur la caractérisation des systèmes de production de lait de brebis adaptés à la monotraite.

Dans le cadre de son stage de fin d’études d’ingénieur agronome à l’Isara, Léa Gros, soutenue par l’Inrae et l’Idele, a mené l’enquête auprès de vingt-huit éleveurs et éleveuses de brebis laitières de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca) et d’Occitanie.

17 % de lait en moins

La monotraite est moins présente en Occitanie qu’en Paca, où elle est perçue comme un moyen de diversifier ses productions notamment en transformant le lait. La monotraite commence souvent dès l’agnelage, pour des troupeaux entre 70 et 100 brebis avec des salles de traite plutôt manuelles.

D’après les études de l’Inrae sur ses sites expérimentaux, cette monotraite précoce entraîne une diminution de la production laitière de 17 % en moyenne sans effet sur la qualité du lait, mais en améliorant l’état corporel des brebis.

Le taux protéique du lait serait amélioré

Les dix-sept élevages ayant participé à l’étude en Occitanie (hors zone Roquefort) présentent davantage de réticences à la monotraite. En effet, les personnes interrogées ont tendance à percevoir la monotraite comme un manque de sérieux et de qualité dans la production laitière.

Pourtant, l’étude cite des travaux menés en 2011 montrant que le taux butyreux est identique à celui des brebis en bi-traite, tandis que le taux protéique est supérieur de 2,5 % à 4,5 %. En contrepartie, la concentration en cellules somatiques tend à être légèrement inférieure, sans dépasser les 500 000 cellules par millilitre de lait en dessous desquels le risque d’inflammation est élevé.

Toutefois, certains élevages occitans, même s’ils livrent leur lait, pratiquent la monotraite. Leurs troupeaux sont plus conséquents que ceux étudiés en Paca avec 300 à 700 brebis. Ces exploitations ne font pas de la monotraite dès l’agnelage mais plutôt une fois le pic de lactation passé, pour les deux ou trois derniers mois de lactation.

Réduire sa consommation d’énergie en salle de traite

Les adeptes de la monotraite vantent la réduction du temps passé à la traite, associée à des économies d’eau, d’énergie et d’usure de l’installation de traite. De plus, pour les transformateurs, les économies d’énergie sont également au niveau du tank car la traite a lieu le matin juste avant la fabrication des produits laitiers. Il n’y a donc pas besoin de stocker et refroidir le lait toute la nuit avant son utilisation.

Contrairement aux idées reçues, la monotraite n’est pas forcément associée à des systèmes davantage herbagers ou avec une gestion différente de l’état de santé des brebis.

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