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Élevage ovin bio versus conventionnel

Le cheptel conventionnel diminue, celui en bio augmente. Le bio est-il pour autant plus rémunérateur que le conventionnel ? Quelles sont les opportunités et les limites du bio ?

Les éleveurs ovins allaitants bio passent plus de temps à surveiller leurs animaux. © B. Morel
Les éleveurs ovins allaitants bio passent plus de temps à surveiller leurs animaux.
© B. Morel

Alors que le cheptel ovin national a baissé de plus de 20 % en dix ans, celui en bio a doublé sur la même période, pour aujourd’hui représenter 6 % de l’ensemble du cheptel français (en comptant les troupes actuellement en conversion). Les éleveurs s’intéressent de plus en plus à ce mode de protection plus respectueux de la nature et de l’environnement, qui s’inscrit dans une dynamique durable. Mais le bio est-il aussi rémunérateur que certains le laisse croire ? Le Casdar Agneaux bio et le réseau Inosys ont comparé les prix au kilo carcasse payés à l’éleveur et les revenus dégagés pour un élevage bio et un conventionnel. L’étude a démontré que bien que l’agneau bio soit payé un peu plus cher (+ 90 centimes en système herbager et + 30 centimes en système pastoral), le revenu (en SMIC par UMO) est inférieur par rapport à celui d’un éleveur en conventionnel et ce, pour les deux systèmes.

Le prix payé aux éleveurs grimpe petit à petit

Vincent Bellet, de l’Institut de l’élevage détaille : « ces résultats sont à prendre avec précaution car la rémunération des éleveurs bios est très variable. Pour ceux vendant en circuit long, la différence de revenu par rapport au conventionnel tient dans le surcoût de production du fait de la plus petite taille des structures. Les troupeaux sont globalement moins productifs. »

 © DR

Cette difficulté à trouver de la valeur ajoutée à de l’agneau bio en circuit long provient de la situation tendue du marché de l’agneau en général en France. La filière cherche des solutions pour permettre au bio de se développer, notamment en orientant les carcasses selon les modes de commercialisation, en massifiant l’offre, etc. Le prix rendu abattoir est en augmentation de 10 % ces cinq dernières années, laissant entrevoir un avenir pour les producteurs bio. Les éleveurs bio se tournent pour beaucoup vers les circuits courts, cela concernant 40 % des éleveurs et 20 % des volumes. En effet le créneau de vente laisse plus de liberté dans la fixation du prix qui se justifie aussi par la plus-value de la proximité. Les consommateurs sont globalement davantage prêts à mettre du prix dans une viande bio locale.

Les systèmes herbagers bio émettent 6 % de CO2 en moins que les conventionnels

Cependant, la conversion à l’agriculture biologique n’est pas raisonnée uniquement du point de vue économique, loin s’en faut. En effet, le respect de l’environnement est une des motivations des éleveurs à passer de l’autre côté. Une étude de l’Institut de l’élevage, de l’Itab et de l’Inra sur la durabilité des élevages ovins montre que les impacts des élevages ovins bio sur le changement climatique, la consommation d’énergie et la qualité de l’eau sont globalement plus faibles que les élevages conventionnels. Cela est surtout vérifié pour les systèmes herbagers qui vont, de fait, consommer moins d’intrants tels que de l’engrais ou des aliments concentrés. Pour les systèmes pastoraux, la différence est moins flagrante, notamment au niveau de la consommation d’énergie. En effet, ramenés au nombre de têtes, les systèmes pastoraux bio sont pénalisés par le faible effectif de leurs troupeaux.

Les bio prennent plus de temps

Les éleveurs ovins bio consacrent en moyenne 1,6 heure par brebis par an au travail d’astreinte que les éleveurs en conventionnels (d’après le RMT travail, 2010). Cela pourrait s’expliquer par un besoin accru de surveillance sanitaire, par les contraintes imposées par le cahier des charges (accès à l’herbe, moins de traitements, etc.) ou encore par l’engraissement à l’herbe des agneaux. Par contre, les éleveurs ovins bio semblent disposer de davantage de temps disponible. En effet, les structures, souvent de plus petite taille qu’en conventionnel, disposent tout de même d’une part salariale importante (vente, transformation). Pour contrebalancer le travail d’astreinte plus important, le travail saisonnier est lui plus réduit. En cause, l’assolement moins tourné vers les grandes cultures, des itinéraires techniques moins intensifs et moins d’interventions sur le troupeau, qu’il s’agisse de traitements sanitaires ou de synchronisation à la reproduction.

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