« Nous avons habitué nos vaches aux robots grâce au DAC, dix jours avant la mise en route », en Meurthe-et-Moselle
Au Gaec du Pavillon, en Meurthe-et-Moselle, pour faciliter la mise en route et la fréquentation des robots, les éleveurs ont habitué les vaches aux robots avec le DAC, déconcentré la ration à l’auge et évité les transitions alimentaires.
Au Gaec du Pavillon, en Meurthe-et-Moselle, pour faciliter la mise en route et la fréquentation des robots, les éleveurs ont habitué les vaches aux robots avec le DAC, déconcentré la ration à l’auge et évité les transitions alimentaires.
« Nous avions à cœur de faciliter la mise en route des robots et de ne pas y passer une semaine, H 24 », se souvient Élodie Saunier, éleveuse associée en Gaec avec son conjoint Jérémy Foray et son père Emmanuel Saunier. Pour préparer leur projet, ils font appel à Clément Deviterne, consultant robot et nutrition chez Seenorest, avec qui ils travaillent à la mise en place d’une feuille de route pour assurer la mise en route des robots et sur l’alimentation permettant de faciliter le passage à la traite robotisée tout en maintenant les objectifs de production. L’ensemble des intervenants : éleveurs, conseiller, concessionnaire et vendeurs d’aliment, ont collaboré pour la réussite de ce projet. En juillet 2024, les deux robots sont installés, « mais les éleveurs ont fait le choix de décaler leur mise en route des robots en octobre, priorisant une période calme où ils étaient tous disponibles », précise le conseiller.
Cuber les silos pour éviter les variations alimentaires
« La première étape importante, c’est d’évaluer les stocks de matière sèche disponible », explique Clément Deviterne. L’objectif est de ne pas cumuler les stress pour les animaux à la mise en route des robots en évitant des changements de qualité de fourrage ou une ouverture d’un nouveau silo. « Nous avons acheté du maïs pour ne pas être sur un nouveau silo à la mise en route », complète Jérémy Foray. L’autre objectif était de garantir une ration répondant aux besoins des vaches et permettant d’atteindre l’objectif de production. Même si la part du pâturage n’est pas importante dans l’alimentation des vaches, avec 4 hectares accessibles, l’accès y a été fermé un mois avant la mise en route afin d’éviter une transition alimentaire et de risquer d'avoir des vaches en attente pour sortir une fois les robots en marche.
Fiche élevage
3 associés, 0,7 UMO salarié
95 vaches à 9680 l
60 taurillons vendus/an
920 000 l de lait vendu
230 ha, dont 110 de céréales, 35 de maïs, 85 de prairies
3,2 traites en moyenne
11 kg de lait/traite
Accompagner les vaches à passer au DAC
Pour éviter aux éleveurs de passer trop de temps avec des vaches qui allaient quitter le troupeau peu après la mise en route, ils ont anticipé les tarissements, sur les vaches produisant moins de 20 kilos de lait, et réalisé les réformes prévues, un à deux mois avant la mise en route. Un parage curatif sur les vaches dans le besoin a également été réalisé un mois avant de démarrer la traite robotisée.
Le passage des vaches aux robots ont été facilité par la mise en place d’une phase d’apprentissage des robots à l’aide du DAC. L’objectif était d’imprégner un souvenir positif aux vaches avec des entrées et sorties sans stress et l’accès à un aliment appétent pour les habituer à fréquenter les stalles plusieurs fois par jour. Ce fonctionnement est moins chronophage que d’amener les vaches directement pour la traite. En effet, un passage au DAC prend en moyenne 2 minutes 30 par vache, tandis qu’une traite au robot nécessite 7 minutes par animal. « S’il y a dix vaches qui ne sont pas passées au DAC le soir, les éleveurs peuvent rentrer chez eux, c’est moins grave. En mise en traite directe, il faut rester pour faire passer l’ensemble des vaches », complète Clément Deviterne. Le DAC initialement en place dans le bâtiment, plus ou moins déféctueux, a été coupé six mois à l’avance afin de déshabituer les vaches de sa présence. Pour cette phase d’apprentissage, les éleveurs avaient un plan évolutif de jour en jour en fonction du nombre de passages des vaches aux robots.
La première étape était d’amener les vaches aux robots, deux fois par jour après la traite. « Nous avions créé avec des barrières un système d’entonnoir simple, amovible et résistant vers un des robots pour faciliter notre travail », se souvient Jérémy Foray. Le reste de la journée, les vaches avaient un accès libre aux robots. Lorsque 50 % des vaches y allaient une fois par jour d'elles-même, l’ensemble du troupeau y étaient amenées une fois supplémentaire et celles en retard 2 fois. Les éleveurs ne s’occupaient plus que des vaches en retard lorsque 100 % du troupeau passait deux fois volontairement et 50 %, trois fois.
« La mise en route de la traite aux robots a eu lieu au bout de neuf jours, lorsque 75 % des vaches passaient volontairement quatre fois par jour », complète Élodie Saunier. En parallèle, pour augmenter la fréquentation des robots, la concentration de la ration à l’auge a été progressivement réduite et celle aux robots augmentée, passant de 3,2 kg de tourteau 42, 1,5 kg de VL18 et 1 kg de triticale disponible à l’auge initialement, à 2,3 kg de tourteau 36 et 1,5 kg de VL18 aux robots et 1,3 kg de tourteau 42 et 1 kg de triticale à l’auge à la mise en route des robots.
A retenir
La consommation de concentrés a augmenté de 0,4 kg/VL/j après le passage au robot pour maintenir une teneur protéique de la ration de 16,3%, la concentration des tourteaux n’étant pas la même. Pour éviter les dérapages, il faut penser à baisser le VL18 à l’auge, ce qui n’est pas toujours le cas.
Déshabituer les vaches de la traite biquotidienne
Ensuite, l’objectif était de décycler les vaches de la traite biquotidienne. Pendant une semaine, la distribution de la ration a été réalisée à des heures différentes et les vaches en retard aux robots étaient repoussées à des horaires variés. Pendant cette période, la déconcentration de la ration à l’auge a continué, toujours pour inciter les vaches à se rendre aux robots.
« L’anticipation de la mise en route, nous a permis d’être sereins, concluent les éleveurs. Nous savions ce que nous devions faire chaque jour. » Les effectifs plus réduits à cette période à la suite de l’anticipation des réformes et des tarissements ont également contribué à faciliter le travail.