Aller au contenu principal

Néonicotinoïdes : « La filière noisette est au bord de la faillite », reconnaît un rapport de l’Inrae

Face à la pression sanitaire, la filière noisette est au bord de la faillite, écrit l’Inrae dans un rapport sur les alternatives aux néonicotinoïdes publié ce mardi 28 octobre en réponse à une saisine du ministère de l’Agriculture. Les filières betterave, pomme, cerise et figue sont aussi fragilisées par le manque de solutions face aux ravageurs. 

Branche de noisetier
Si les producteurs de noisette risquent la faillite selon les auteurs, la filière cerise est en cours de restructuration à cause de l’invasion biologique.
© JackieLou DL de Pixabay

[Mis à jour le 29/10/2025 avec les précisions d'Agra Presse]

« La filière noisette est soumise à une telle pression sanitaire qu'elle est au bord de la faillite », écrit l’Inrae dans un rapport sur les alternatives aux néonicotinoïdes publié ce mardi 28 octobre. Saisi par le ministère de l’Agriculture en mai 2025, l’institut de recherche a fait un état des lieux des alternatives chimiques ou non chimiques aux néonicotinoïdes existantes pour les filières de la noisette, de la pomme, de la cerise, de la figue et de la betterave.

Lire aussi : Noisette et acétamipride : le « choc » de la filière après la censure partielle de la loi Duplomb

Quels manques d’alternatives face aux néonicotinoïdes selon les filières ?

Selon l’Inrae, ces filières sont « fragilisées par le manque de solutions opérationnelles et disponibles […] mais à des degrés divers et selon des temporalités différentes ». Pour la filière betterave, le rapport indique que les producteurs sont soumis à des pressions de jaunisse variable, « mais restées globalement modérées depuis 2020 ». 

Lire aussi : Jaunisse de la betterave : l’accès à deux insecticides doit rester incontournable, selon un rapport de l’Inrae

En pommes, « le puceron cendré est un problème récurrent qui semble de moins en moins bien contrôlé » expliquent les auteurs. Comme pour la filière figue, avec la mouche Siba adipata. Les filières de la cerise et de la noisette sont touchées par des « espèces invasives particulièrement redoutables » soutient l’Inrae, citant Drosophila suzukii et Halyomorpha halis. Selon les auteurs, la filière cerise est en cours de restructuration à cause de l’invasion biologique. « Des producteurs qui se désengagent et d'autres qui se spécialisent » est-il reconnu dans le rapport. La filière noisette est quant à elle « au bord de la faillite ». « Sur la noisette, c’est vrai que c’est là que c’est le plus difficile, mais on a quand même des alternatives qui arrivent » a dit Philippe Mauguin, Pd.g de l’Inrae lors d’un brief à la presse, relatent nos collègues d'Agra Presse. Concernant cette filière, les experts ont identifié une « surutilisation de pyréthrinoïdes » qui « n’est pas durable ». « Des solutions alternatives ont été identifiées mais elles ne sont pas à ce jour opérationnelles » pour lutter contre le balanin et la punaise diabolique, indiquent-ils.

Lire aussi : Proposition de loi Duplomb : quels étaient les usages des néonicotinoïdes en cultures de fruits et légumes ? 

Quelles solutions proposées par l’Inrae ? 

Malgré « le soutien de plans d'actions ambitieux mis en œuvre par les pouvoirs publics », ces filières patinent à réaliser la transition vers des itinéraires de protection alternatifs. Pour y arriver, l’Inrae recommande notamment de développer et de systématiser les approches de prophylaxie, de « construire des itinéraires de protection basés sur des approches combinatoires », et de « traiter les questions relatives à la réglementation ».

 Sur ce dernier point, l’objectif est de sécuriser le cadre réglementaire des produits autorisés (de synthèse ou de biocontrôle) pour que les producteurs aient plus de « visibilité », relate Agra Presse. Et la prise de risque de l’agriculteur « doit pouvoir être allégée », affirme l’Inrae, qui cite par exemple des stratégies assurancielles

Lire aussi : Néonicotinoïdes : les mécanismes de résistance des pucerons révélés par une étude 

Retrouvez l’ensemble du rapport :

Les plus lus

Aurélien Masson, agriyoutubeur dans la Meuse dans un champ
Aurélien Masson, YouTubeur et agriculteur dans la Meuse : « Je veux montrer qu’il y a encore des fermes à taille humaine »

Cet été, Réussir.fr vous propose des échanges avec celles et ceux qui communiquent sur le monde agricole et leur métier.…

Carte des restrictions d'eaux superficielles au 14 août 2026.
Sécheresse 2026 : Plus de 70 départements en situation de crise, quelles conséquences sur les activités agricoles ?

Après le manque de précipitations en avril, les épisodes caniculaires fin mai, en juin et en juillet, la sécheresse s'accentue…

Hautes-Pyrénées : des descentes anticipées de troupeaux d’estive faute d’herbe suffisante

La sécheresse n’épargne pas les zones pastorales. La commission syndicale des 4 Véziaux d’Aure et la municipalité d’Aulon ont…

FDSEA du Jura  Vaches montbéliardes pâturant sur une prairie grillée par la sécheresse
Plan sécheresse : le ministère de l’Agriculture envisage un volet « fourrage » pour les éleveurs

Alors que l’inquiétude grandit chez les éleveurs obligés d’entamer les stocks de fourrage d’hiver, le ministère de l…

  Vaches sur une prairie touchée par la sécheresse
« Prairies grillées » : les éleveurs de ruminants demandent le lancement d’urgence d’expertises terrain pour une indemnisation à la hauteur des dégâts

La FNB, la FNPL, la FNO et la Fnec interpellent le ministère de l’Agriculture pour obtenir une réponse d’urgence à leur…

Nappes phréatiques au 15 juillet : la vidange continue avec 94 % des niveaux en baisse selon le BRGM

Alors que la vidange des nappes phréatiques continue avec 94 % des niveaux en baisse, la situation générale se dégrade avec 60…

Publicité