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Bio
Malgré la crise Covid, le marché du bio dépasse les 13 Md€ en 2020

L’Agence Bio a présenté les derniers chiffres du bio, marché et production, le 9 juillet. Elle revendique un marché qui se porte bien, malgré des signes d’essoufflement, et des filières d’approvisionnement dynamiques. Un bel avenir est notamment promis aux filières bio des protéines végétales et des fruits à coque.

Laure Verdeau et Philippe Henry, directrice et président de l'Agence Bio, font état le 9 juillet d'un marché bio encore en progression.
© Julia Commandeur - FLD

Alors que l’Agence Bio a présenté les derniers chiffres marché et de production du bio le 9 juillet, Laure Verdeau, directrice de l’Agence Bio, s’est réjouie : « Ces chiffres confirment ce que le Baromètre de perception et de consommation des produits bio disait en début d’année : malgré la crise Covid, le bio se porte bien. »

Lire aussi : Une année Covid qui a poussé les envies de bio du caddie à l’assiette

En effet, le marché du bio observe toujours une croissance à deux chiffres, +10,4 % en 2020 comparé à 2019. D'un "petit" 3,7 Md€ en 2010, le marché du bio a atteint 13,2 Md€ en 2020, dont 12,67 Md€ d’achats pour la consommation à domicile (+12,2 %) et 505 M€ pour la consommation RHD (-21 %). « Les produits bio représentent 6,5 % de la dépense alimentaire des ménages. Le bio s’installe dans les habitudes et se consomme principalement à domicile, même hors année Covid », précise Laure Verdeau. Le panier moyen atteint 188 €/an/habitant.

Circuit de distribution : un intérêt pour les circuits courts et les magasins spécialisés en réseau

Côté circuits de distribution, les achats se font toujours majoritairement en GMS (55 % de PDM) mais la croissance s’est tassée en 2020 (+11,9 %) ; le drive gagne 3 points, les hypers en perdent 3. L’intérêt pour les circuits courts et la vente directe (11 % de PDM) se confirme (+11,7 %), un bon point pour le bio puisqu’un agriculteur bio sur deux propose la vente à la ferme.

Les magasins bio, de taille généralement plus modeste et le plus souvent implantés dans les centres urbains, ont eu la faveur des consommateurs en 2020 ; mais si les magasins en réseau (25 % de PDM) peuvent se prévaloir d’une belle croissance (+16 %) malgré un ralentissement notoire des ouvertures, les magasins indépendants (4 % de PDM) reculent quant à eux pour la deuxième année consécutive (-3,4 %).

Circuit de distribution : la RHD à investir

« Le prochain circuit à investir est la RHD, estime Laure Verdeau. Avec la loi EGalim, la part de bio dans l’approvisionnement de la restauration collective devrait passer de 5-6 % à 20 %, c’est un gain potentiel de +1,4 Md€ pour le marché du bio ! Ce marché s’est ouvert et ne demande qu’à être comblé. EGalim, c’est la botte secrète de la France, et nous comptons beaucoup sur la réouverture de la restauration commerciale. »

Lire aussi : Offre et demande : la juste équation du bio ?

Interrogés sur le ralentissement du bio ces dernières mois, Laure Verdeau et Philippe Henry, le président de l’Agence Bio, estiment qu’il n’y a pas d’inquiétude à avoir, « le marché est là et bien là ». Laure Verdeau précise : « Selon les GMS que nous avons interrogées, le ralentissement de la demande vient surtout des approvisionnements non contractualisés avec elles. Il n’y a pas de retournement de marché à craindre. Il faut aussi préciser que le bio n’est pas sur la même temporalité que le conventionnel, nous réfléchissons sur des pas de temps de 5-10 ans, et pas à l’année, donc les réajustements structurels sont différents. »

Lire aussi : Bio : vers un essoufflement des ventes ?

Produits phare : les consommateurs de bio, « pas que mangeurs de légumes frais »

Côté produits, les best seller sont toujours le lait et les œufs. Mais en année Covid, quelque soit le circuit de distribution, les produits de conservation ont surperformé. « Les bières bio ont notamment eu une croissance de + 33% et les surgelés de  +30 % : légumes surgelés mais aussi glaces et sorbets, et pizzas. Les consommateurs bio ne sont pas que des mangeurs de légumes frais, ils équilibrent entre produits bruts et produits déjà préparés », s’amuse la directrice de l’Agence Bio.

Conventionnel ou bio, nous sommes dans une tendance générale à plus de produits transformés et préparés. « Le bio, avec une offre de produits transformés qui s’élargit, répond de plus en plus à ces nouvelles demandes de praticité, analyse Laure Verdeau. Si les grands groupes industriels ont investi ce nouveau créneau, force est de constater que les innovations et les réponses aux nouvelles attentes sont drivées par les PME puristes du bio -et désormais les nouveaux convertis- qui, avec leur ancrage local, semble être le plus à même de lancer un produit qui séduise en termes de goût, de recette -la ratatouille traditionnelle provençale par exemple.»

Import : la couverture du Made in France de plus en plus importante

Côté import, Laure Verdeau a poussé un « cocorico bio » car « malgré un boom de la demande année après année, les transformateurs et les producteurs ont mis un coup de collier, et grâce à leur engagement, à la mise en œuvre de filières d’approvisionnement et de transformation, le taux d’import reste stable à 33,5 % en 2020 contre 33,1 % en 2019. » Certaines filières sont quasiment entièrement françaises : vin et œufs à 99 %, lait et produits laitiers à 98 %, viandes à 95 %... Les légumes n’atteignent un taux de couverture “que” de 78 %. « Mais si on enlève les produits tropicaux et exotiques comme la banane, le café…, 80 % du frigo bio d’un consommateur est français ! », revendique Philippe Henry.

Production : belle croissance des vergers et des légumes qui vient combler le manque d’offre française

En production, les chiffres sont également encourageants. La France compte 53 255 exploitations bio ou en conversion (+13 %) et 25 763 entreprises (+12 %). Le bio représente désormais 9,5 % de la SAU soit 2,55 millions d’hectares en 2020. « La dynamique des conversions se poursuit et de nouvelles surfaces certifiées bio vont arriver, estime Philippe Henry. Les grandes cultures rattrapent leur retard (+29 %) et l’équilibre entre l’offre et la demande est en train de s’établir. On a toujours de beaux chiffres en fruits et légumes, avec une croissance des surfaces de +16 % en légumes : on vient combler le manque en offre française, et c’est très bien ! »

On note ainsi un essor particulièrement notable pour les légumes de plein champ, entrant en rotation avec les grandes cultures. Selon les estimations de l’Agence Bio, les pommes de terre (+1 000 ha), les carottes (+400 ha), et les oignons (+200 ha) se partagent le haut de l’affiche. Les fruits présentent la progression la plus faible en surfaces +8 % (stable en agrume, +5 % pour les fruits à pépins et à noyau, +16 % pour les fruits à coque).

Lire aussi : Fruits à coque : Amandera lève 1 M€ et se lance dans les noisettes

Protéines végétales et fruits à coque : deux filières particulières pour le bio

Portée par les fortes ambitions politiques, sociétales et de santé (PNNS), la production française de lentilles, pois chiche, haricots… se développe. « Or 46,3 % des légumes secs produits en France le sont en bio, en raison de leurs intérêts agronomiques et de leurs qualités nutritionnelles, précise Philippe Henry. Ces produits sont appelés à un bel avenir et le bio y est très bien placé, avec des surfaces en croissance de +14 %). »

De même, 43,7 % des fruits à coque cultivés en France (amandes, noix, noisettes, pistaches, marrons, châtaignes…) sont produites en bio, dans un contexte de marché très déficitaire et très demandeur. La hausse des surfaces bio est importante : +16 % par rapport à 2019.

Et en Europe ?

En 2019, les consommateurs de l’UE ont dépensé 45,2 Md€ pour des produits bio (+10,3 %) et en 2020 ce marché dépasserait, selon l’estimation de l’Agence Bio, les 48 Md€. La France est bien placée en termes de consommation puisqu’elle est deuxième (13,2 Md€, +10,4 %) derrière l’Allemagne (marché de 14, 99 Md€ hors RHD, +22,3 %), pays plus peuplé que l’Hexagone. Les autres consommateurs européens sont loin derrière, avec l’Italie (4,36 Md€ ; + 6,6 %) et le Royaume-Uni (2,91 Md€ ; +12,6 %).

La France est aussi première en termes de surfaces, suivie par l’Espagne.

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