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Maladie : le rhizoctone brun attaque la betterave à la racine

Sur les racines de betterave, le rhizoctone brun peut avoir un impact considérable sur le rendement. Chimie, agronomie, variétés… plusieurs leviers de lutte permettent de juguler le pathogène.

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Au niveau du feuillage, les attaques de rhizoctone brun se traduisent par des symptômes en foyers d'infestations, avec flétrissement et nécroses des feuilles.
© ITB

Comment reconnaître les symptômes de rhizoctone brun en végétation et sur racines ?

La racine de la betterave peut être attaquée par plusieurs pathogènes, dont Rhizoctonia solani causant la maladie du rhizoctone brun. Ses attaques causent des symptômes au niveau du feuillage, pouvant apparaître dès le stade 8 feuilles de la culture, avec un jaunissement et un flétrissement des feuilles. La contamination évolue vers une nécrose complète du feuillage. La maladie se développe en foyers, le long des lignes de semis par exemple. On remarque des plantes qui meurent au centre du foyer et des pieds moins atteints en périphérie.

Au niveau des racines, des nécroses superficielles sèches apparaissent, localisées. Puis elles s’étalent et une pourriture brune et sèche se développe en profondeur dans la racine, sur laquelle des craquelures peuvent apparaître. Le diagnostic du rhizoctone brun ne peut être confirmé qu’en coupant la racine dans le sens de la hauteur et en observant une pourriture se développant du flanc vers le cœur de la racine. À noter que le pathogène peut être responsable de fontes de semis, mais ce type d’attaque est rare.

 

 
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Les racines infestées se nécrosent avec la production d'une pourriture brune. © ITB

Des moyens de lutte agronomiques et variétaux contre le rhizoctone brun

Variétés : Quelques variétés de betteraves présentent le caractère de tolérance au rhizoctone brun, en plus de celui à la rhizomanie : Davida KWS, Mamba, Simonara KWS… Le recours à ces variétés est recommandé en cas de contamination forte ou de situations à risques élevés (historique d’infestation, retour fréquent de betterave et maïs…)

Agronomie : Pour éviter la propagation du rhizoctone brun dans la parcelle, il faudra éviter le retour trop fréquent de plantes hôtes de la maladie, la betterave et aussi le maïs qui est attaqué par les mêmes souches de ce pathogène. Dans la mesure du possible, diversifier les cultures dans la rotation, notamment avec des céréales à paille entre les cultures de printemps. Toutes pratiques limitant la compaction du sol et favorisant son drainage ainsi que la dégradation rapide des résidus de culture concourent à limiter l’impact du rhizoctone.

Interculture : En culture intermédiaire, des crucifères riches en glucosinolate tels la moutarde brune et le radis peuvent être utilisées pour de la biofumigation. Après la destruction de ces couverts et l’enfouissement, leur dégradation produit des molécules (isothiocyanates) aux propriétés fongicides contre le rhizoctone.

Chimie : Quelques fongicides appliqués en végétation sont homologués pour lutter contre le rhizoctone brun, comme Amistar Gold (Priori Gold, Starline Gold)… Une intervention est possible à partir du stade 8 feuilles, dès la découverte des premiers symptômes.

Sources : ITB, SES Vanderhave, Agro-Transfert

 

 
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Foyer d'infestation bien visibles ici. © ITB

Cinq points clés sur le rhizoctone brun sur betterave

Les pertes de rendement dues au rhizoctone brun atteignent en moyenne 10 % dans les parcelles attaquées, selon l’ITB, et peuvent monter à 40 % dans des situations extrêmes. La maladie a un impact également sur la teneur en sucre de la racine et la qualité de transformation industrielle.

Ne pas confondre les symptômes foliaires du rhizoctone brun avec ceux d’une carence en bore ou de rhizoctone violet. La carence se traduit en premier lieu par un noircissement et la mort du point de croissance de la betterave. Quant au rhizoctone violet, les symptômes foliaires apparaissent plus tardivement.

Le rhizoctone brun concerne d’autres cultures (maïs, pomme de terre, soja, carotte, haricot…) et des adventices (chénopodes, amarantes…). Le pathogène se caractérise par plusieurs souches qui diffèrent parfois entre espèces cultivées.

Le champignon se conserve dans le sol en hiver, sous forme de mycélium et de sclérotes (forme de conservation plusieurs années). Sa survie est favorisée en présence de résidus de culture proches de la surface du sol.

Chaleur (20 à 30° C) et humidité (pluie) favorisent la propagation de la maladie dans la parcelle suite aux infections primaires après le semis sur des sols infectés ou ayant reçu un épandage d’eau contaminée.

 

 
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Les racines atteintes présentent des craquelures caractéristiques. © V. Marmuse

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