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[Maladie] Blé : maîtriser la fusariose de l’épi, un défi essentiel pour le rendement et la qualité

Différentes espèces de fusarium et microdochium peuvent s’attaquer à l’épi du blé, avec un impact potentiellement fort sur le rendement et, parfois, la production de mycotoxines.

La teinte rose orangée sur des épillets est le symptôme le plus typique de la fusariose des épis, à Fusarium graminearum. © Arvalis
La teinte rose orangée sur des épillets est le symptôme le plus typique de la fusariose des épis, à Fusarium graminearum.
© Arvalis

Description : reconnaître la fusariose des épis

Pour voir des symptômes de fusariose des épis, il faut attendre la fin de la floraison du blé. Une décoloration progressive d’épillets apparaît, associée parfois à une auréole brune. Ce symptôme est dû à des champignons des genres Microdochium et Fusarium, qui comprennent plusieurs espèces. Mais le symptôme le plus typique de la fusariose est l’échaudage d’épillets par groupe avec l’apparition d’une couleur rose orangé sur les glumes. Cet échaudage peut toucher la totalité de l’épi.

 

 
Les épillets sont le plus souvent touchés par groupe sur l'épi. © C. Gloria
Les épillets sont le plus souvent touchés par groupe sur l'épi. © C. Gloria

 

Principal pathogène responsable de la fusariose, Fusarium graminearum peut provoquer un brunissement du col de l’épi. Microdochium cause des symptômes sur les feuilles supérieures avec une nécrose ovale de coloration verdâtre en son centre qui vire au marron. À la récolte, les grains fusariés sont déformés, réduits en taille et fripés en surface, avec une coloration rosée à lie-de-vin.

 

 
Les grains fusariés sont déformés, fripés et prennent une coloration rosée. © C. Gloria
Les grains fusariés sont déformés, fripés et prennent une coloration rosée. © C. Gloria

 

Comment lutter contre la fusariose

Variétés : Les variétés de blé tendre mises sur le marché se montrent globalement de moins en moins sensibles à la fusariose des épis grâce aux progrès de la sélection variétale. Quelques variétés présentent même une faible sensibilité à Fusarium graminearum et à la production de DON : Campesino, Apache, Oregrain, SY Adoration… Les variétés de blé dur sont davantage vulnérables. Quelques variétés récentes sont classées peu sensibles : RGT Encablur, Durofinus, Toscadou. La sensibilité du triticale est intermédiaire entre celle du blé tendre et du blé dur.

Agronomie : Le risque fusariose repose entre autres sur des facteurs agronomiques. Arvalis met à disposition une grille de risque à la parcelle. Les résidus de culture de maïs et de sorgho ou de céréales à paille devront être broyés et enfouis, avec un labour dans l’idéal. Dans la rotation culturale, il vaut mieux éviter ces céréales comme précédent pour ne pas augmenter le potentiel infectieux dans la parcelle. Le maïs grain présente plus de risque que le maïs fourrage dans le classement.

Chimie : En fongicides, le prothioconazole reste la matière active la plus efficace. On le retrouve dans divers produits : Prosaro, Joao, Fandango S, Kestrel… Malgré tout, la fusariose est difficile à combattre. Les traitements dépassent difficilement 50 % d’efficacité dans le meilleur des cas. D’autres spécialités à base de tébuconazole, de bromuconazole ou de metconazole peuvent être utilisées contre la fusariose de l’épi. Le positionnement du traitement à début floraison est primordial pour assurer la meilleure efficacité. De nouvelles molécules vont apporter un regain de performance sur fusariose dans les prochaines années.

 

 
Microdochium produit des taches nécrosées sur les feuilles supéreures. © Arvalis
Microdochium produit des taches nécrosées sur les feuilles supéreures. © Arvalis

 

Quatre points clés sur la fusariose de l’épi

Des mycotoxines sont produites par les champignons du genre fusarium, dont le déoxynivalénol (DON) par Fusarium graminearum principalement. Elles peuvent amener à rendre le blé impropre à l’alimentation humaine, voire animale. Les Microdochium ne produisent pas de toxines.

La perte de rendement dépasse 20 q/ha dans les cas les plus sévères. La qualité boulangère en outre est affectée pour le blé tendre. Sur blé dur, une moucheture peut apparaître sur les grains.

Une forte humidité ou une période pluvieuse de plusieurs jours sur la période allant de l’épiaison à début floraison favorise la contamination des épillets. Le facteur climatique est la principale cause d’apparition de la maladie. Après la sortie des étamines, il vaut mieux éviter d’irriguer le blé pendant plusieurs jours, selon Arvalis.

Les résidus de culture de maïs, de sorgho ou de céréales à paille laissés en surface sur le sol constituent la principale source de contaminations.

Source : Arvalis

 

 
La perte de rendement peut dépasser les 20 q/ha à cause des échaudages. © C. Gloria
La perte de rendement peut dépasser les 20 q/ha à cause des échaudages. © C. Gloria

 

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