Marges de la grande distribution : les fabricants appellent le gouvernement à « corriger les dérives »
Réagissant aux conclusions de la commission d’enquête sur les marges, les fabricants des produits de grande consommation ont dénoncé dans un communiqué du 21 mai les « pratiques déloyales » rapportées par les sénatrices. Les organisations demandent au gouvernement de « corriger durablement les dérives » dans les prochaines semaines.
Réagissant aux conclusions de la commission d’enquête sur les marges, les fabricants des produits de grande consommation ont dénoncé dans un communiqué du 21 mai les « pratiques déloyales » rapportées par les sénatrices. Les organisations demandent au gouvernement de « corriger durablement les dérives » dans les prochaines semaines.
« Il appartient à présent aux pouvoirs publics d’agir », soutiennent dans un communiqué du 21 mai les fabricants de produits de grande consommation, réagissant aux conclusions du rapport sénatorial sur les marges présentées le même jour. Le collectif d’organisations signataires est notamment composé de l’Ania (Association nationale des industries alimentaires), de La Coopération Agricole, de Pact’Alim (PME & ETI de l’alimentation) ou du Synabio (Syndicat des entreprises bio agroalimentaires). Elles saluent un « travail remarquable » des sénatrices à l’origine de la commission d’enquête sur les marges des industriels et de la grande consommation. Et appellent le gouvernement à « corriger durablement les dérives » de la grande distribution rapportées par les sénatrices. « Nous demandons au Gouvernement de prendre, sans délai, des engagements publics et précis sur la méthode et le calendrier qu’il entend suivre dans les prochaines semaines pour mettre fin à ce système mortifère », affirment les sept fabricants de produits de grande consommation.
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Les organisations déplorent une « soumission économique structurelle » lors des négociations commerciales
Parmi les pratiques « prédatrices » de la grande distribution, les fabricants de produits de grande consommation dénoncent en particulier les « menaces de réduction de commandes », les « baisses brutales » d’achats, ou encore la « facturation de service contraints ». Elles déplorent aussi une « soumission économique structurelle » des industriels français lors des négociations commerciales. Car ces entreprises font face à « trois centrales d’achats qui contrôlent près de 90 % des achats de produits de grande consommation », déplorent-elles. Et ces centrales européennes permettent une organisation d’achats qui « neutralise » voire « contourne » le droit français, tel que la sanctuarisation du coût de la matière première agricole, soulignent les fédérations.
« Les signalements sont documentés quotidiennement par nos fédérations », signale le collectif, qui regrette une action publique encore « insuffisante ». Les organisations appellent donc à « améliorer le ciblage des contrôles en lien avec les fédérations professionnelles », à « mieux encadrer les diminutions de commandes injustifiées durant les négociations », ainsi qu’à « rehausser le plafond des amendes ». Des recommandations partagées par la Fict (Fédération des entreprises françaises de charcuterie traiteur) dans un communiqué du 21 mai. « Ces pratiques abusives des distributeurs détruisent à petit feu nos entreprises de charcuterie », dénonce la fédération.
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Le ministre de l’Économie Serge Papin conteste des résultats du rapport sénatorial
Pour rappel, la commission d’enquête sur les marges affirme que 8 % de la valeur ajoutée des produits alimentaires reviennent aux agriculteurs français, en plus de pointer des pratiques « prédatrices » de la grande distribution. 40 % reviendrait à la distribution et aux services. Un chiffre contesté le 22 mai par ministre de l’Économie Serge Papin, ancien PDG de Coopérative U, sur l’émission « Les 4 vérités » de France TV. « Il y a un juge de paix, ce sont les résultats nets des entreprises qui sont déposés au Greffe du tribunal, et il y a un cadre qui est l’Observatoire des prix et des marges. Cet observatoire n’a pas constaté de dérapages », soutient-il. L’actuel PDG de Coopérative U, Dominique Schelcher, a lui aussi contesté ces 40 % sur X, dénonçant une « méconnaissance » du fonctionnement du compte d’exploitation d’une entreprise.
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