Le « PIB agricole » a rebondi de 10,7% en 2025 après deux années de baisse
L’Insee a livré le 7 juillet ses chiffres consolidés pour les comptes provisoires de l’agriculture en 2025. La valeur brute au coût des facteurs progresse plus fortement que prévu : soit +10,7% contre +8,1% annoncé en décembre. Un rebond intervenant après deux années de baisse.
L’Insee a livré le 7 juillet ses chiffres consolidés pour les comptes provisoires de l’agriculture en 2025. La valeur brute au coût des facteurs progresse plus fortement que prévu : soit +10,7% contre +8,1% annoncé en décembre. Un rebond intervenant après deux années de baisse.
Une hausse du PIB agricole plus forte que prévu
L’équivalent agricole du PIB (valeur ajoutée brute au coût des facteurs, prenant en compte les subventions d’exploitation et les impôts à la production) a augmenté de 10,7% en euros courants en 2025, selon les chiffres consolidés de l’Insee diffusés le 7 juillet à l’occasion de la Commission des comptes de l’agriculture de la Nation (CCAN). Un rebond plus fort qu’attendu, puis qu’en décembre dernier, lors de la parution des comptes prévisionnels, l’Insee tablait sur une hausse de 8,1%.
De la production à la valeur ajoutée agricole en 2025
Relire : Comptes de l’agriculture : rebond du PIB agricole en 2025 après deux années de baisse
Un rebond du PIB agricole suivant deux années de baisse
Ce rebond fait suite à deux baisses successives du PIB agricole de 11,7% en 2024 et de 4,8% en 2023.
L’emploi agricole ayant reculé très légèrement en 2025 pour la troisième année consécutive, l’Insee souligne que la valeur ajoutée brute au coût des facteurs de la branche agricole par emploi augmenterait de 11,6%, après une baisse de 10,1% en 2024.
#Agriculture | En 2025, la production de la branche agricole hors subventions sur les produits rebondit fortement à la fois en valeur (+4,7 % après -8,4 %), en volume (+2,2 % après -4,9 %) et en prix (+2,4 % après -3,7 %).
👉 https://t.co/ScwnAX7spy pic.twitter.com/hMQun63elq— Insee (@InseeFr) July 7, 2026
La hausse du PIB agricole en 2025 tient à la fois à l’augmentation de 4,6% de la production au prix de base (portée par les productions animales) et à la diminution des consommations intermédiaires (-1%, du fait de la baisse des volumes), pour une valeur ajoutée brute qui repasserait au-dessus de son niveau moyen sur la période 2021-2025.
Contribution à la variation du prix de la production hors subventions en 2024 et 2025
Un résultat « en trompe-l’œil » selon la FNSEA et les Chambres d’agriculture
« Facialement, ces données macroéconomiques pointent une augmentation de 32% du résultat net par actif non salarié en 2025. Mais cette amélioration est un trompe-l’œil, car elle fait suite à une année 2024 particulièrement catastrophique », réagit la FNSEA à l’annonce de ces chiffres, dans un communiqué. D’ailleurs, selon le syndicat agricole « cet indicateur de résultat reste inférieur de 8% à la moyenne quinquennale ». La FNSEA souligne aussi que ces chiffres ne reflètent pas non plus la diversité des situations entre les exploitations. Et d’indiquer que selon son baromètre Ifop/FNSEA réalisé auprès d’un échantillon de 1500 exploitants agricoles au printemps 2026, « 19% des agriculteurs interrogés envisagent une cessation d’activité dans l’année à venir ».
Le rebond de 2025 ne doit pas faire illusion
« Le rebond de 2025 ne doit pas faire illusion. Les aléas climatiques s’intensifient, les incertitudes économiques demeurent et les investissements reculent » commente pour sa part Sébastien Windsor, président de Chambres d’agriculture France dans un communiqué.
Le réseau des chambres consulaires pointe notamment une baisse des investissements agricoles de 2% en 2025, un excédent commercial avec « le plus faible résultat de ce siècle » (à 0,3 milliard d’euros) et s’inquiète des résultats de l’année 2026 « qui s’annonce déjà difficile avec des productions fortement impactées par les épisodes caniculaires successifs et la sécheresse qui s’installe, dans un contexte de grandes incertitudes sur le prix des intrants (énergie et engrais) et donc de dégradation des résultats économiques des exploitations agricoles ».
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