Sécheresse : les difficultés s’accumulent pour les éleveurs laitiers, leur moral « au plus bas »
Prairies et maïs pâtissent de l’été chaud et sec. Les perspectives s’assombrissent pour les éleveurs laitiers qui voient également la production et le prix du lait diminuer.
Prairies et maïs pâtissent de l’été chaud et sec. Les perspectives s’assombrissent pour les éleveurs laitiers qui voient également la production et le prix du lait diminuer.
Après plusieurs années de crises sanitaires (MHE, FCO puis DNC), la sécheresse et les fortes températures mettent désormais les élevages laitiers à rudes épreuves. S’y ajoutent un prix du lait en baisse et de fortes incertitudes sur les charges, notamment du fait de la guerre au Moyen-Orient.
« À ce stade, ce qui est le plus impacté, c’est le moral des éleveurs. Il est au plus bas », met en garde Yohann Barbe, président de la FNPL, lors d’une conférence de presse le 22 juillet.
Un déficit fourrager certain
Côté fourrages, l’absence de perspectives de pluie dans une grande partie de l’Hexagone annihile tout espoir de sécuriser son bilan fourrager cette année. « L’intensité de la sécheresse est très importante sur l’ensemble du territoire, déplore l’éleveur vosgien. Si certains ont eu de la chance d’avoir un peu de pluie, cela a juste reverdi le dessus des prairies mais cela n’assure pas la pousse de l’herbe. »
Les stocks d’hiver sont déjà entamés pour nombre d’éleveurs. Il est encore tôt pour évaluer les pertes en maïs ensilage mais, nul doute, qu’elles seront importantes. « Les pertes seront historiques sur les prairies et les maïs », prédit-il.
Appel à la solidarité pour éviter la décapitalisation
« Notre seul espoir sur l’alimentation ce sont les maïsiculteurs. Voir si une partie pourrait aller en bovin. En ensilage, maïs grain ou plante entière », indique-t-il. Un appel à la solidarité a également été lancé pour de la paille pressée.
Mais face à un stock fourrager qui risque de ne pas tenir jusqu’à la prochaine pousse de l’herbe, le risque de décapitalisation est réel.
« Les exploitations sont sur le fil du rasoir, met en garde Stéphane Joandel, secrétaire général de la FNPL. On voit que cela ne passera pas pour arriver à avril 2027. » Pour l’heure, les animaux sont encore un peu retenus sur les fermes, avec aussi l’espoir d’une reprise des cours de la viande. Mais pour combien de temps ?
La production laitière fortement impactée par la canicule
Pour les animaux, les effets des canicules à répétition se font ressentir sur la production laitière. « L’effet sur la baisse de la production est sans commune mesure jusqu’à maintenant. Et à chaque canicule, les animaux ne retrouvent pas leur niveau de production d’avant. La baisse de la collecte laitière française va s’inscrire jusqu’à l’automne », alerte Yohann Barbe. En parallèle, le prix du lait en baisse, ne permet pas de compenser la perte de revenu des éleveurs laitiers.