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Méthane : Bovaer donne des résultats prometteurs dans cinq fermes laitières françaises

Facile à mettre en œuvre, l’ajout de Bovaer, complément alimentaire pour les bovins, permet, en fonction des rations des vaches laitières, entre 29 et 42 % de réduction des émissions de méthane entérique lors d'un test sur cinq fermes laitières du Grand Ouest.

Dans les cinq fermes laitières du Grand Ouest ayant testé le Bovaer, les éleveurs n'ont observé aucun changement de comportement des vaches à l'auge.
Dans les cinq fermes laitières du Grand Ouest ayant testé le Bovaer, les éleveurs n'ont observé aucun changement de comportement des vaches à l'auge.
© Costie Pruilh - Archives

Le groupe Bel et l’organisation de producteurs (OP) APBO ont communiqué le 26 octobre sur les bons résultats concernant la réduction des émissions de méthane des vaches laitières de leur test réalisé avec l’appui de l’Institut de l’élevage. Cinq fermes laitières du Grand Ouest (Normandie, Centre Val de Loire et Pays de la Loire) ont utilisé l’additif pour bovin Bovaer entre janvier et mars 2023.

« L’expérimentation n’avait pas pour but de vérifier la capacité de Bovaer à réduire les émissions de méthane entérique mais de vérifier la faisabilité en élevage, souligne Benoît Rouillé, de l’Institut de l’élevage. Nous avons utilisé l’équation très solide issue de méta analyses, qui prédit le taux de réduction de la production de méthane, à partir des rations des vaches laitières. » Il en ressort que l’additif permet entre 29 % et 42 % de réduction du méthane entérique en fonction des rations des cinq élevages testeurs.

S’utilise comme un minéral, mélangé aux fourrages

Les vaches ont reçu entre 145 et 220 g de Bovaer par vache et par jour. « C’est pareil que d’ajouter des minéraux. J’ajoutais l'additif dans le bol mélangeur. C’est très simple à utiliser », a témoigné un des éleveurs en test. Les exploitants n’ont noté aucune odeur et n’ont observé aucun changement de comportement des vaches à l’auge. Côté performances laitières, le volume de lait produit et les taux sont similaires, voire un peu meilleurs.

Une solution en développement pour le pâturage

Les deux moins fortes réductions de méthane ont concerné les deux exploitations où il y a eu du pâturage durant le test (5 à 6 % de la ration totale). Bovaer doit être ingéré régulièrement tout au long de la journée pour garantir la bonne efficience de l’additif, ce qui n'est pas possible en extérieur. Cet inconvénient pour les systèmes pâturant pourrait être levé à l’avenir. L’entreprise DSM développe actuellement une forme de produit à libération lente qui devrait permettre à Bovaer d’être actif au cours des heures de pâturage.

Les plus fortes réductions de méthane ont été obtenues dans les élevages qui présentent une forte proportion de maïs (45 à 50 %) et de concentrés et coproduits (26 à 40 %). « Plus le taux de matière grasse et le NDF sont élevés, meilleur est le taux de réduction du méthane entérique avec l’emploi de Bovaer », précise Benoît Rouillé, de l’Institut de l’élevage.

Le groupe Bel très enthousiaste

Ces bons résultats font dire à Simon Bonnet, directeur achat lait du groupe Bel, que l’additif Bovaer pour les bovins offre « un immense potentiel pour avancer vers une filière laitière bas carbone ». Les éleveurs de l’APBO (415 millions de litres de lait, 700 exploitations) ont déjà tous réalisé un diagnostic carbone Cap’2ER et défini un plan d’actions pour réduire leurs émissions.

Pour faciliter le développement des compléments alimentaires en élevage, il faudrait que leur équation de réduction des émissions de méthane intègre le diagnostic Cap’2ER. Et que le surcoût pour les éleveurs soit compensé quand ils ne permettent pas de plus-value zootechnique.

Le saviez-vous ?

Bovaer est un complément alimentaire qui permet de limiter certaines des réactions responsables de la production de méthane dans le rumen. DSM, l’entreprise qui le commercialise, promet une réduction des émissions de méthane de 30 % en moyenne avec des rations distribuées à l’auge. Bovaer-10® a été validé par l’EFSA (Autorité́ européenne de sécurité́ des aliments) en 2022.

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