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Méthane : un additif pour réduire de 30 % les émissions des vaches laitières

Mis au point par DSM, Bovaer-10® est le premier additif alimentaire réducteur de méthane entérique pour les ruminants approuvé par l’Union européenne. Une stratégie qui s’avère prometteuse selon Inrae.

Aucun impact négatif sur les performances, le bien-être des animaux et la qualité du lait n’a été identifié dans les études. Ni de résidus dans le lait.
Aucun impact négatif sur les performances, le bien-être des animaux et la qualité du lait n’a été identifié dans les études. Ni de résidus dans le lait.
© E. Bignon

Le 3-NOP, un additif alimentaire commercialisé sous le nom de Bovaer-10®, a reçu le feu vert des experts des États membres pour son autorisation de mise sur le marché dans l’Union européenne, le 23 février dernier. Selon l’évaluation scientifique de l’autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa), il permet de diminuer les émissions de méthane entérique des vaches laitières de 20 à 35 %, sans affecter la production, sans danger pour les animaux et les consommateurs, et sans impact sur la qualité des produits laitiers.

Le fruit d’une dizaine d’années de travaux de recherche

« Parmi les leviers pour réduire les émissions de méthane entérique par l’alimentation, cette stratégie s’avère prometteuse », considère Cécile Martin, directrice de recherche d’Inrae à Theix. Le 3-NOP (3-nitrooxypropanol), qui compose Bovaer-10®, n’est pas une solution nouvelle. L’entreprise néerlandaise de nutrition animale DSM travaille dessus depuis une dizaine d’années en menant d’importants travaux de recherche à l’international. « Ce projet a donné lieu à plus de 45 essais en fermes dans treize pays et à 50 études publiées dans des revues scientifiques indépendantes, a souligné Nicola Walker, directrice de recherche du projet chez DSM lors d’une journée technique organisée par l’Aftaa.

Le 3-NOP a été testé sur des vaches hautes productrices nourries avec des régimes riches en concentrés, mais aussi sur des vaches à rendement moyen recevant un régime riche en fourrages, notamment à la ferme expérimentale de Theix. Cet essai a porté sur 28 vaches en début de lactation, sur une durée de 105 jours. Le groupe traité a reçu 60 mg de 3-NOP/kg MS d’une ration mélangée à base de 52 % de maïs ensilage, 17 % de foin, 6 % de paille et 25 % de concentré, tandis qu’un second groupe a reçu un placebo. « Les émissions de méthane ont été réduites de 31 % en moyenne, et de 25 % en tenant compte de la baisse de l’ingestion induite (7 %), décrit Cécile Martin. La production de lait et sa composition sont restées similaires. »

La question du coût et de l’acceptabilité par la filière

L’effet de réduction des émissions a persisté pendant toute la durée de l’essai. « Le principal effet d’atténuation du 3-NOP se produisait après le repas principal en empêchant le pic post-prandial des émissions de méthane », note la chercheuse en précisant que l’effet est répétable mais réversible, les émissions revenant assez rapidement à leur niveau initial à l’arrêt de la distribution de l’additif.

Par ailleurs, un autre essai mené par Inrae à Theix sur 18 veaux nouveaux nés supplémentés en 3-NOP ouvre des perspectives particulièrement intéressantes. « Avec mes collègues microbiologistes, nous avons observé une réduction persistante à long terme des émissions de méthane des veaux jusqu’à un an de vie au moins, bien que le traitement ait cessé trois semaines après le sevrage. » Les bactéries du rumen des veaux traités et témoins présentaient des différences. « Cela indique peut-être une différenciation de l’écosystème microbien ruminal ou une réponse de l’hôte déclenchée par le traitement dans la phase précoce de développement. »

DSM a commencé les travaux d’une nouvelle installation de production à grande échelle à Dalry en Écosse. Reste à savoir quel sera le coût de Bovaer-10®, mais aussi quel sera le degré d’acceptabilité par les éleveurs et les consommateurs de ce produit de synthèse.

Comment ça marche ?

Dans le rumen, la dégradation microbienne de la matière organique libère du dihydrogène et du gaz carbonique. Une enzyme combine ces deux gaz pour former du méthane. Cette enzyme spécifique de la méthanogenèse a besoin d’un cofacteur pour être active. Le 3-NOP prend la place de ce cofacteur bloquant ainsi l’action de l’enzyme. D’où une moindre production de méthane. A priori, le 3-NOP n’a pas d’autres impacts sur les micro-organismes du rumen.

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