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Le prix du lait bio vous a-t-il incité à vous déconvertir ?

Le nombre de livreurs bio a chuté de 7 % en 2025, impacté notamment par des déconversions. L’écart entre le prix du lait bio et celui du lait conventionnel, inférieur à 50 euros les 1 000 litres, a incité certains éleveurs à se poser la question du maintien de la certification.

<em class="placeholder">Troupeau de vaches laitières de race brune, au pâturage. Prairie permanente. Zone de piémont en Côte d&#039;Or, en Bourgogne. </em>
© C. Pruilh
 

Matthieu Caugant, éleveur dans le Finistère

<em class="placeholder">Eleveur devant son troupeau de vaches à l&#039;herbe.</em>

NON. Lorsque le prix du lait bio était moins porteur par rapport au conventionnel, la question de la déconversion s’est posée. Notre motivation première pour le bio n’est pas économique, mais l’objectif reste que les comptes soient à l’équilibre à la fin de l’année. L’exploitation est en bio depuis 1998. J’ai toujours connu ce mode de production. Mon objectif est de maintenir le plus longtemps possible l’agriculture biologique sur l’exploitation car je souhaite produire le plus naturellement possible. Nous avons beaucoup travaillé pour optimiser notre système afin de répondre aux critères du cahier des charges bio et devenir le plus autonome et économe possible. Aujourd’hui, nos 140 vaches disposent de 80 hectares de pâturage et nous n’apportons pas de concentré extérieur. Ces derniers mois, le bio se porte mieux et la question de la déconversion ne se pose plus.

Julien Perrin, éleveur en Haute-Saône

 
<em class="placeholder">Eleveur devant une vache à la table d&#039;alimentation</em>
Julien Perrin © J. Perrin

OUI. L’ensemble de l’exploitation a été passé en bio en mars 2020. Le prix du lait de l’époque et les primes à la conversion nous permettaient de prendre ce virage pour le Gaec. Avant, nos vaches ne sortaient que sur 4 hectares. Nous avons développé le pâturage et les rotations des cultures. Cependant, nous avons rencontré plusieurs difficultés d’adaptation du système. La production a diminué de 100 000 litres en même temps que les taux. La qualité des fourrages était trop variable pour maintenir les vaches en état et nos rendements en céréales ont considérablement chuté. En parallèle, les frais de mécanisation et le GNR ont augmenté. De plus, nous n’élevons pas de génisses et il était difficile de trouver des bonnes vaches en bio. Cette situation nous a poussés à revenir au conventionnel au bout de cinq ans. Nos 40 montbéliardes ont vite retrouvé leur niveau initial. Même si nous apportons 2 kilos de concentré par vache par jour en plus, nous n’avons pas vu d’augmentation significative du coût alimentaire. Cette période en bio a toutefois été très formatrice. Nous avons d'ailleurs voulu maintenir le pâturage et la rotation des cultures. Mais la réussite demande un investissement important, à la fois financier et humain.

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