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Dans l'Orne
LE GAEC PONT-MARTIN, UN ÉLEVAGE INFLUENT EN RACE NORMANDE

Naisseur de Télérama, le Gaec Pont-Martin a dû reconstruire son troupeau normand de haute valeur génétique après l’abattage total de l’ancien pour cause d’ESB en décembre 2000.

Le troupeau a un ISU de 122 points, un Inel de + 18,5,
et des index lait à + 433, TP à + 0,3, TB à - 0,2, MOà + 0,2
et 53 vaches pointées 81,7.
Le troupeau a un ISU de 122 points, un Inel de + 18,5,
et des index lait à + 433, TP à + 0,3, TB à - 0,2, MOà + 0,2
et 53 vaches pointées 81,7.
© F. Mechekour

Indexé pour la première fois en février 2008, Télérama s’est d’emblée retrouvé sous les feux de la rampe en prenant la seconde place du classement sur ISU. Ce nouveau taureau leader en race Normande est né dans l’élevage Pont-Martin à L’Epinay le Comte dans l’Orne. L’histoire de Télérama est emblématique d’une passion pour la génétique Normande partagée par Hubert Prel et son associé Guy Paris. Télérama est un fils de la célèbre Mandoline née chez Alain Bouguet, éleveur dans les Côtes-d’Armor. Et Mandoline est l’une des quatre vaches de très haute valeur génétique achetées par les deux associés pour reconstruire leur troupeau abattu pour cause d’ESB le 10 décembre 2 000. Quelque 217 animaux dont 85 vaches et une centaine de génisses de haute valeur génétique, mais aussi quelques jeunes mâles entrés en station de contrôle individuel (GNA) ont été euthanasiés à l’époque. Passionnés par la génétique, les éleveurs ont réalisé 96 collectes d’embryons entre 1986 et 2000.

260 COLLECTES D’EMBRYONS

« Nous cherchions à développer un maximum de souches mère à taureaux pour vendre de la génétique. » Quelque 260 embryons ont été remis en place sur des receveuses présentes dans l’élevage et 260 embryons ont été vendus à d’autres éleveurs. « Diamètre a fortement marqué le troupeau, mais avec une longueur d’avance sur la majorité des élevages parce que le Gaec a réalisé beaucoup de collectes d’embryons avec ce taureau qui était jeune à l’époque », précise Raymond Dupont, technicien génétique au CIA de l’Aigle dans l’Orne. Tout ce travail et cette passion se sont retrouvés anéantis en décembre 2000. Hubert et Guy se sont alors mis d'accord sur une stratégie pour reconstruire leur troupeau. « Notre objectif était d'abord de produire du lait, mais aussi de réinvestir dans l'achat de quatre vaches têtes de souches. » Repérée au Space, Mandoline sera l'une d'entre elles. « À l'époque, c'était l'une des dix meilleures vaches de la race. »

Outre Mandoline, les éleveurs vont acquérir Armille (Goupil) chez François Paris dans l’Orne, Nostalgie (Entoi) chez Georges Dupont dans l’Orne et Royale (Inoui) chez Guy Lebullenger en Mayenne. Royale a été indexée jusqu’à 144 points d’ISU et pointée 88. « C’est une souche très laitière », précise Guy. Plusieurs collectes d’embryons sont programmées entre 2001 et 2004 avec ces quatre animaux mais principalement avec Mandoline et Armille. Les associés ont acheté des génisses Normandes pour servir de receveuses d’embryons et « valoriser des prairies. »

PLEINES SOEURS DE TÉLÉRAMA 

Mandoline a produit des embryons avec Livarot, Lanion… et Ibanes, le père de Télérama. Deux pleines soeurs de Télérama sont restées au Gaec et une troisième a été vendue au Gaec Paumier- Moison à l’occasion de la vente PMS (voir encadré) de 2002. Une fille de Mandoline par Livarot a été vendue au Space en 2002. « Mandoline est repartie chez Alain Bouguet comme donneuse d’embryons permanente en 2002. » Nostalgie est toujours présente dans le troupeau. Elle a réalisé sept lactations avec une moyenne de 9614 kg de lait standard. Outre les embryons et la production laitière, cette fille d’Entoi est un modèle de longévité et de rusticité. « Elle a vêlé pour la première fois à 2 ans et 5 mois et pour la huitième fois à 9 ans et 5 mois, soit un veau par an », se félicitent les éleveurs.

Le désir de travailler de nouvelles souches n’a pas occulté le principal objectif, à savoir : produire du lait le plus rapidement possible avec des vêlages ges répartis entre juin et octobre. Guy et Hubert ont donc acheté une centaine de vaches en production (pleines de 3 à 4 mois) en première, deuxième, troisième ou quatrième lactation. « On peut juger la qualité de la mamelle quand on achète des vaches en pleine production. » Et d’ajouter : « nous avons acquis des animaux qui n’étaient pas forcément à vendre grâce à la solidarité des éleveurs et l’aide des techniciens de l’Upra et du GNA. »


AU MOINS 15 POINTS D’INEL

Les souhaits des associés étaient de trouver des vaches avec au moins 15 points d’Inel, un index lait de 300 ou 400 kg et des taux positifs. Aujourd’hui, le troupeau a un niveau de production équivalent au précédent, « mais avec un peu moins de mères à taureaux potentielles ». Les associés réalisent moins de collectes d’embryons. « Nous n’avons plus véritablement d’atelier génétique. » Pascal Milon, technicien au GNA, note cependant que sans atteindre le niveau génétique d’avant l’ESB, l’élevage fait parti des 2 ou 3 % meilleurs troupeaux normands en ISU avec une moyenne à 122 points. « Il y a 24 femelles potentiellement intéressantes pour le schéma de sélection, ce qui place l’élevage en treizième position. » Et d’ajouter : « Suline (Mandoline x Livarot), une demi-soeur de Télérama, est indexée à 145 d’ISU. » La souche Mandoline a également fourni un veau en cours d’élevage au GNA. « C’est un Pistache sur Violine avec trois générations sans Diamètre », précise Pascal Milon.

DES VACHES QUI DURENT

La passion pour la race Normande est toujours là même si les associés ont levé le pied sur les opérations de transplantation embryonnaire. Ainsi, Hubert et Guy se sont fait « un petit plaisir » l’automne dernier en achetant, à Michel Leseillier, Tunique, « une très bonne Lobby qui a un fils en cours de testage ». L’idée de la collecter germe déjà dans les esprits.

Plus généralement, les associés utilisent une large gamme de taureaux avec des objectifs clairs : « Nous voulons des vaches capables de bien vieillir parce que les Normandes sont au top de leur niveau de production à partir de la troisième lactation. La qualité des mamelles et des aplombs est primordiale pour la longévité des vaches. » Raymond Dupont, constate que c’est une tendance générale dans les élevages. « L’utilisation des taureaux est plus diversifiée actuellement par rapport à il y a une petite dizaine d’années ». Primate, Redondo, Pistache, Rubafix, Manizales,Royal-Holl, Singleton et Saintyorre ont été fortement utilisés dans les accouplements ces dernières années. Les années ont passé.Avec la naissance des premiers veaux, Hubert et Guy se sont réapproprié leur élevage et participent à nouveau à la création génétique dans un secteur géographique où la Normande compte des ténors de la race.

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