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« J’ai investi dans un robot de traite reconditionné pour 30 vaches », dans l’Aveyron

Installé seul, Jérémy Amans a fait le choix de l’automatisation de la traite et du raclage, ainsi que de la délégation de la distribution de l’alimentation par une Cuma distributrice. Des équipements et services qui lui permettent de limiter le travail d’astreinte.

Installé depuis 2021, Jérémy Amans, jeune père de famille de 34 ans, est à la tête d’une petite exploitation de 30 vaches laitières avec lesquelles il produit annuellement 270 000 litres de lait. L’éleveur a fait le choix de reprendre l’exploitation familiale, mais pas question pour lui de conserver le même mode de fonctionnement. Dès le début, Jérémy avait la ferme intention de moderniser l’outil de production pour réduire et faciliter le travail d’astreinte.

« Quand tu es seul à gérer une exploitation, il est difficile de réussir à tout concilier efficacement : la traite, le soin quotidien aux animaux et le travail dans les champs. C’est pourquoi, j’ai voulu réfléchir d’emblée à la meilleure façon d’optimiser la charge de travail, avance le jeune éleveur. En reprenant une exploitation dotée d’un outil amorti où il n’avait plus d’emprunt bancaire à rembourser, j’ai pu immédiatement projeter des investissements pour atteindre cet objectif. »

Fiche élevage

1 UMO

30 prim’Holstein à 9 000 l/VL

270 000 l de lait vendus

58 ha de SAU (dont 22 ha de prairies permanentes, 14 ha de prairies temporaires, 12 ha de triticale, 10 ha de maïs)

L’année 2022 a été synonyme d’automatisation. L’achat d’un robot de traite d’occasion reconditionné et d’un robot racleur-aspirateur de lisier a révolutionné le travail quotidien sur l’élevage. « Ces deux investissements m’ont permis à la fois d’alléger l’astreinte et m’ont offert plus de souplesse dans l’organisation de mon travail », soutient Jérémy. Financièrement, ces deux investissements ont coûté 80 000 € pour le robot de traite reconditionné tout équipé et 35 000 € pour le robot de raclage, subventionnés à hauteur de 55 000 €.

Une réflexion menée dès l’installation

Quand on l’interroge sur l’intérêt et la rentabilité de ses investissements, la réponse de Jérémy est claire : « Je ne ferai pas machine arrière ! Le robot de traite a supprimé 2 heures d’astreinte quotidienne et m’a permis d’augmenter la production laitière de 30 %, apprécie-t-il. Avec 3 traites par jour au lieu de 2 auparavant et surtout une complémentation individualisée au DAC du robot, mes vaches expriment dorénavant pleinement leur potentiel. » Même si la traite robotisée nécessite un suivi et de la surveillance, la contrainte est nettement moins forte et offre davantage de souplesse dans la gestion du travail au quotidien.

<em class="placeholder">robot de traite reconditionné</em>

Avec seulement 30 vaches à la traite, le robot n’est pas trop sollicité. « Avec un temps d’inactivité de 57 %, mon robot fonctionne sans aucun souci et semble bien vieillir. Pour l’instant, le coût d’entretien est contenu avec un coût de maintenance annuel de 3 000 €. »

Autre tâche journalière automatisée, le raclage de la stabulation des vaches laitières est réalisé cinq fois par jour. « Je n’effectue plus aucun raclage manuel. Et je préfère nettement consacrer les 40 minutes qui se révélaient quotidiennement nécessaires pour le raclage à d’autres tâches plus intéressantes et surtout rapportant davantage de plus-values », souligne Jérémy.

La Cuma distributrice intervient six jours sur sept

Dès son installation, le jeune agriculteur s’est également tourné vers une Cuma pour la distribution de la ration à l’auge. « Ma désileuse distributrice arrivait en fin de vie. Entre l’achat d’un nouveau matériel qui monopolise un tracteur et une heure de travail par jour ou l’adhésion à une offre de service, le choix a été vite fait. » Depuis quatre ans, l’éleveur se contente de repousser la ration en fin de journée et de nettoyer le couloir d’alimentation le matin, avant le passage de la désileuse automotrice. La désileuse automotrice intervient sur une dizaine de fermes, six jours sur sept, toute l’année. Il n’y a pas de service le dimanche mais une double ration est distribuée le samedi.

« Le coût de la prestation est d’environ 250 €/vache/an, indique Jérémy. Certes, c’est assez élevé, et ce coût pourrait diminuer avec un nombre d’adhérents plus important, mais avant tout, je paie le prix de la tranquillité. Et quelle satisfaction de ne plus démarrer le tracteur matin et soir. »

La prestation réalisée est rapide – moins de 15 minutes pour confectionner et distribuer la ration – et de qualité. « La ration est bien mélangée, les fourrages grossiers sont suffisamment hachés pour être bien valorisé. » Seul petit bémol, « l’absence de distribution le dimanche freine sans doute un peu l’ingestion mais sans trop pénaliser le volume de lait dans le tank », estime l’éleveur. Pour Jérémy, le bilan de l’opération se révèle positif, tant au niveau du rapport qualité/prix du service que du gain de temps quotidien.

L’objectif de produire 450 000 l de lait à terme

Jérémy Amans considère que son exploitation est économiquement viable. « Je me verse un salaire mensuel net de 1 500 € et je raisonne mes investissements dans un souci permanent de rentabilité et de facilité de travail. » Le jeune éleveur envisage d’augmenter son troupeau pour atteindre 45 vaches laitières et saturer ainsi la capacité de sa stabulation limitée à 45 places à l’auge. « En augmentant le troupeau, je pourrai atteindre, voire dépasser, les 450 000 l de lait produit sans forcément trop alourdir la charge de travail. Cela pourrait permettre à ma compagne de me rejoindre à terme sur l’exploitation », conclut-il, confiant en l’avenir.

Améliorer la génétique pour valoriser le robot

Côté troupeau, l’éleveur souhaite améliorer le plus rapidement possible le niveau génétique du troupeau. Il a opté pour le génotypage systématique, l’insémination avec semence sexée et l’achat d’embryons. « Pour accélérer le progrès génétique dans mon élevage et tirer le meilleur profit du robot, il m’efforce d’employer les grands moyens, précise-t-il. Cette année, j’ai réalisé sept transplantations embryonnaires sur mes génisses. » Par ailleurs, toutes les génisses et les vaches sont équipées d’un collier de détection des chaleurs pour simplifier la surveillance et optimiser la gestion de la reproduction.

Rédaction Réussir

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