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Agrivoltaïsme : « L’été, la pousse de l’herbe est moins pénalisée sous la canopée », dans le Calvados

Depuis l’installation d’une canopée agrivoltaïque fin 2023, Yoann Bizet, éleveur dans le Calvados, a réintroduit le pâturage. L’objectif est d’améliorer le confort des animaux, sans dégrader la production d’herbe, tout en percevant un complément de revenu pour l’exploitation.

<em class="placeholder">Vaches prim&#039;Holstein au pâturage, sous une canopée agrivoltaïque</em>
Système ombrière à un déplacement est-ouest : l’ensemble de la parcelle reçoit de la lumière pour la photosynthèse et la pluie passe à travers le système.
© C Pruilh

« Je voulais une solution me permettant de faire sortir mes 130 vaches laitières au pâturage sans pénaliser le troupeau et la parcelle, le tout en ayant un coup de pouce pour la rentabilité, témoigne Yoann Bizet, éleveur dans le Calvados. Sur l’exploitation, les vaches ne sortaient plus depuis quinze ans à cause de l’impact des fortes chaleurs. » Depuis le printemps 2024, les vaches ont librement accès au pâturage : un lot sous canopée agrivoltaïque et un autre lot sur prairie non couverte par des panneaux, servant de témoin. Pour le producteur, cette centrale doit permettre de limiter l’impact des journées de fort ensoleillement et de fortes chaleurs sur la production d’herbe et sur le bien-être des vaches. Autre intérêt, l’affouragement en vert est arrêté sur la période de pâturage. Un gain de temps pour l’éleveur.

Performances du troupeau stables

Aucune dégradation de la santé et des performances des vaches n’a été constatée. « Je craignais des effets d’électromagnétisme », confie Yoann. Le taux moyen de cellules dans le troupeau est identique à la situation avant la canopée autour de 80 000. La production des vaches oscille entre 30 et 36 litres par jour. Les évolutions sont surtout la conséquence de l’installation des robots de traite, effectuée quasiment en simultané de la reprise du pâturage. Il y a peu de différence de comportement entre le lot témoin et le lot test. Cependant, pendant l’été 2025, l’éleveur a constaté « qu’à partir de 25 °C, les vaches sous la canopée restent plus longtemps au pâturage que le lot témoins ». Si des problèmes de pattes impactaient le troupeau, avec le retour du pâturage, ils sont moins importants.

Fiche élevage

130 vaches prim’Holstein

1 300 000 l de lait produit

170 ha dont 40 de maïs et 130 d’herbe

2 robots de traite

 
<em class="placeholder">Yoann Bizet</em>
Yoann Bizet © C .Pruilh

« La parcelle reste en prairie pour le pâturage mais je peux faucher et épandre », Yoann Bizet

Production de l’herbe encourageante

L’impact sur l’herbe est suivi et mesuré par Idele. Selon les premières observations de 2025, la biomasse produite sur la parcelle a été de 7,1 tMS/ha sous la canopée, une production inférieure d’environ 5 % par rapport à la parcelle témoin. Cependant, la production était lissée sur l’année, permettant de maintenir le pâturage l’été. « Au-delà de 27°C, la parcelle test est restée verte quand la parcelle témoin avait tendance à jaunir », complète l’éleveur. Ces écarts restent à confirmer sur plusieurs années.

La composition de la prairie est la suivante : ray-grass anglais, fétuque élevée, fléole, trèfle blanc, trèfle hybride. Il a été observé une diminution des légumineuses sous la canopée, mais cette évolution a aussi été observée sur la parcelle témoin. La fertilisation importante en digestat et le précédent en luzerne peuvent aussi expliquer le développement plus important des graminées.

Côté qualité de l’herbe, les valeurs alimentaires sont similaires entre les deux parcelles avec 0,85 UF en été et 1 UF au printemps et à l’automne.

Peu de contraintes de fonctionnement

« Je suis prêteur de terre pour l’entreprise TSE », explique Yoann. Il perçoit un loyer (montant confidentiel) pour l’utilisation de sa parcelle. En cas d’intervention sur la canopée, l’éleveur est prévenu par l’entreprise prestataire au moins quinze jours à l’avance. « Je m’organise pour ne pas avoir d’animaux dans le paddock concerné. » Les autres étant toujours accessibles. L’entretien des clôtures et des chemins est réalisé par l’éleveur. L’espacement entre les poteaux de 27 mètres et la hauteur de 4 mètres permet à l’éleveur de réaliser deux coupes par an avec un groupe fauche de 9 mètres, de passer avec l’autochargeuse ou de réaliser les épandages de digestat.

Un site expérimental

La centrale chez Yoann Bizet est un démonstrateur, qui vise, en plus de la production d’électricité, à étudier l’influence de la canopée sur la prairie et les vaches avec des suivis réalisés par Idele et la chambre d’agriculture. Le troupeau est séparé en deux lots. Environ 35 vaches dans le lot test (sous la canopée) et 70 vaches dans le lot témoin (sans canopée). Les lots sont également séparés au bâtiment, avec une table d’alimentation différente. Les vaches sont réparties dans les lots de façon homogène. La canopée s’entend sur 3 hectares séparés en six paddocks. Le lot témoin accède à un pâturage de 6 hectares, également divisé en six paddocks. L’accès est autorisé à partir de 9 heures 30 et le retour à partir de 14 heures jusqu’à 15 heures.

 

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