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Probiolor
Naissance de l'union commerciale “Fermes bio.coop “

En juin dernier, Probiolor, coopérative céréalière bio en Lorraine, a établi une union commerciale avec deux autres coopératives bio : la Cocebi en Bourgogne et la Corab en Poitou-Charentes. Leur but : répondre à de nouveaux marchés, dans un contexte où la production et la demande céréalières bio explosent.

Une union commerciale entre trois coopératives céréalières bio, Fermes bio.coop, a vu le jour en juin dernier afin de répondre à certains marchés plus conséquents. Probiolor, coopérative céréalière bio, basée à Château-Salins en Lorraine, travaillait sur le sujet depuis deux ans. « En France, il existe quatre coopératives céréalières spécifiques bio. Cette union commerciale, entre la Cocebi en Bourgogne, la Corab en Poitou-Charentes et Probiolor, réunit trois d'entre elles. Nous allons pouvoir répondre à des marchés auxquels nous n'aurions jamais eu accès auparavant, du fait de leur importance ou de leur régularité. De plus, nous n'avons pas la même “culture du grain”. Nous allons pouvoir échanger sur nos savoir-faire et, pourquoi pas, déposer une marque avec un cahier des charges très précis », explique Claude Choux, président de Probiolor. Il ne doute pas que la quatrième coopérative les rejoindra un jour. Le principal frein à la mise en place de cette union a été… le facteur humain. « Il a fallu prendre le temps de nous connaître. Nous nous sommes aperçus qu'en voulant aller trop vite, cela ne marchait pas », reconnaît Claude Choux. Chaque coopérative a « une approche du métier différente », qui sera mise en commun. Probiolor reste ainsi l'experte en nutrition animale. Effectivement, en 2013, elle a participé à la création d'une usine d'aliments en partenariat avec d'autres acteurs « conventionnels » comme les Coopératives céréalières de Lorraine, les groupes Lorial et Néalia, spécialistes de l'aliment du bétail. Cette année l'usine produit 4.000 t contre 1.500 t il y a un an et demi. « Nous avons une grande traçabilité. Aussi pouvons-nous viser le haut de gamme. Telle que l'usine est calibrée, nous pouvons produire facilement jusqu'à 15.000 t », déclare Claude Choux.

Avec la nouvelle Pac, nous nous attendons à une nouvelle hausse significative des conversions.

Une nouvelle Pac source de conversion au bio

Par ailleurs, la nouvelle Pac et les incitations financières pour la production bio font craindre un taux de conversion accru, avec une hausse importante de la production à caser sur les marchés, d'où l'importance de cette union. « Nous avons assisté à une croissance régulière de la production ces dernières années, avec un gros boom il y a trois ans. Avec la nouvelle Pac, on s'attend à une nouvelle hausse significative, dans les deux ans à venir… avec une énorme inquiétude sur le niveau des prix », s'inquiète Claude Choux.

Dans ce sens, afin d'équilibrer au mieux l'offre et la demande, Probiolor a mis en place cette année des réunions d'emblavement. « Nous disons à nos adhérents de réfléchir au mieux leurs rotations culturales connaissant le volume des contrats déjà établis. S'il n'y a pas de contrat, rien ne sert de produire. L'agriculteur ira dans le mur. Avec le développement des tonnages, on sent qu'il faut guider nos adhérents aussi bien dans la gestion agronomique des rotations que dans la recherche de nouveaux marchés », analyse Claude Choux. À l'avenir, Probiolor imagine la possibilité de parfaire l'équipement de certaines fermes, avec un trieur optique, afin de gagner en qualité de production. « L'agriculteur est tenu responsable de sa production (qualité et calibre). Dans notre fonctionnement, la qualité doit donc être présente dès le départ de la ferme », conclut Claude Choux.

Un esprit coopératif fort

Probiolor, coopérative 100 % bio, a vu le jour en 1991. « Avec 136 adhérents aujourd'hui, elle reste une petite coopérative qui collecte sur la Lorraine et les départements limitrophes », déclare Claude Choux, son président. Avec des conversions par vagues, souvent liées à des incitations politiques, les producteurs bio ont ressenti le besoin de se regrouper pour trouver des débouchés stables. « Notre objectif n'est pas de faire le travail à la place de nos adhérents. Une conversion au bio est une vraie remise en cause du système de production. La coopérative facilite ce saut dans l'inconnu, en donnant des indications de débouchés, de rotations, des contacts... Au final, les agriculteurs se réapproprient leur métier et retrouvent une certaine autonomie (production de semence, tri de la production…) », continue Claude Choux. Probiolor a commercialisé 5.000 t de céréales et légumes secs en 2013, avec un chiffre d'affaires de 2,9 M€.

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