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Alimentation
La vente en vrac a bien un intérêt environnemental mais sous conditions

A travers plusieurs études, l’Ademe dresse un état des lieux couvrant les évolutions du secteur du vrac, en plein essor, aussi bien au niveau des produits concernés que des acteurs de la chaîne de valeur.

vente en vrac
Le secteur de la vente en vrac est en pleine expansion en France.
© Pixabay

Pour consommer de manière plus responsable, les consommateurs sont de plus en plus séduits par le vrac qui apparaît comme une pratique d’achat plus vertueuse. En France, le secteur du vrac connaît une importante progression puisque le nombre de commerces spécialisés est passé de 8 en 2015 à 528 en 2020, rapporte l'Ademe dans une récente étude. Les rayons vrac s’imposent de plus en plus dans les supermarchés, avec en octobre 2020, une présence dans 71 % des grandes  et moyennes surfaces (83 % pour les hypermarchés, 77 % et 45 % pour les magasins de proximité) et 88 % des magasins spécialisés bio, selon les données de Réseau vrac. De 100 millions d’euros HT de chiffre d’affaires en 2013, le secteur est passé à 1,2 milliard d’euros en 2019.

L’offre actuelle est dominée par l’épicerie sèche (céréales, biscuits, légumineuses) mais les produits  de droguerie-parfumerie-hygiène tendent à se développer de plus en plus. Et si à cause de la crise sanitaire, les consommateurs ont baissé, voire arrêté l’achat de produits en vrac, 83 % d’entre eux déclarent avoir repris leurs habitudes.

Le vrac moins cher dans les magasins bio

Le potentiel de développement du secteur ne semble donc pas avoir été impacté et pour l’Ademe, il existe trois principales motivations d’achat en vrac : la réduction des déchets notamment par la diminution des emballages, la réduction du gaspillage alimentaire pour mieux respecter l’environnement, une consommation de produits « plus sains ». Cette allégation exprimée est probablement due au fait que beaucoup de produits vendus aujourd’hui en vrac sont des produits bio, surreprésentés par rapport aux produits conventionnels.

L’Ademe révèle que le vrac est généralement moins cher que le préemballé pour les produits bio (de 4 % à 22 %). Ce constat s’inverse pour les produits conventionnels. Par ailleurs, ce sont les magasins bio qui proposent les produits en vrac les moins chers comparés aux épiceries spécialisées et aux hypermarchés et supermarchés : jusqu’à – 16 % sur les produits relevés entre magasins bio et GMS. La tendance constatée par les distributeurs est cependant au développement de l’offre de vente en vrac de produits et de marques conventionnels, y compris pour les marques de distributeurs. Cet élargissement de l’offre devrait  donc contribuer à rendre l’acte d’achat en vrac plus accessible pour les consommateurs.

L’Ademe estime que le vrac a un impact effectivement positif sous certaines conditions de bonnes pratiques des professionnels de la distribution comme des consommateurs.

Les fabricants et producteurs interrogés par l’Ademe affirment que les coûts de production sont, dans la majeure partie, similaires pour les produits en vrac comme préemballés. En revanche, ils confirment, pour la plupart, que les coûts d’emballage sont moins élevés pour de plus grands contenants destinés au vrac. Du côté des distributeurs, la logistique en rayon pour le vrac n’est pas la même que pour les autres produits et requiert plus de main d’œuvre (nettoyage/remplissage) et d’investissements mais certains responsables indiquent faire le choix de ne pas reporter tous les coûts supplémentaires directement sur les produits vendus en vrac pour proposer une offre attractive.

L’Ademe estime que le vrac a un impact effectivement positif sous certaines conditions de bonnes pratiques des professionnels de la distribution comme des consommateurs. Afin de limiter les pertes, les fournisseurs doivent mettre en place des conditionnements adaptés sans toutefois impacter la protection du produit.

Réduction des déchets d’emballage

  • Pour ce qui est des magasins, l’Ademe préconise un personnel dédié et formé pour gérer les rayons et les stocks et faciliter l’acte et l’impact d’achat du consommateur en proposant des contenants d’achat de différents formats et en encourageant l’acheteur à utiliser ses propres contenants réemployables. Pour limiter le gaspillage alimentaire, il est aussi impératif d’assurer un suivi des stocks et la mise en place de mesures de prévention pour une rotation optimale des produits.
  • Les consommateurs, doivent, pour leur part, adopter un comportement responsable en choisissant un contenant ajusté à la quantité voulue et au type de produits et en adaptant les quantités achetées et stockées à la maison à la fréquence de consommation et en les stockant dans des contenants adaptés pour limiter les pertes.

 

En respectant les bonnes pratiques, l’Ademe estime que la vente en vrac devrait permettre de réduire la masse de déchet d’emballages d’au moins deux tiers sur toute la chaîne de distribution. Le secteur semble donc avoir de beaux jours devant lui, surtout que la loi Climat et Résilience  prévoit que les commerces de plus de 400 m² de vente se verront obligés de dédier 20 % de leur surface au vrac d’ici 2030.

 

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