« La méthanisation n'a de sens que si elle se développe aussi avec les agriculteurs », la filière mécontente des propositions faites par le Gouvernement
La filière biométhane s’inquiète des annonces présentées lors du Groupe national d’échanges sur le biogaz du 25 juin. Elle dénonce une remise en cause brutale, sans aucune concertation avec les acteurs de terrain.
La filière biométhane s’inquiète des annonces présentées lors du Groupe national d’échanges sur le biogaz du 25 juin. Elle dénonce une remise en cause brutale, sans aucune concertation avec les acteurs de terrain.
L’AAMF (Association des agriculteurs méthanisateurs de France), France gaz renouvelables, le SER (Syndicat des énergies renouvelables) et France Gaz expriment leur incompréhension et vive inquiétude face aux annonces présentées lors du Groupe national d’échanges sur le biogaz du 25 juin dans un communiqué en date du 6 juillet. La filière estime qu’elles « compromettent l’atteinte des objectifs de la PPE3 pour 2030 en sacrifiant les projets agricoles ».
La filière salue l’ouverture aux nouvelles technologies de production mais dénonce la fin des tarifs d'achat
Si les acteurs du biométhane saluent la stabilisation de la trajectoire à partir de 2032 et l’ouverture du dispositif aux nouvelles technologies de production, ils dénoncent la fin du tarif d’achat. « En l’absence d’un dispositif concerté et adapté au portefeuille de projets français, le tarif d’achat demeure indispensable, plus particulièrement pour les projets agricoles » affirment-ils. Et d’ajouter : « Les évolutions annoncées : baisse des volumes éligibles, du plafond et révision des paramètres économiques, toucheront prioritairement les projets agricoles actuellement en développement, dont la majorité se situe entre 10 et 20 GWh/an ».
« Réduire immédiatement le tarif d’achat reviendrait à bloquer tous les projets de nouvelles installations »
La filière du biométhane reconnaît que la recherche du meilleur coût pour l'énergie est légitime, mais estime que l'introduction précipitée d'un mécanisme d'appel d'offres n’est pas « une réponse à la hauteur des enjeux ». Selon elle, alors que les CPB ne seront pas encore pleinement opérationnels avant la publication du décret, réduire immédiatement le tarif d’achat reviendrait à bloquer tous les projets de nouvelles installations. « De plus la mise en œuvre non concertée et précipité d’un mécanisme d’appel d’offres crée de l’incertitude, alors même que les financeurs réclament de la visibilité » affirment-ils en ajoutant : « La méthanisation n'a de sens que si elle se développe aussi avec les agriculteurs ».
La filière demande une concertation au Gouvernement
Au-delà des mécanismes de soutien, la filière qui regrette « le recul des ambitions pour le biométhane » demande au Gouvernement de « suspendre cette révision pour engager sans délai une concertation afin de préserver les investissements déjà engagés, de conserver la dynamique de développement des projets et de démontrer son soutien réel au développement de la méthanisation agricole ».
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