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« La consommation de viande bovine se maintient mais descend en gamme » selon Caroline Monniot de l’Idele

Entre décapitalisation et inflation, comment évolue la consommation de viande bovine en France ? Un point sur la conjoncture a été présenté à l’occasion d’une conférence au Sommet de l’élevage par Caroline Monniot de l’Institut de l’élevage.

« La consommation de viande bovine se maintient mais descend en gamme » selon Caroline Monniot de l’Idele
© Institut de l'Elevage
Caroline Monniot de l'Institut de l'élevage

 

Quelles sont les effets de la hausse des prix sur la consommation de la viande bovine en France ?

Caroline Monniot - Nous n’observons pas de déconsommation de la viande bovine en France jusqu’à présent. Le disponible consommable se trouve finalement relativement stable malgré le renchérissement des prix. Sur les douze mois de l’année 2022, il affiche + 1 % par rapport à 2021. Et sur le premier semestre 2023, la consommation s’est un peu érodée, mais de seulement 1 % par rapport à la même période, en 2022.
L’inflation évolue pourtant en France, depuis le début de l’année 2023, sur la même ligne que dans l’ensemble de l’Union européenne (UE). Elle s’était déclarée avec un peu de retard sur l’alimentaire en général, et sur les viandes de bœuf et veau en particulier.

Y a-t-il de nouveaux arbitrages sur la viande bovine, dans les achats des ménages ou en restauration ?

C. M. - Les ventes au détail de steaks hachés en grandes surfaces sont toujours très soutenues. Sur l’année 2023, elles sont supérieures en valeur à celles de l’année 2022. Il faudrait déduire l’effet de l’inflation, mais en volumes, nous estimons que ce produit se vend toujours assez bien en frais, et encore plus en surgelé.
En restauration hors domicile, il se mange de plus en plus de viande bovine. Ceci correspond à une évolution des habitudes, et la même tendance est observée dans les autres pays de l’UE. Le chiffre d’affaires sur l’ensemble du secteur de la restauration a augmenté de 14 % sur les six premiers mois de l’année 2023, dont près de 5 % (chiffre de l’Insee) est imputable à l’inflation. Il y a donc aussi une forte augmentation des volumes. Et dans la restauration rapide, où le bœuf est très présent, le chiffre d’affaires a progressé de 16 % en valeur sur le premier semestre 2023.

La consommation se maintient mais quelle place y occupe la viande d’importation ?

C. M. - Nous constatons une descente en gamme, notamment dans la restauration hors domicile. Ce secteur avait fait énormément d’efforts pour se recentrer sur l’origine France avant la crise. Mais à l’approche de l’été 2022, il a ouvert la porte à l’import de peur de manquer de viande, en particulier de haché. Non sans craindre que le consommateur ne se détourne du produit - ce que le consommateur n’a pas fait.
Concernant leurs approvisionnements pour l’été 2023, les restaurateurs ne se sont donc plus trop posés de questions, et ils ont conservé une plus grande part de leurs approvisionnements en import. La proportion de la viande bovine d’importation dans la consommation a tendance maintenant à se stabiliser autour de 25 % alors qu’avant la crise du Covid-19, elle était autour de 22 %.
À l’échelle de l’UE, nous voyons que l’origine des viandes importées des pays tiers (hors Royaume-Uni) n’évolue pas : nous trouvons en tête le Brésil, suivi par l’Argentine, l’Uruguay puis les deux pays d’Amérique du Nord (États-Unis et Canada). Les importations de viande bovine en provenance des pays tiers se situent à un niveau intermédiaire entre celui de 2021 et celui de 2022.

Qu’en est-il des exportations françaises de viande bovine ?

C. M. - Nous observons un fort ralentissement des exportations de viande bovine dû en partie à la baisse de la production intérieure. Nous avons perdu des parts de marché chez nos trois principaux clients que sont l’Italie (- 5 % sur le premier semestre 2023), la Grèce (- 6 %) et l’Allemagne (- 9 %), non seulement car nous avons moins de viande à exporter, mais aussi car nous sommes en concurrence avec des pays qui proposent des tarifs plus concurrentiels.
L’Allemagne et la Pologne en particulier ont pris des parts de marché en Italie. L’Espagne n’a fait elle aussi que progresser sur ce marché avec la croissance continue de ses capacités d’engraissement (lire aussi le dossier pages 20 à 33).

Pour en savoir plus

Retrouvez la présentation complète sur le site de l’Institut de l’élevage : https://idele.fr

 

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