« Je rentre dans la démarche étiquette bien-être animal pour garantir l’accès au marché de mes produits de porc»
L’étiquette bien-être animal commence son déploiement en production porcine. Premier opérateur : la filière bio Auchan « Cultivons le bon », qui concerne les 22 éleveurs porcins adhérents d’Unébio. Olivier Cosnard, à Ombrée-d’Anjou, est l’un d’entre eux.
L’étiquette bien-être animal commence son déploiement en production porcine. Premier opérateur : la filière bio Auchan « Cultivons le bon », qui concerne les 22 éleveurs porcins adhérents d’Unébio. Olivier Cosnard, à Ombrée-d’Anjou, est l’un d’entre eux.
« Rentrer dans la démarche de l’étiquette bien-être animal, c’était avant tout le choix d’Unébio, le groupement via lequel mes porcs sont commercialisés. Mais j’ai trouvé ce choix cohérent : je l’ai vu comme un moyen d’accéder au marché, voire de récupérer un peu de prix à l’avenir »
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Eleveur naisseur-engraisseur de porcs bio (80 truies, 220 ha, 2000 porcs/an) à Ombrée-D’Anjou, (49), Olivier Cosnard était plutôt confiant quant au déroulement de son premier audit annuel réalisé dans le cadre de cette démarche : « Le bien-être des porcs, c’était l’une de mes motivations principales pour convertir mon exploitation au bio en 2020. Mes bâtiments sont neufs, tout est aux nouvelles normes ».
Une petite demi-journée
Et effectivement, l’audit réalisé par un contrôleur d’Ecocert a été « une formalité ». « L’auditeur maîtrisait bien la grille, et malgré le nombre de points à vérifier, tout s’est passé en une petite demi-journée. Nous avons visité l’élevage, avant de faire une partie réglementaire au bureau ».
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« Je n’étais pas inquiet, car le cahier des charges bio est déjà très exigeant et il est très proche du cahier des charges pour le niveau A de l’étiquette bien-être », poursuit l’éleveur. « Je n’ai eu que des remarques mineures, sans incidences sur le résultat : il me manquait une pipette d’eau par case pour les porcs en engraissement. Et pour la castration, que je pratique, j’ai eu la même dérogation que pour le cahier des charges bio ».
Stabiliser les ventes
« J’ai eu mon premier contrôle l’an dernier et je vais bientôt avoir celui de 2026. Alors, certes, l’inconvénient, c’est un contrôle de plus, mais cela ne me coûte rien (1). Et en porc bio, on est plutôt habitués ! ». Oliver Cosnard voit ce contrôle supplémentaire comme une garantie d’accès au marché, à une période où le porc bio commence tout juste à sortir la tête de l’eau, avec des ventes qui se stabilisent. « J’ai l’espoir que l’on arrive enfin à un volume cohérent de porc bio sur le marché, que la base de consommation soit désormais solide ».
Pour l’heure, c’est plutôt ce qui se vérifie : les côtes de porc, rôtis et saucisses étiquetés A (tous les éleveurs Unebio ont eu « A ») ont connu des ventes stables depuis 6 mois qu’ils sont commercialisés. Il n’y a pas eu d’effet accélérateur mais pas non plus de baisse. Et donc pas encore de valorisation… « Mais ce n’est que le début », insiste Aurélie Mauget, responsable des relations filières chez Unebio, « l’étiquette bien-être animal n’est pas encore très connue ».
Des audits conjoints Ecocert pour les contrôles des cahiers des charges bio et bien-être sont à l’étude.
Une étiquette qui va se faire connaître
L’étiquette bien-être animal progresse en France : aujourd’hui, il est possible de retrouver des produits portant cette mention dans 70 % de la grande distribution. Cet étiquetage volontaire est géré collégialement par l’Association étiquette bien-être animal, avec les filières, les ONG et des experts scientifiques. Il comporte 5 notes de bien-être (de A, niveau supérieur, à E, minimal).
Le poulet de chair a été la filière pionnière : 15 % de la production française est aujourd’hui étiquetée et 40 % des éleveurs (soit 3 700 élevages) ont été audités. Les filières poule pondeuse et porc l’ont suivie.
L’évaluation du bien-être des porcs se fait sur 311 critères : 126 concernent les éleveurs (gestation, maternité, post-sevrage, engraissement), et 185 le transport et l’abattage. Les cahiers de charges des niveaux A, B, D et E sont actés, le niveau C est en cours de finalisation. La filière bio « Auchan, cultivons le bon » est la première à proposer des produits étiquetés (A), depuis juillet 2025.