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« J’ai fait tout mon travail d’astreinte en deux heures et demie », en Ille-et-Vilaine

En Ille-et-Vilaine, Jean-Yves Guémin a grandement simplifié son système d’exploitation pour alléger sa charge de travail. En bio, il est passé en système tout herbe, avec une seule traite par jour et multiplie les astuces en quête de gain de temps.

<em class="placeholder">Jean-Yves Guémin, éleveur laitier</em>
Jean-Yves Guémin « Gagner quelques minutes sur des tâches quotidiennes, cela représente du temps sur une année.»
© C.Julien

« Dès mon stage de pré-installation en 2003, mes maîtres de stage m’avaient mis en garde sur le temps de travail, se souvient Jean-Yves Guémin. C’est un objectif que j’ai toujours eu à l’esprit dans l’évolution de mon exploitation ». Pas à pas, l’éleveur a fait évoluer son système pour arriver aujourd’hui à caler sa journée de travail entre 9 h et 16 h 30, et « un peu plus en période de foin », concède-t-il en souriant. L’astreinte de la traite et de l’alimentation est effectuée en deux heures le matin et Jean-Yves Guémin passera une demi-heure le soir pour nourrir les veaux.

Jean-Yves Guémin élève 42 vaches sur 63 hectares de prairies, dont 31 sont accessibles. Si son système a toujours été très herbager, la part de prairies a augmenté avec le passage en bio en 2010 jusqu’à devenir la culture unique. Les vaches pâturent neuf mois par an et le foin est séché en grange. « Le pâturage réduit le besoin de mécanisation et, en hiver, n’avoir un seul fourrage à gérer facilite le quotidien », souligne l’éleveur.

Simplicité et efficacité comme maîtres mots

Un pas supplémentaire dans la diminution du temps de travail a été franchi en septembre 2021 avec le passage en monotraite: « J’ai fait ce choix pour réduire l’astreinte et ne pas saturer de traire”, explique Jean-Yves Guémin. Quand on travaille seul, assurer une seule traite par jour apparaît beaucoup plus gérable en termes de fatigue comme d’organisation. Une fois la traite faite, je peux me libérer la journée pour faire autre chose », apprécie-t-il. La monotraite permet aussi d’envoyer les vaches pâturer plus loin. « Comme elles font un seul aller/retour par jour, elles vont jusqu’à 900 mètres. En plus, comme je trais plus tard, je leur fais traverser la route qui sépare l’exploitation d’une partie des prairies à une heure où il y a moins de circulation », souligne l’éleveur.

Jean-Yves Guémin branche les huit postes de sa salle de traite en 2 × 4 et pendant la traite, il s’avance sur des petites tâches à proximité du bloc traite comme la buvée des veaux : « En deux heures, tout est fait. Je repasse juste vers 16 h pour donner à boire aux veaux et repousser le fourrage ». Simple et efficace.

Fiche Élevage

1 UTH

42 vaches à 3 500 L/VL

125 000 L produits

63 ha en tout herbe, dont 31 accessibles

Maintien de l’EBE après le passage en monotraite

Le passage en monotraite avec maintien de l’EBE, autour des 50 000 € pour 125 000 litres produits, a été possible grâce à une reprise de terre qui a permis à Jean-Yves Guémin d’élever sept vaches en plus, soit 15 % d’effectif supplémentaire. Cela a permis de compenser la moitié de la perte financière liée à la baisse de production laitière par vache, qui est passée de 5 000 L à 3 500 L en monotraite. En parallèle, la distribution de concentrés a été stoppée. Cette économie, associée à la hausse des taux (de 39 à 45 pour le TB et de 33 à 35 pour le TP) a compensé le reste du manque à gagner.

Pouvoir être facilement remplacé

 

 
<em class="placeholder">fiche de consignes en ferme</em>
A l’entrée de la salle de traite, une fiche rappelle les différentes étapes © C. Julien

Qu’est-ce qui se passerait pour mes vaches si je tombais malade ? « Le bémol lorsque l’on travaille seul sur son exploitation, c’est de s’assurer de pouvoir être remplacé du jour au lendemain », reconnaît Jean-Yves Guémin. Même s’il a beaucoup simplifié son organisation, l’éleveur a tout mis en œuvre pour pouvoir être remplacé au pied levé. Il adhère à une association locale de remplacement. Il a aussi préparé des fiches explicatives pour les postes clés : fonctionnement de l’installation de traite, mise en route et consignes de lavage, alimentation, etc. « C’est utile aussi quand j’accueille des stagiaires. »

Diverses astuces pour gagner du temps et s’épargner de la pénibilité

 

 
<em class="placeholder">bétaillère</em>
Sur sa bétaillère, un fil électrique relie la clôture à une barrière qui s’installe sur le côté. L’éleveur peut, seul et facilement, faire monter les animaux dedans. © C. Julien

 

 
<em class="placeholder">Le remplissage de la tonne à eau se fait avec un pistolet à arrêt automatique. Pas de risque de débordement, pas de temps perdu à attendre la fin du remplissage.</em>
Le remplissage de la tonne à eau se fait avec un pistolet à arrêt automatique. Pas de risque de débordement, pas de temps perdu à attendre la fin du remplissage. © C.Julien

 

 
<em class="placeholder">Au fond des cases à veaux, la paille est stockée en hauteur sur un plancher.</em>
Au fond des cases à veaux, la paille est stockée en hauteur sur un plancher, qui s’ouvre vers l’extérieur pour que les bottes puissent être déposées en tracteur. Pour pailler les cases, il n’y a pas de charge à porter, il faut juste pousser la paille dans les cases ». © C. Julien

 

 
<em class="placeholder">repousse-fourrage maison</em>
Deux pneus sur un support de charrue permettent de mécaniser le repoussage du fourrage, pour un investissement minime © C. Julien

 

 
<em class="placeholder">Dans la salle de traite, les bords des quais sont peints en noir</em>
« Dans la salle de traite, les bords des quais sont peints en noir pour mieux voir les premiers jets. Le niveau de vide s’adapte aux trayons. Leur désinfection automatique fait aussi gagner du temps. © Adage

 

 
<em class="placeholder">installation de séchage en grange</em>
Pour sécuriser l’accès à la cabine de distribution du foin séché en grange, un monte-charge a été installé.. © Adage

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