« J’ai acheté du fourrage sur pied avant les grosses chaleurs »
Matthijs Bartels, livreur de lait dans le Cher, a anticipé la sécheresse en achetant du fourrage sur pied. Mais, malgré ses précautions, les stocks seront justes et la campagne s’annonce coûteuse.
« J’élève 600 chèvres (et bientôt 780) sur 152 hectares en zone AOP Valançay. On a eu le nez creux en achetant du fourrage sur pied suffisamment tôt quand on a vu arriver le sec. On a eu les premiers coups de chaud fin avril et on a vu, dans nos terres à potentiel limité, que les repousses de premières coupes avaient déjà du mal à reprendre. Fin avril, j’ai trouvé un céréalier de l’Indre prêt à me céder une dizaine d’hectares de coupes de luzerne porte-graine. Mais, avec 1,1 tonne de matière sèche à l’hectare, les rendements ont été décevants.
Début mai, j’ai acheté 25 hectares de ray-grass-trèfle sur pied juste avant l’épiaison. J’ai pu en faire une première coupe et la deuxième était non significative. Par endroits, j’ai dû broyer la deuxième coupe car c’était du foin de tige de qualité bien insuffisante pour nourrir les chèvres.
L’année va coûter cher…
On a continué à s’adapter début août en enrubannant du maïs initialement prévu pour du grain. Là encore, les rendements n’ont pas été élevés avec environ 3,2 TMS par hectare. J’ai de la chance car j’ai pu me mettre d’accord avec un voisin irriguant pour lui acheter du maïs grain.
Comme on a un reste d’environ trois mois de stock de fourrages de 2025, on devrait finir 2027 pile-poil pour alimenter le troupeau. On ne va pas réduire l’alimentation des chèvres pour ne pas casser une lactation plutôt bien partie. Par contre, on ne donnera certainement pas d’enrubannage aux chevrettes cette année.
On espérait refaire une coupe d’automne mais on est mi-septembre et on a eu que 20 mm d’eau. Les prairies sont encore jaunes. Je vais devoir sursemer et refaire trois fois plus de prairies que ce que j’avais prévu. Avec des coûts de semence de 140 à 215 euros l’hectare, des achats extérieurs et des coûts de matières premières qui explosent, tout cela va nous coûter bien cher… »