Guerre au Moyen-Orient : 45 millions de personnes supplémentaires pourraient être touchées par la faim si le conflit dure jusqu’en juin
Selon l’Onu, des dizaines de millions de personnes supplémentaires seront confrontées à une faim aiguë si la guerre au Moyen-Orient se poursuit jusqu’en juin prochain.
Selon l’Onu, des dizaines de millions de personnes supplémentaires seront confrontées à une faim aiguë si la guerre au Moyen-Orient se poursuit jusqu’en juin prochain.
Jusqu’à 45 millions de personnes supplémentaires pourraient se retrouver en situation d’insécurité alimentaire aiguë en 2026 si le conflit au Moyen-Orient se poursuit et si les prix du pétrole restent élevés, selon une analyse du Programme alimentaire mondial (PAM), une agence onusienne. La guerre qui fait rage depuis le 28 février dernier a eu pour conséquences le blocage des voies d’acheminement de l’aide humanitaire essentielles, notamment le détroit d’Ormuz, retardant ainsi les livraisons vitales destinées à certaines des zones les plus touchées par la crise dans le monde. Cela porterait le total mondial des personnes confrontées à la faim au-delà de son niveau record actuel de 318 millions de personnes.
Lire aussi : Guerre au Moyen-Orient : quelles conséquences pour la filière laitière ?
Le conflit au Moyen-Orient a des répercussions sur les opérations humanitaires mondiales
Le conflit dans cette région pourrait entraîner la pire perturbation des opérations de secours depuis la pandémie de Covid. « Au-delà des répercussions immédiates au Liban, le conflit a également eu des répercussions majeures sur les opérations humanitaires mondiales. Nous en ressentons vraiment les conséquences », a déclaré Carl Skau, directeur exécutif adjoint du PAM. Les opérations de secours souffrent d’allongement des délais de livraison et d’une augmentation des coûts, alors que l’escalade de la violence au Moyen-Orient se trouve dans sa troisième semaine. « Nos chaînes d’approvisionnement pourraient bien être au bord de la plus grave perturbation depuis la pandémie de Covid et la guerre en Ukraine en 2022 » a ajouté Carl Skau.
Lire aussi : Guerre au Moyen-Orient : l’écart se creuse encore entre prix des engrais et prix des céréales
Augmentation des frais de transport de 18 %
Les frais de transport du PAM ont augmenté de 18 % jusqu’à présent. « Et nous avons des milliers de camions sur les routes chaque jour. Ceux-ci roulent désormais avec un carburant beaucoup plus cher, en raison des prix du pétrole » a expliqué Carl Skau. Il a déploré l’impact de la hausse des coûts, qui « signifie acheter moins de nourriture ou fournir moins d’argent aux bénéficiaires ». Dans ce climat d’incertitudes, l’agence a été contrainte de réduire les rations alimentaires destinées aux populations en situation de famine au Soudan et ne peut venir en aide qu’à un enfant sur quatre souffrant de malnutrition aiguë en Afghanistan.
L’acheminement des produits de première nécessité est menacé
Par ailleurs, le bureau des Nations unies pour les services d’appui aux projets (UNOPS) note que les perturbations de l’espace aérien et des couloirs de transport au Moyen-Orient entraînent déjà des répercussions sur les opérations humanitaires et les chaînes d’approvisionnement commerciales. Cela menace l’acheminement des produits de première nécessité, risque d’entraîner une hausse des prix des denrées alimentaires et met encore davantage à rude épreuve des systèmes de santé déjà fragiles.
Lire aussi : Guerre au Moyen-Orient : plus 70 000 vaches, moutons et chèvres bloqués en mer Rouge et dans le golfe persique
Des millions de familles pourraient être privées de denrées de base
La flambée des coûts mondiaux des denrées alimentaires et des carburants « pourrait priver des millions de familles de denrées de base, en particulier dans les pays dépendants des importations ». En Afrique du Nord et au Moyen-Orient, 5,2 millions de personnes pourraient être confrontées à une insécurité alimentaire aiguë, soit une augmentation de 14 %. En Afrique orientale et australe, ce sont 17,7 millions de personnes qui pourraient être touchées, soit une hausse de 17,7 %. En Afrique de l’Ouest et centrale, 10,4 millions de personnes pourraient être impactées, soit une augmentation de 21 %. En Asie, 9,1 millions de personnes pourraient se retrouver en situation d’insécurité alimentaire aiguë, soit une hausse de 24 %. En Amérique du Sud et aux Caraïbes, 2,2 millions pourraient être impactées, soit une augmentation de 16 %.