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Vente avant récolte : « J’ai engagé 32 % de mon blé 2022, je reste très prudent sur le colza »

Thierry Douce, agriculteur en EARL avec son fils Fabien à Saint-Quentin-le-Petit, dans les Ardennes, se fixe un cadre rigoureux pour vendre une partie de sa production avant moisson. Une stratégie qu'il applique ensuite rigoureusement pour éviter les déconvenues... et les regrets.

Thierry Douce. « Ma stratégie est sécuritaire, elle a pour objectif de finir l’année avec de bons comptes sans que cela m’empêche de dormir. »
Thierry Douce. « Ma stratégie est sécuritaire, elle a pour objectif de finir l’année avec de bons comptes sans que cela m’empêche de dormir. »
© F. Douce

« Pour vendre, je me fixe une méthode de travail avec l’appui de Piloter sa ferme. Notre première mission est d’être sûr que la ferme gagne de l’argent même si le marché se retourne. Cela signifie vendre du physique ou prendre une assurance quand les prix sont rémunérateurs. Pour la récolte 2021, j’ai commencé à marquer les prix à 180 euros la tonne, car c’était au-dessus de mon seuil de commercialisation. Les prix ont monté, mais ce serait une erreur de se dire que l’on n’aurait pas dû vendre. À 300 €/t, nous n’avons pas tout soldé, afin de respecter notre cadre de gestion. Nous le ferons lorsqu’il y aura plus d’éléments baissiers que haussiers.

Je vends environ 30 % de mon blé tendre avant récolte. Avec les prix rémunérateurs, j’ai déjà couvert 32 % de la récolte 2022, et je monterai peut-être à 40 %. J’ai commencé à marquer les prix à 200 €/t, le niveau que je m’étais fixé. Ma moyenne pour 2022 est actuellement de 223 €/t, incluant le stockage. Cela sécurise mon revenu car l’engrais est acheté.

Plus on est loin de la récolte, plus j’applique un seuil exigeant. Pour 2023, il faut tenir compte de la hausse du coût des engrais. J’ai fait mes calculs et me suis fixé la limite de 220 €/t. Mais je n’engagerai pas 30 % de la récolte deux ans à l’avance, car il peut se passer beaucoup de choses.

Je suis très prudent en colza en raison des accidents possibles en culture, et parfois du retournement de parcelles, comme en 2020. Le colza est actuellement beau et les prix très intéressants, à 600 €/t, j’ai donc vendu 7 % de la récolte 2022. J’ai acheté des puts avec mon compte Caceis qui me donne accès au marché à terme. Ces options me permettent de sécuriser des volumes supplémentaires contre la baisse sans engager plus de physique.

Ma stratégie est sécuritaire : elle a pour objectif de finir l’année avec de bons comptes sans que cela m’empêche de dormir. Quand les prix sont inférieurs au seuil de commercialisation, on évite de vendre tôt et on marque les prix s’il y a un sursaut au moment de la moisson. »

SAU de 210 hectares en grandes cultures, dont environ 50 % en blé, 40 ha en colza, 35 ha en betteraves, surfaces variables en maïs, orge de printemps, lin textile.
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