Semis de colza : comment se préparer à l’arrivée des prochaines pluies ?
Certains bassins de production de colza sont concernés par des prévisions de pluie en fin de semaine dont le cumul pourrait permettre de semer la culture, après une longue phase de sécheresse. L’itinéraire technique devra être adapté à ces conditions particulières.
Certains bassins de production de colza sont concernés par des prévisions de pluie en fin de semaine dont le cumul pourrait permettre de semer la culture, après une longue phase de sécheresse. L’itinéraire technique devra être adapté à ces conditions particulières.
Les pluies annoncées dans les jours qui viennent vont-elles enfin lancer la campagne des semis de colza ? À la mi-août, peu de colza avait pu être semé, à cause de la sécheresse, comme en Lorraine. « Des pluies sont annoncées en fin de semaine ainsi que la semaine prochaine. Nous espérons que cela permettra de semer les colzas et permettre une bonne levée ensuite », témoigne Constance Richard, de la coopérative Lorca.
L’application Aléa-Pluie de prévision de cumuls de pluie prévoit pour les sept jours à venir une forte probabilité de précipitation supérieure à 15 mm sur une bonne partie de la Normandie, des Hauts-de-France, du Grand-Est, de la Bourgogne Franche Comté, du Sud-Ouest mais pas dans le Bassin parisien ni le Centre, les Pays de la Loire ou le Poitou-Charentes.
Une pluviométrie de 15 mm est nécessaire pour une bonne levée du colza
« Un minimum de 15 mm est nécessaire pour faire lever le colza dans un sol préparé », rappelle Michael Geloën, de Terres Inovia, dans une note publiée mi-août. Les probabilités de cumuls supérieurs à 15 mm dans les deux prochaines semaines sont élevées dans le Nord-Est mais restent soumises à la forte incertitude des régimes orageux. »
Si les semis sont réalisés avant la pluie et que la pluviométrie est effectivement de plus de 15 mm ensuite, les chances d’obtenir une levée précoce, homogène et robuste sont maximisées pour le colza. « Si vous décidez de ne pas intervenir dans les prochains jours en attendant la pluie, rien ne vous empêche ensuite de semer au semoir monograine ou au semoir à disques après une pluviométrie supérieure à 15 mm. En revanche, il vaut mieux éviter les semis combinés avec herse rotative qui assèchent le sol », souligne le spécialiste.
Une fertilisation adéquate et des variétés au démarrage rapide
Faut-il adapter son itinéraire technique à des semis un peu tardifs ? Pour Constance Richard, il vaut mieux privilégier le choix de variétés précoces de colza avec une bonne vigueur de démarrage dans ce cas. « Une fertilisation organique (compost ou fumier) en été améliorera les chances d’obtenir une levée bonne et rapide, de même qu’une fertilisation PK au semis. Il faut faire en sorte que le colza arrive le plus rapidement possible au stade 3-4 feuilles, le rendant plus tolérant aux attaques de ravageurs. »
Attendre la levée pour la fertilisation PK
Michael Geloën conseille d’attendre la levée pour la fertilisation PK, pour éviter d’engager des frais trop tôt. Il recommande en outre de reporter les applications d’herbicide en post-levée (métazachlore seul ou associé). « Pour les situations de forte pression graminées, les applications de napropamide avec incorporation seront possibles en fonction des pluies tombées. » L’ajout de plantes compagnes reste possible, notamment pour améliorer la gestion des insectes d’automne.
Dans le Sud-Ouest, des semis à adapter au type de son sol et à sa gestion après céréale
Dans le Sud-Ouest, des pluies d’orage ont pu permettre de semer des colzas localement. Mais ce n’est pas le cas dans de nombreuses situations. Or, les préparations de sol sont très importantes pour la réussite de la culture du colza. « Dans les sols argilo-calcaires, s’ils ont été préalablement travaillés après la moisson des céréales (déchaumages), une pluie de 10 mm suffira à affiner le travail du sol en cassant les mottes et améliorant la gestion des pailles pour garantir un lit de semences suffisamment fin et nivelé, informent Quentin Level et Quentin Lambert, ingénieurs régionaux de Terres Inovia, dans un communiqué. Mais il convient d’essayer de mener un travail le plus superficiel possible et rappuyer aussitôt avec un rouleau lourd de façon à limiter les pertes d’eau. » Pour d’autres situations (sols argilo-calcaires non travaillés, sols limoneux et boulbènes), les besoins en eau sont plus conséquents pour préparer les sols en profondeur, au moins 30 à 40 mm de pluie sont nécessaires.
Pour les semis en cette année de sécheresse, la graine devra être enfouie assez profondément (4 cm), « pour éviter les germinations stimulées par de trop faibles cumuls d’eau, les sols étant secs en profondeur », explique Terres Inovia. Le semis de colza est important pour la filière elle-même mais aussi dans la rotation culturale. « C’est une tête d’assolement pour la céréale qui suit. En l’absence de colza, le potentiel de production de la céréale est moins bon », remarque Aurore Baillet, de Terres Inovia.