NGT
Satisfaction ou colère : les réactions des professionnels après l’adoption du cadre juridique sur les nouvelles techniques génomiques
Le Parlement européen vient d'adopter définitivement le règlement sur les nouvelles techniques génomiques (NGT). Cette adoption suscite de nombreuses réactions, tantôt satisfaites, tantôt courroucées.
Le Parlement européen vient d'adopter définitivement le règlement sur les nouvelles techniques génomiques (NGT). Cette adoption suscite de nombreuses réactions, tantôt satisfaites, tantôt courroucées.
[Modifié le 18 juin à 17 h]
Après trois ans de négociations, le Parlement européen a adopté le 17 juin le premier cadre juridique autorisant les variétés issues des nouvelles techniques génomiques (NGT ou NBT). Ce nouveau cadre devrait entrer en application à partir de mi-2028. De nombreuses voix s’élèvent, tantôt satisfaites, tantôt en colère pour commenter cette décision.
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La FNSEA et JA satisfaits…
Du côté des avis positifs, on retrouve la FNSEA qui se félicite de la décision du parlement européen via un message sur son compte X en date du 17 juin. Selon elle, « l'Europe dit oui à l'innovation ! » et estime qu’il s’agit « d’une avancée majeure pour nos agriculteurs : ces outils d’innovation sont une chance pour adapter nos cultures au changement climatique, réduire les intrants et renforcer notre souveraineté alimentaire ». Dans un communiqué publié en fin de journée ce même jour, elle ajoute : « Ce socle juridique sur les NGT offre des garanties sérieuses pour permettre une utilisation encadrée et transparente pour les agriculteurs. Cependant, la FNSEA restera extrêmement vigilante sur l’accessibilité de ces nouvelles semences afin qu’elles soient accessibles à tous et adaptées à chaque modèle de production ».
Dans un communiqué du 18 juin le syndicat JA s'est également réjoui : "Alors que nous traversons une nouvelle vague de chaleur étouffante, les jeunes agriculteurs doivent disposer de tous les outils pour développer des cultures résilientes face à l'aggravation des crises climatiques et sanitaires". Et d'ajouter : "Dans un marché mondialisé de plus en plus concurrentiel, les nouvelles techniques génomiques représentent un gain de temps de recherche considérable pour assurer notre compétitivité".
Enfin adopté ! 👏🟢
L'Europe dit oui à l'innovation !
Le règlement sur les nouvelles techniques génomiques (#NGT) vient d'être voté au @Europarl_EN.
Une avancée majeure pour nos agriculteurs : ces outils d’innovation sont une chance pour adapter nos cultures au changement… https://t.co/3FCmm8FXRe— La FNSEA (@FNSEA) June 17, 2026
A relire : NGT (ou NBT) : le Conseil de l’UE valide l’accord, vers une conclusion en mai ?
… tout comme Euroseeds
La satisfaction prévaut également chez Euroseeds qui via un communiqué daté du 17 juin assure qu’avec cette décision, « l’Union européenne franchit une étape importante en soutenant l’innovation en sélection végétale et en renforçant son ambition d’un secteur agroalimentaire durable, compétitif et résilient ».La coalition de 30 acteurs du secteur des semences estime que « le nouveau cadre propose une approche équilibrée et fondée sur la science qui permet l’innovation en sélection végétale tout en garantissant transparence, sécurité et clarté juridique sur l’ensemble de la chaîne de valeur agroalimentaire ».
📢 🌱🧬A key milestone for European plant breeding: the EU has adopted the NGT Regulation!
Together with 30 agri-food organisations, we welcome this long-awaited step forward after years of work.
It brings a science-based framework to support innovation, sustainability &… pic.twitter.com/9qt3ANycFE— Euroseeds (@EuroseedsEU) June 17, 2026
A relire : NGT (ou NBT) : pourquoi la Confédération paysanne dénonce des « nouveaux OGM » ?
La Confédération paysanne en colère …
La colère est de mise chez les adhérents de la Confédération paysanne et du réseau de la Coordination européenne Via Campesina (ECVC) qui l’ont exprimée via un communiqué le 17 juin. Selon le syndicat, ce vote « supprime toutes les obligations qui réglementent la dissémination des plantes OGM en Europe ». Il regrette par ailleurs que le Parlement n’ait pas adopté « une série d’amendements essentiels visant à clarifier le droit européen du brevet ». La Confédération paysanne avertit : « Ce nouveau règlement ne tient pas la route, tant sur le plan juridique que sur le plan scientifique. Son incompatibilité avec certaines dispositions des traités européens et avec les obligations internationales de l’Union européenne en matière de réglementation des OGM (Protocole de Cartagène) sont autant de faiblesses qui permettront de contester cette déréglementation inacceptable ». Elle appelle en conséquence « les Etats membres de l’UE qui se sont opposés à cette déréglementation à intenter une procédure d’annulation du règlement auprès de la Cour de Justice de l’Union européenne ».
Le Parlement européen approuve la déréglementation des plantes OGM-NTG mais le combat des paysan·nes européen·nes ne s’arrête pas là ‼️
Retrouvez notre communiqué de presse 👉 https://t.co/YJWQDusrmW pic.twitter.com/euCEEXaZlk— Conf' Paysanne (@ConfPaysanne) June 17, 2026
A relire : Des NGT bientôt cultivées en Europe ?
… tout comme le Synabio ...
Pour le Synabio qui a réagi via un communiqué le 17 juin, « le texte adopté fait le choix de réduire fortement les règles qui permettent de suivre, contrôler et informer sur la présence de ces nouveaux OGM dans les aliments tout au long de la chaîne alimentaire ». Le syndicat s’inquiète du droit à l'information des consommateurs et explique : « en réduisant les exigences de traçabilité et d'étiquetage applicables à une partie des nouveaux OGM, l'Union européenne prend le risque d'éloigner les consommateurs de l'information qu'ils réclament pourtant massivement sur l'origine et les modes de production des aliments ». Pour lui, une certitude demeure : « le label bio continuera à exclure les OGM, y compris ceux issus des NTG, comme le garantit son cahier des charges. Les consommateurs pourront donc continuer à s'y fier ». Le Synabio estime qu’il appartient désormais à l'État français de « prendre ses responsabilités ». Il ajoute : « Comme pour les pesticides, des mesures de prévention des contaminations et de dédommagement des opérateurs s'imposent ».
... et la Fnab
La Fnab, dans un communiqué publié le 18 juin, parle de « recul historique » et ajoute : « Désormais la commercialisation de semences OGM sera possible sans évaluation des risques et sans traçabilité le long de la chaîne de production. Les consommateurs ne pourront pas savoir s’ils consomment des OGM alors que 92% d’entre eux disent vouloir en être informés ». Soulignant que « la bio va continuer à garantir des produits sans OGM grâce à l'étiquetage et à la traçabilité obligatoire sur les semences issues de nouvelles techniques génomiques », la Fnab s’inquiète des contaminations. « Lorsque nos produits sont contaminés par des pesticides et qu'on doit les détruire, rien n'est prévu pour nous dédommager. C'est la même chose pour les OGM, il faut que le gouvernement prévoit un système de gestion de ces risques » estime Loïc Madeline co-président de la Fnab.
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L’Académie d’agriculture de France publie un rapport sur les semences et la propriété intellectuelle
L’Académie d’agriculture de France a publié son rapport Semences et propriété intellectuelle juste avant l’adoption du cadre réglementaire sur les NTG. Elle y défend le certificat d’obtention végétale (COV) et formule cinq propositions pour préserver l’accès aux ressources génétiques et aux technologies, estimant que « le compromis discuté au Parlement n’apporte pas les garanties nécessaires contre les risques de monopolisation » : élargir le mécanisme des licences obligatoires à des conditions équitables et non discriminatoires ; instaurer une exemption totale du sélectionneur cinq ans après la délivrance d’un brevet ; interdire les brevets sur les plantes NGT1 ; créer une base de données officielle et obligatoire recensant les brevets applicables ; obliger le déposant d’un brevet à rendre accessible la variété d’origine non modifiée.
A relire : Les NGT dans le monde, où en est-on aujourd’hui ?
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