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Rotation culturale : une augmentation de 20 % des rendements et des revenus en moyenne dans le Monde par rapport aux monocultures, selon une étude internationale

Les bienfaits de la rotation culturale sont connus pour des questions agronomiques et de régulation des bioagresseurs. Une étude internationale chiffre leur impact par rapport à des monocultures, avec des différences significatives en rendements, revenus et qualité de récoltes.

<em class="placeholder">Paysage en mai, diversité culturale, bocage, haies, colza en fleurs, orge, PAC</em>
L'Europe se caractérise par une rotation culturale plus développée que dans d'autres grandes régions du monde.
© H. Challier

« La pratique de rotation culturale augmente de 20 % les rendements totaux par rapport aux monocultures continues. » Ce chiffre résulte d’une méta-analyse sur des données internationales (3 663 précisément) issues de 738 expérimentations agronomiques sur la période 1980-2024. L’Inrae en rapporte les résultats. L’institut de recherches français a contribué à cette étude internationale coordonnée par l’université agricole de Pékin (Chine).

Plus de gain en rotation culturale avec les légumineuses

L’augmentation moyenne de rendement de 20 % à l’échelle mondiale se montre plus élevée encore quand il y a une légumineuse introduite dans la rotation culturale : + 23 %. Sans légumineuse dans la diversification culturale, la hausse de rendement en moyenne n’est plus que de 16 %. « Les résultats indiquent également que les rendements sont plus stables d’une année à l’autre en rotation qu’en monoculture », ajoute l’Inrae sur la base de cette étude.

Des revenus des agriculteurs augmentés de 20 % en rotation culturale

L’impact de la rotation culturale a également été mesuré sur la qualité nutritionnelle des productions récoltées. « Les apports énergétiques et protéiques des produits sont plus élevés de respectivement 24 % et 14 % dans la situation avec rotation culturale. De plus, cette rotation augmente les quantités fournies de micronutriments tels que le fer, le magnésium et le zinc de 27 %, 17 % et 17 %. » Le rapport ajoute que les revenus des agriculteurs sont augmentés de 20 % en situation de rotations culturales par rapport aux monocultures dans les essais.

L’Europe adopte la rotation culturale, plus que d’autres régions du monde

L’impact positif sur le rendement de la rotation culturale se mesure sur les différentes régions du monde étudiées où ont été extraites les données expérimentales : Asie, Europe, Afrique, Amérique du Sud, Amérique du Nord et Océanie. L’étude relève que la rotation culturale est largement adoptée par les agriculteurs en Europe, comparée à d’autres régions du monde, en raison d'une « réglementation incitative. » D’autres régions montrent des contextes agricoles très différents où la monoculture peut être dominante. L’étude apporte un éclairage particulier.

« En Argentine et Brésil, la rotation de cultures de soja et de maïs permet d’augmenter les rendements en calorie de 118 %, la qualité nutritionnelle de 191 % et les revenus de 189 % par rapport à la monoculture continue de soja. En Afrique de l’ouest et australe, ces gains atteignent respectivement 94 %, 91 % et 89 % avec une rotation de cultures de sorgho et de maïs par rapport à une monoculture de maïs. » La rotation culturale est mise en avant pour la durabilité des systèmes agricoles mais certaines régions du monde en limitent l’adoption.

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