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Pois d’hiver : pourquoi opter pour des variétés récentes ?

Productivité, teneur en protéines, résistance au froid et donc à la bactériose, tenue de tige… les variétés récentes améliorent des caractéristiques clés de la culture.

Rendement et résistance à la verse des pois d'hiver progressent grâce à la génétique.
Rendement et résistance à la verse des pois d'hiver progressent grâce à la génétique.
© Terres Inovia

La sélection variétale continue d’améliorer la génétique du pois d’hiver. Parmi les dix variétés testées par Terres Inovia la campagne passée, Casini, variété de pois jaune, s’est montrée la plus productive avec 105,4 % des témoins, suivie d’Escrime, de Paddle et d’Aviron. Mais le rendement ne fait pas tout. « La résistance au froid, qui peut induire une tolérance à la bactériose, et la tolérance à la verse sont deux autres critères tout aussi importants à considérer que la productivité dans le choix variétal », prévient Dominique Verger, chef produit protéagineux à RAGT Semences.

Le pois d’hiver est une espèce sensible à la bactériose, dont les dégâts peuvent être dévastateurs. Les bactéries profitent des blessures occasionnées par le gel pour pénétrer à l’intérieur des plantes et se développer. Cette maladie a généré d’importantes pertes de rendement en 2021. Les solutions pour remédier à ce problème sont peu nombreuses, si ce n’est de respecter les préconisations de date de semis par secteur géographique et de choisir des variétés ayant un bon comportement face au froid.

Certaines variétés de pois d'hiver offrent désormais une très bonne résistance au froid.

Vis-à-vis de ce critère, la variété Balltrap reste la référence du marché. Cependant, son niveau de productivité est plus faible que les nouvelles références. Des variétés comme Fresnel ou Flokon sont aussi très tolérantes au gel. Casini, inscrite en 2020, montre également un bon niveau de résistance au gel et un bon comportement de tolérance à la bactériose. Nouvelle variété à graines vertes, Paddle est, elle aussi, bien notée sur ces deux critères.

Une bonne tenue de tige facilite la récolte

Selon la région, la sensibilité à la chlorose ferrique peut être un autre critère de choix variétal. Sur des variétés sensibles, les jaunissements occasionnés sont observables dans les sols calcaires, peu perméables ou saturés d’eau. Dans ces situations, le critère de tolérance à la chlorose ferrique a toute son importance. Cette année, Aviron, Balltrap, Casini, Escrime, Frosen et Paddle montrent de très bons résultats pour ce caractère. Une forte expression de chlorose ferrique peut donner lieu à des pertes de 5 à 6 q/ha.

« La résistance à la verse entre aussi dans les critères de choix de la variété, souligne Félicien Bullot, chef produit oléo-protéagineux chez Florimond-Desprez. Un pois versé rend la récolte difficile et dégrade la qualité du grain. » C’est même parfois une raison d’abandon du pois par les producteurs. Néanmoins, les améliorations génétiques apportent une meilleure tenue de tige, avec des hauteurs à la récolte notées moyennes à hautes. D’après les résultats d’essais de Terres Inovia, les meilleures tenues de tige sont observées sur les variétés Aviron, Fresnel et les trois nouveautés Casini, Faquir et Paddle.

De plus en plus d’intérêts pour la protéine

Les semenciers fondent beaucoup d’espoirs sur le développement de la culture du pois d’hiver. Pour eux, le plan protéines est une aubaine qui encourage la recherche et structure la filière. « La demande des industriels pour cette culture est croissante tant pour l’alimentation animale qu’humaine, avec des nouvelles utilisations », précise Félicien Bullot. Sur les 24 essais (sur 29) retenus pour constituer la synthèse nationale, Terres Inovia a mesuré une teneur en protéines de 22 % pour un rendement moyen s’élevant à 44,4 q/ha, plus faible que les trois dernières années.

Dans les essais, Les variétés Balltrap et les deux inscriptions 2020 Faquir et Paddle présentent une teneur en protéines assez intéressante. « À l’heure actuelle, le taux de protéines importe surtout pour le collecteur, indique Dominique Verger. L’agriculteur considère encore peu ce critère dans son choix variétal. » En 2021, plus de 200 000 hectares de pois protéagineux ont été cultivés en France. Ces dernières années, le pois d’hiver représentait 25 % de la sole.

 
 

Semis : la bonne dose à la bonne date

 

 
Selon la région, les dates optimales de semis ne sont pas les mêmes. © Terres Inovia
Pour réussir l’implantation du pois d’hiver, Terres Inovia préconise un semis après le 25 octobre, quelle que soit la région. L’objectif est double : d’une part, garantir un stade compris entre 2 et 5 feuilles avant l’entrée de l’hiver, stade durant lequel la plante est la plus résistante au gel ; et d’autre part limiter le risque de développement de bactériose à cause des dégâts provoqués par le gel tardif. Pour une même variété, une différence de rendement de 20 à 45 q/ha est possible d’une région à l’autre.

 

Les pois d’hiver doivent être semés sur un sol non tassé. La profondeur varie de 3 à 4 cm en sol limoneux et de 4 à 5 cm en sol de craie ou argilo-calcaire. Pour éviter une biomasse trop importante et limiter la verse, la densité de semis ne doit pas être trop élevée : 60 à 70 graines/m² en sol limoneux, 80 à 90 graines/m² en sols caillouteux et 115 graines/m² en sol de craie.

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