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Orges : la tolérance à la JNO se généralise en variétés fourragères, pas encore en brassicoles

La tolérance à la JNO (jaunisse nanisante de l'orge) s’étend dans les parcelles d’orges fourragères. Mais la variété brassicole comportant ce caractère tarde à arriver, exigences technologiques de la filière oblige.

Contre la JNO à l'automne prochain, les deux-tiers des surfaces d'orges fourragères seront semées avec des variétés tolérantes à ce virus transmis par des pucerons. © Arvalis
Contre la JNO à l'automne prochain, les deux-tiers des surfaces d'orges fourragères seront semées avec des variétés tolérantes à ce virus transmis par des pucerons.
© Arvalis

Le virage des orges tolérantes à la JNO est pris pour les variétés fourragères. « En culture, 30 à 35 % des surfaces en orges six rangs sont cultivées avec ces variétés, précise Isabelle Chaillet, Arvalis. En surface de multiplication, c’est le double, et l’on peut donc augurer d’un doublement de ces orges en cultures pour les prochains semis. Dorénavant, les escourgeons fourragers qui ne présentent pas le caractère de tolérance à la JNO ne peuvent plus trop se développer. »

Bonavira, KWS Feeris, LG Zenika sont les escourgeons JNO inscrits en France en 2021. Ils s’ajoutent à KWS Filante, LG Zodiac, Perroella et Sensation en 2020, sans compter les variétés passant par le catalogue européen.

« Pour les orges d’hiver deux rangs, les surfaces en variété tolérantes à la JNO représentent quelques pourcents pour le moment, mais elles devraient doubler également aux prochains semis », selon la spécialiste d’Arvalis. Les dernières nouveautés en la matière sont Idilic, LG Caïman, Orione et Spazio.

 

 
KWS Exquis est la seule nouvelle variété d'hiver (en observation) à intégrer le tableau des "préférées" de la filière brassicole. © Brasseurs et Malteurs de France

Des variétés brassicoles JNO à l’échéance 2022

La société LG (Limagrain) promet aussi des variétés brassicoles JNO à l’échéance 2022. Pour l’heure, le semencier met en avant ses orges fourragères. « Après Rafaella, notre gamme s’est élargie, notamment avec LG Zebra (inscription européenne) qui devient la référence en matière d’orge six rangs fourragères JNO avec de très bons rendements, un PS élevé, une tolérance à la verse et à la casse tige, présente Maxime Sergent, chef de marché céréales à paille chez LG. LG Zenica montre une tolérance à la mosaïque Y2 en plus de celle à la JNO. Nous proposons également LG Caïman qui est l’une des rares orges d’hiver deux rangs fourragères avec la tolérance à la JNO et une bonne productivité. » Idilic est l’autre orge deux rangs du catalogue français tolérante à la JNO auxquelles s’ajoutent des variétés du catalogue européen.

Secobra Recherches n’est pas en reste pour la recherche de variétés brassicoles tolérantes à la JNO. « Nous avons quatre de ces variétés en dépôt à l’inscription, expose Florent Cornut, responsable développement chez Secobra Recherches. Jusqu’à présent la tolérance à la JNO s’accompagne d’une mauvaise qualité brassicole à cause de la présence, dans le processus de sélection, de variétés de type Amistar, une des premières obtentions tolérantes à la JNO mais de qualité médiocre. Cela se ressent sur la descendance. Avec le temps, d’autres géniteurs avec le pedigree de parents de meilleure qualité vont permettre l’obtention des orges brassicole JNO attendues par le marché. »

 
La JNO se traduit par des symptômes de jaunisse des feuilles et de nanisme des plants. © Arvalis

 

Secobra Recherches s’appuie pour l’heure sur sa dernière nouveauté, Dementiel. Selon Isabelle Chaillet, « Dementiel est au moins aussi productive que KWS Faro et permet d’enrichir le choix variétal sur ce point en orge d’hiver brassicole ». Florent Cornut confirme : « elle a présenté de très bons résultats au pilote IFBM mais ce sera sans doute la dernière variété conventionnelle non JNO développée sur le marché ».

(1) Comité bière malt orge

La résistance à la JNO n’est pas totale

Les variétés d’orges dites tolérantes à la JNO subissent les mêmes attaques des pucerons que les variétés sensibles, mais l’infection virale s’exprime beaucoup moins. En situation de forte exposition aux pucerons, il subsiste une légère perte de rendement, nettement plus faible que celle observée avec des variétés sensibles. Face à une pression moyenne d’insectes, un traitement insecticide ne permet pas de gagner en rendement. Arvalis recommande malgré tout d’éviter les semis trop précoces de variétés tolérantes à la JNO, pour réduire le risque de pieds chétifs, maladie transmise par des cicadelles.

 

Des insecticides et traitements tardifs contre les pucerons

Sans l’usage de variétés tolérantes à la JNO, il existe différents moyens de lutte contre les pucerons à l’automne. Des insecticides sont homologués contre ces ravageurs, tous à base de pyréthrinoïdes. Ils sont conseillés si la présence de pucerons dépasse le seuil de 10 % des plantes touchées ou si ces ravageurs sont observés depuis plus de dix jours. Les produits à base de lambda-cyhalothrine (Karaté Zéon) présentent les meilleures efficacités et régularité selon Arvalis, de même que Karaté K (lambda-cyhalothrine + pyrimicarbe), mais ce dernier est plus coûteux. L’institut conseille l’alternance de différentes compositions pour éviter l’émergence de populations d’insectes résistants.

Des semis tardifs moins exposés

Autre technique qui a montré son efficacité : retarder la date de semis. L’intensité de présence de virus est significativement réduite avec les semis tardifs. Avec le décalage du cycle, les moments de sensibilité de la plante coïncident moins avec une météo propice aux attaques des insectes et, de manière générale, à la transmission de virus. Mais certaines années, les conditions climatiques de novembre peuvent être favorables aux pucerons.

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