Ressource en eau
Nappe fluviale : à quoi sert l’expérimentation de recharge R’Garonne du BRGM?
D’ici 2030, le bassin Adour-Garonne figurera parmi les plus affectés par le changement climatique en France, avec un débit divisé par deux. Afin de soutenir les étiages du fleuve Garonne et de préserver les milieux aquatiques, le BRGM a lancé l’expérimentation R’Garonne. Premiers retours.
D’ici 2030, le bassin Adour-Garonne figurera parmi les plus affectés par le changement climatique en France, avec un débit divisé par deux. Afin de soutenir les étiages du fleuve Garonne et de préserver les milieux aquatiques, le BRGM a lancé l’expérimentation R’Garonne. Premiers retours.
D’ici 2030, le bassin Adour-Garonne sera l’un des plus touchés par le changement climatique en France, avec un débit divisé par deux. À cette pression environnementale s’ajoute une croissance démographique estimée à 1,5 million de personnes, accentuant la pression sur les ressources en eau. Le déficit futur pourrait ainsi dépasser 2 milliards de mètres cubes par an. Face à ce défi sans précédent, la recharge maîtrisée des aquifères apparaît comme une solution clé.
Une expérimentation scientifique
Le vendredi 29 mai a marqué la fin de la recharge de la nappe alluviale de la Garonne dans le cadre de l’expérimentation scientifique R’Garonne, menée à Cazères-sur-Garonne par le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) en collaboration avec le Syndicat mixte de l’eau et de l’assainissement de Haute-Garonne (Réseau31). Lancé en 2023, ce projet expérimental à caractère scientifique et technique a pour but de soutenir les étiages du fleuve Garonne et de préserver les milieux aquatiques.
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La recharge maîtrisée de la nappe : une action nécessaire
Les initiateurs du projet estiment que la recharge maitrisée de nappe représente une des actions nécessaires, une action inscrite dans le plan d’adaptation au changement climatique et reprise dans les programmes d’actions de l’Entente pour l’eau, et plus localement dans le projet de territoire Garon’amont porté par le Conseil départemental de la Haute-Garonne. Le principe repose sur un contraste marqué entre les vitesses d’écoulement des eaux superficielles et celles des eaux souterraines.
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Recharger la nappe alluviale de la Garonne
Soulignant qu’une goutte d’eau parcourant la Garonne atteint l’océan en environ dix jours, tandis que la même goutte d’eau parcourt quelques kilomètres par an au sein des nappe souterraines, les initiateurs du projet expliquent que le projet consiste à recharger la nappe alluviale de la Garonne à partir de l’eau du canal St Martory, en période de hautes eaux, de novembre à mai, quand le débit de la Garonne est important. Ce canal est ujourd’hui au service de la production d’eau potable (200 000 usagers desservis) et de l’irrigation (10 000 ha).
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Respecter le cycle naturel de l’eau
L’eau est dérivée gravitairement via le canal secondaire du Tuchan, puis le ruisseau naturel de l’Aygossau afin de l’acheminer vers le dispositif d’infiltration pour alimenter la nappe alluviale. L’eau sera restituée à la Garonne quelques mois plus tard, de façon différée, au moment où on en a le plus besoin (période estivale et d’étiage de la Garonne).Il s’agit donc de favoriser l’alimentation de la nappe alluviale en respectant le cycle naturel de l’eau, expliquent les initiateurs du projet.
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Un démonstrateur à grande échelle
Selon ces derniers, le projet R’Garonne dont le montant est de 2,5 M€, « constitue un démonstrateur à grande échelle, conçu pour lever les verrous scientifiques associés à ce type d’expérimentation, en vue de développer à terme des dispositifs opérationnels. Le caractère innovant de ce démonstrateur de recharge maitrisée de la nappe alluviale réside dans le fort débit d’infiltration concerné, allant jusqu’à 350 l/s, soit de l’ordre de 1 million de m3 par mois ».
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35 piézomètres équipés d’enregistreurs
Plusieurs dispositifs de mesure ont été déployés pour suivre l’évolution des niveaux d’eau et contrôler la qualité du milieu sur le secteur. « Ce réseau comprend 35 piézomètres équipés d’enregistreurs assurant un suivi continu du niveau d’eau, de la température et de la conductivité. Les premières observations confirment le bon fonctionnement du dispositif et mettent en évidence une remontée significative de la nappe alluviale sous l’effet de l’infiltration : une élévation de 2 à 4 mètres a été observée dans un rayon de 800 mètres, et d’au moins 1 mètre sur plusieurs kilomètres à la périphérie » assurent le BRGM et le Réseau31.
Ils ajoutent : « À partir de ces premières observations et par extrapolation des résultats, il est estimé qu’une infiltration continue sur la période considérée pourrait concerner un volume de 7 à 8 millions de m³ pour une surface d’infiltration d’1 hectare. Cette eau serait ultérieurement restituée au fleuve, avec un bénéfice net pour la Garonne de l’ordre de 2 à 3 millions de m³ d’eau rafraîchie, entre 10 et 15 °C ».
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Des résultats présentés au printemps 2027
La suite de cette expérimentation prévoit la collecte des données provenant des différents piézomètres, suivie d’une phase d’analyse approfondie. Les résultats seront ensuite présentés officiellement au printemps 2027. Cette restitution inclura le rapport du BRGM ainsi que celui de Réseau31.