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Moisson 2026 : des rendements globalement satisfaisants en colza

Très précoce, la récolte de colza 2026 confirme des rendements globalement dans la moyenne, malgré une forte hétérogénéité entre régions et parcelles liée au déficit hydrique. La culture prouve sa résilience face aux fortes chaleurs, et affiche de bonnes teneurs en huile.

<em class="placeholder">Colza à maturité.</em>
La production nationale devrait rester proche de celle de 2025 grâce aux hectares supplémentaires, et non aux rendements qui sont en 2026 plus irréguliers et inférieurs.
© MC. Bidault

Avec Christian Gloria

La campagne 2026 en colza est marquée par une précocité rarement observée avec une maturation accélérée des cultures sous l’effet des fortes chaleurs de juin. Selon les dernières estimations d’Agreste, la production nationale de colza serait de 4,7 millions de tonnes, quasiment stable comparé à 2025, fruit de la hausse des surfaces à 1,38 million d’hectares (+ 9 % sur un an). Le rendement 2026, s’il s’avère correct, n’atteindra pas le résultat exceptionnel de 2025 (à 36,7 q/ha en moyenne).

En région, les résultats restent très dépendants des pluies reçues en fin de cycle. Partout, les écarts de rendement reflètent surtout les pluies ou leur absence au mois de juin.

Dans le Grand Est, une très forte hétérogénéité de rendement

Au 8 juillet, 70 % des colzas étaient récoltés dans la zone de collecte de la coopérative Lorca (Moselle et nord Meurthe-et-Moselle). « La moyenne de rendement est de 32 q/ha, avec une hétérogénéité énorme, entre 15 et 48 q/ha selon les parcelles », observe Vincent Leber, responsable céréales de la coopérative. Les 32 q/ha sont dans la moyenne pluriannuelle pour la coopérative.

En termes de teneur en huile, le niveau mesuré sur un tiers de la collecte Lorca pour le moment, était de 44,5 %, un peu en deçà de la moyenne avec encore une importante variation, de 39 à 46 %. « Par ailleurs, la marchandise arrive extrêmement sèche avec un taux d’humidité moyen de 6,4 % à cause de la canicule de fin juin alors que, habituellement, nous sommes plutôt à 8 ou 8,5 », remarque Vincent Leber. 

Cette faible humidité n’a pas d’incidence sur la qualité des graines. L’impact est plutôt sur le portefeuille des agriculteurs. Pour une parcelle à 35 q/ha, on perd par exemple 1,4 q/ha si l’on passe de 9 à 5 % d’humidité à la récolte.

Une récolte dans la moyenne malgré les aléas en Bourgogne Franche-Comté

« Les récoltes sont quasiment terminées dans la région Bourgogne-Franche Comté avec 10 à 15 jours d’avance par rapport à une année classique, énonce Victoire Lefèvre, de Terres Inovia dans la région. C’est d’ailleurs ce qui caractérise le plus l’année 2026 : la précocité de récolte. La moyenne de rendement est de 30,9 q/ha, dans la moyenne, avec de fortes disparités : de 15 q/ha à plus de 50 sur des terres profondes de plaine (Saône-et-Loire, Jura). Les graines sont très sèches : à 5,5 % d’humidité en moyenne. »

« Nous avons également des récoltes très sèches, parfois à 4 ou 5 % d’humidité de la graine, note Emeric Courbet, de la chambre d’agriculture de Haute-SaôneDes agriculteurs ont fait en sorte de récolter très tôt le matin pour perdre le moins possible en humidité des graines et en rendement. » En Haute-Saône chez une cinquantaine d’agriculteurs enquêtés, le rendement moyen était de 33 q/ha.

La coopérative Bourgogne du Sud communique sur des premiers colzas avec de bonnes teneurs en huile à 46 %, et « des rendements qui sont la bonne surprise de l’année, dans les prévisions, voire un peu plus. »

Des Hauts-de-France à la Beauce, des résultats rassurants au fil de la récolte

Dans les Hauts-de-France, Maxime Thuillier, directeur céréales chez Unéal, faisait état au 6 juillet d’une récolte des colzas juste démarrée avec des remontées positives : « Les premiers échos de rendements semblent satisfaisants au-delà de 40 q/ha. »

Les premiers chiffres collectés par La Coopération agricole - Métier du grain, indiquent que les premières parcelles récoltées en Eure-et-Loir et jusqu’en Normandie présentent des rendements compris entre 40 et 45 q/ha, tandis que les régions autour de la Loire affichent des productions proches des 30 q/ha sur les premières coupes réalisées. Dans la région Centre, les échos des opérateurs font état de colzas très bons en qualité. Ils rentrent très secs, à 5-6 % d'humidité, ce qui répond aux attentes des industriels et les teneurs en huile sont supérieures à 45 %. Par contre, les volumes sont un peu inférieurs à la moyenne quinquennale.     

Les premières inquiétudes se dissipent chez Soufflet Agriculture, qui collecte sur une large diagonale allant du Grand-Est au Poitou-Charentes en passant par la Normandie. « Si au début de la récolte, les rendements n’étaient pas bons, autour de 20 q/ha, on tape maintenant sur des 40, 41, voir 42 q/ha dans certaines parcelles. C’est encourageant, indique François Pignolet, directeur collecte. Les résultats s’améliorent en remontant vers le nord et l’est. » 

Les teneurs en huile sont au-dessus de 46 %, « c’est une bonne nouvelle. » Les principaux problèmes de l’année, sont des graines de petite taille et des graines sèches et chaudes qui pénalisent les triturateurs, explique François Pignolet.

Dans la moitié Sud, le colza résiste mieux que les céréales

Plus au sud, les rendements sont généralement plus modestes mais le colza confirme là aussi une meilleure tenue que les céréales à paille dans de nombreuses situations. Les colzas s’en sont « mieux sortis », avec « des rendements dans la moyenne autour de 28 à 30 q/ha », énonce Christian Cordonnier, directeur de la coopérative Terre Atlantique (Charente-Maritime, Deux-Sèvres). « Les teneurs en huile sont bonnes, mais les graines petites. »

Dans le Sud-Ouest, la coopérative Auraïa (Nouvelle-Aquitaine, ouest Occitanie) annonce des résultats corrects : « Le colza a mieux résisté aux conditions climatiques particulières de l’année que les orges et blés, (à l’exception des parcelles noyées pendant l’hiver), et atteint des rendements corrects. » Chez Arterris (PACA - Occitanie), le bilan des colzas semble moins bon qu’en orge et blé, avec des rendements proches des 25 q/ha, précise Clément Roux, directeur du commerce des grains (selon nos confrères d’AgraPresse).

Au final, malgré une fin de cycle difficile, le colza confirme sa capacité à mieux encaisser les épisodes de chaleur que les céréales à paille. La principale inquiétude concerne désormais les semis 2027, qui auront besoin d’un retour de bonnes précipitations dans plusieurs régions d’ici le mois d’août.

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