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Moisson 2020 : « peut-être l’une des pires campagnes depuis 30 ans » pour les céréaliers selon l’AGPB

L’AGPB s’alarme des conséquences économiques de la petite récolte engrangée cette année en grands cultures et demande un plan d’aide d’urgence pour le secteur céréalier.

Pour l'AGPB, la mauvaise récolte 2020 « va accroître les difficultés des exploitations et mettre en péril un nombre significatif d’entre elles ». © G. Omnès
Pour l'AGPB, la mauvaise récolte 2020 « va accroître les difficultés des exploitations et mettre en péril un nombre significatif d’entre elles ».
© G. Omnès

« Avec une production évaluée en deçà des 30 millions de tonnes pour le blé́ tendre, les céréaliers français vont vivre une campagne particulièrement tendue, peut-être l’une des pires depuis 30 ans », s’alarme l’AGPB dans un communiqué daté du 6 août. Cette nouvelle déconvenue qui survient après plusieurs campagnes difficiles « va accroître les difficultés des exploitations et mettre en péril un nombre significatif d’entre elles », estime le syndicat céréalier.

L'AGPB a fait part de sa demande de plan d'aide pour les céréaliers au ministre de l'Agriculture Julien Denormandie le 5 août, à l'occasion d'un déplacement dans le Cher.

Un plan d’aide demandé en urgence pour soutenir les céréaliers

Face à cette moisson jugée « catastrophiques dans plusieurs départements » l’AGPB demande donc un « plan de mesures exceptionnelles » d’urgence incluant :

-la mise en place de cellules de crise dans les départements les plus touchés ;
-le déblocage du fonds d’allégement des charges ;
-l’exonération de la taxe sur le foncier non bâti ;
-l’allégement des charges sociales ;
-une avance des aides de la PAC majorée à 80 % au plus tard le 15 octobre 2020.

Pour le syndicat, les conditions climatiques une nouvelle fois hostiles imposent de mieux s’armer face à ces aléas. L’AGPB demande pour cela de baisser la franchise de l’assurance climatique à 20 %, comme l’autorisent les règles européennes, sans que cette mesure ait été mise en place par la France.

« S’assurer de solutions alternatives viables » en cas de suppression de produits phytosanitaires

Alors que les pucerons ont causé de gros dégâts cette année sur orge et betteraves, l’AGPB appelle à ce que « les suppressions d’autorisation de produits phytosanitaires n’interviennent plus sans l’assurance de la disponibilité de solutions alternatives économiquement viables ».

La suppression des néonicotinoïdes sur betteraves est en effet considérée comme la principale cause de l’explosion de jaunisse sur betterave cette année du fait de la prolifération de pucerons. Les traitements aériens n’ont pas permis d’endiguer la pullulation, et la filière s’inquiète pour son avenir, avec des pertes de rendement qui pourraient dépasser 30 %.

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