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Maladies des céréales : statu quo sur les nouvelles molécules fongicides

Déjà à l’essai depuis des années sur céréales avec des promesses d’efficacité inégalées sur septoriose, les fongicides Adepidyn et Pavecto de Syngenta et Sumitomo Chemical-Philagro attendent encore d’être homologués. Pas avant deux ans…

<em class="placeholder">plants de blé en pots infectés par la rouille brune dans des essais de fongicides sous serre.</em>
Les fongicides Adepidyn et Pavecto sont toujours au stade des essais et non autorisés sur le terrain en France.
© C. Gloria

Les importantes efficacités des fongicides Adepidyn (pydiflumetofen, de Syngenta) et Pavecto (métyltétraprole, de Philagro et Sumitomo Chemical) se confirment d’année en année dans les essais Arvalis. Sur la dernière campagne en regroupement d’essais Arvalis, ces molécules en association avec une autre substance active affichaient des efficacités sur septoriose supérieure de 10 % ou plus par rapport à des produits de référence comme Revystar ou Elatus Era. Sauf que ces molécules ne sont toujours pas autorisées au niveau de l’Union européenne.

Les premiers dossiers de demandes d’autorisation remontent à 2018 pour le métyltétraprole et à 2016 pour le pydiflumetofen auprès des instances européennes. Dans les deux cas, la France est le pays rapporteur pour l’évaluation des dossiers UE. Aux dernières nouvelles, l’arrivée de l’Adepidyn serait programmée pour 2027, selon Arvalis (Syngenta ne veut pas communiquer sur son produit). « Nous espérons de premières utilisations de Pavecto en 2028 », précise pour sa part Karine Poivet, responsable marketing fongicide céréales chez Philagro.

Il peut paraître étonnant de voir une durée aussi longue pour faire autoriser une molécule fongicide quand, dans la même période, l’obtention de l’autorisation du fenpicoxamide (produit Questar, de Corteva agriscience) a pris six ans (première demande en 2014 en Europe et AMM en 2020 en France). « Il peut y avoir des études complémentaires demandées dans le processus d’approbation », souligne Karine Poivet. Cette raison est souvent évoquée pour expliquer un délai dans l’avancée d’un dossier d’homologation.

L’Adepidyn déjà utilisé par les céréaliers outre-Manche

En attendant, l’Adepidyn est homologué dans 55 pays dans le monde selon le site web de Syngenta. Il est notamment utilisable au Royaume-Uni depuis 2024 sous le nom de Miravis Plus, en association avec du prothioconazole. « Pavecto a été autorisé au Japon, où la molécule a été découverte par Sumitomo Chemical. La France est le premier pays en Europe où nous espérons son homologation », précise Karine Poivet.

Le pydiflumetofen est un fongicide de la famille des SDHI comme de nombreux autres produits déjà sur le marché en France, avec des caractéristiques d’efficacité sur septoriose et rouilles en blé. Le métyltétraprole appartient à la famille chimique des QoI, qui comprend les strobilurines. « Ce n’est pas une strobilurine à proprement parler. On a attribué à notre molécule un groupe particulier parmi les QoI (groupe 11a du Frac) et son spectre est différent de celui des strobilurines, explique Karine Poivet. Sa force réside dans sa haute efficacité sur septoriose du blé et sur helminthosporiose et ramulariose sur orge» Les strobilurines se caractérisent plutôt pour leur efficacité sur les rouilles.

Dans les produits sur le marché, deux fongicides majeurs vont bientôt être retirés

Les approbations du cyprodinil et du tébuconazole expireront dans l’année 2026. Les deux molécules sont considérées agissant comme perturbateurs endocriniens. « Il est probable qu’elles ne seront pas renouvelées, la décision appartient aux autorités, précise Jérôme Thibierge, Arvalis. En raisonnant sur la base des délais habituels de retrait à la vente puis d’interdiction d’usage, la saison 2026 pourrait être la dernière pour l’utilisation du cyprodinil et 2027 pour le tébuconazole. » A la base de la composition de nombreux produits (Horizon EW…) peu onéreux, le tébuconazole est très utilisé pour lutter contre la fusariose des épis. Le cyprodinil (Unix Max…), quant à lui, constitue la solution privilégiée contre le piétin-verse sur blé. C’est aussi un produit de référence dans le premier traitement sur orge en association avec d’autres molécules. Il faudra apprendre à se passer de ces fongicides majeurs.

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