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Guerre en Ukraine
L’Ukraine accuse la Russie de lui dérober des céréales et du matériel agricole

Kiev dénonce les agissements des troupes russes qui auraient volé des centaines de milliers de tonnes de grains ainsi que des engins agricoles.

guerre
Le blé est devenu un enjeu stratégique dans la guerre en Ukraine.
© Pixabay

Le chiffre avancé par les autorités ukrainiennes est d’environ 500 000 tonnes de grains volés pour une valeur de 100 millions de dollars et 1,5 million de tonnes seraient stockées dans des silos situés dans des territoires occupés. La Russie a démenti ces accusations alors que sur CNN, Ivan Dedorov, le maire de Melitopol, a expliqué que les soldats combattant pour Moscou proposeraient d’abord d’acheter les céréales ukrainiennes à un prix dérisoirement bas et devant le refus des agriculteurs, ils s’accapareraient alors la marchandise pour tenter de la revendre à des pays tiers en la faisant transiter par camions puis par voie maritime.

Filmé par CNN, un de ces cargos russes aurait tenté de vendre son chargement à l’Egypte puis au Liban qui ont tout deux refusé. Ce dernier aurait alors fait route vers la Syrie. Selon Denys Marchou

Le pillage concerne aussi, selon les autorités ukrainiennes, l’huile de tournesol dont « des dizaines de milliers de tonnes ont été exportées illégalement ». Josef Schmidhuber, haut responsable des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), donne une estimation de 700 000 tonnes mais admet qu’il n’existe aucune donnée chiffrée à ce jour.

Des silos détruits

Kiev dénonce également le vol d’engins agricoles d’une valeur de 5 millions de dollars. Les tracteurs et moissonneuses dérobés n’ont toutefois pas pu être utilisés parce qu’ils étaient équipés de puces GPS qui ont pu être désactivées à distance par le constructeur. Ces machines qui ne pourront donc pas être utilisées vont faire défaut aux agriculteurs ukrainiens déjà bien à la peine. Elles vont être sans nul doute être démontées pour fournir des pièces détachées.

Outre ces vols, plusieurs témoins expliquent que les soldats russes détruiraient des silos remplis de grains, le dernier visé a été signalé en flammes le 31 mai dernier après plusieurs bombardements dans la région de Donetsk. Le ministre de la Défense ukrainien a réagi face à ces destructions volontaires : « Les actions des Russes sont un crime non seulement contre l’Ukraine mais aussi contre la sécurité alimentaire de toute l’humanité ». Ces agissements ont également fait bondir Cem Özdemir, le ministre allemand de l’Agriculture : « La Russie vole et confisque les biens et les céréales dans l’Est de l’Ukraine. C’est une manière particulièrement répugnante de mener la guerre ». Ces propos ont été tenus à la mi-mai en marge d’une réunion du G7 visant à trouver des solutions pour aider l’Ukraine à exporter sa production. Depuis le début de la guerre, Moscou bloque en effet les ports ukrainiens dont Kiev, le cinquième exportateur mondial de blé. « La communauté mondiale doit aider l’Ukraine à débloquer les ports maritimes, sinon la crise énergétique sera suivie d’une crise alimentaires et de nombreux pays y seront confrontés » a prévenu Volodymyr Zelensky, le président ukrainien, le 21 mai dernier.

Les rendements pourraient fortement chuter

La situation est d’autant plus critique que, selon les autorités ukrainiennes, 20 millions de tonnes de céréales doivent quitter les silos du pays avant la prochaine récolte. Le ministère de l’agriculture ukrainien a annoncé  fin mai que six régions (sur 24 que compte la pays, ndlr) avaient terminé leurs semis de printemps malgré l’invasion russe. Selon certaines prévisions, étant donné que les agriculteurs n’ont pas pu cette année semer autant de blé qu’auparavant, le rendement de la prochaine récolte pourrait chuter de 35 %. La situation en Ukraine est donc critique et certains se remémorent une sombre période de l’histoire du pays : la famine organisée par Staline au début des années 1930 pour faire plier les Ukrainiens en tant que paysans récalcitrants vis-à-vis du régime soviétique mais aussi de leurs liens supposés avec l’Europe. Cette extermination par la faim dénommée holodomor a décimé près de cinq millions d’Ukrainiens.

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