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Les énergies renouvelables à la ferme en 5 graphiques

Bien que le dernier recensement précis des activités de production d'énergie renouvelable à la ferme remonte à 2015, le constat est clair : ce type de diversification monte en puissance sur les fermes françaises. Tour d'horizon des points clés de l'énergiculture tricolore.

 © Réussir
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En juillet dernier, un rapport de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) faisait le point sur « l’agriculture face au défi de la production d’énergie ». Le document, qui balaie l’ensemble des composantes de ce dossier complexe, appelle dans ses recommandations à « favoriser la production d'énergie et sa consommation dans le secteur agricole, à travers des incitations, permettant d'encourager l'attractivité des modèles d'affaires pour les agriculteurs, en adaptant les tarifs réglementés » et « en utilisant le levier de la fiscalité agricole ».

Les parlementaires insistent sur le fait que « les cultures alimentaires doivent toujours primer sur les cultures strictement énergétiques », mais n’invalident pas le scénario de l’Ademe publié en 2018 prévoyant une forte hausse de la production d’énergie par l’agriculture.

L’agriculture produit 20 % des énergies renouvelables françaises

 

 
© Réussir / Ademe
La production d’énergies renouvelables par l’agriculture est évaluée à 4,6 millions de tonnes équivalent pétrole (Mtep), soit environ 20 % de la production nationale d’énergies renouvelables (EnR), toutes origines confondues, ou 3,5 % de la totalité des énergies produites en France. Les besoins directs en énergie de l’agriculture (excluant la consommation liée à la fabrication des engrais et intrants) sont estimés à 4,5 Mtep, principalement consommés sous forme de pétrole par les machines agricoles.
 

Les biocarburants et l’éolien très majoritairement issus de l’agriculture

 

 
© Réussir / Ademe
Les biocarburants sont à près de 100 % d’origine agricole (96 % selon les dernières données Ademe datant de 2015). Ils sont majoritairement produits à partir de colza (esters d’huiles végétales ou biodiesel) et de céréales ou de betteraves (bioéthanol).

L’énergie éolienne provient elle aussi très largement de l’agriculture (à 83 % en 2015). L’éolien terrestre nécessite en effet de l’espace pour l’installation des parcs, qui se situent majoritairement sur des exploitations de grandes cultures.

Environ un quart du biogaz était produit sur des fermes en 2015. En 2020, on comptait une centaine de méthaniseurs agricoles injectant de biogaz dans le réseau. La remise en cause de la tarification fait toutefois planer des doutes sur l'avenir de cette filière.

 

Les biocarburants, grands leaders de la production d’énergie agricole

 

 
© Réussir / Ademe
La moitié de l’énergie produite par l’agriculture l’est sous forme de biocarburants, soit 2,2 Mtep en 2015.

L’éolien arrive au deuxième rang des énergies agricoles. Avec 1,3 Mtep en 2015, ce secteur représentait près d’un tiers du total des EnR issues de l’agriculture.

La méthanisation représentait en 2015 un peu moins de 20 % du total. Ce procédé a néanmoins connu un fort développement ces dernières années, notamment avec l’injection.

Le photovoltaïque, représente une part bien plus faible, avec 2 % du total (moins de 0,1 Mtep) en 2015.

 

Un impact limité de la production d’énergie sur la SAU française

 
© Réussir / Ademe
Le risque de concurrence pour la production alimentaire est l’une des principales critiques adressées à la production d’énergie par l’agriculture. La part de la SAU française dédiée à l’énergie reste toutefois minime, avec 2,8 % seulement (près de 800 000 ha), quasi exclusivement couverte par les biocarburants.

Avec 15 000 ha, les surfaces en cultures destinées à la méthanisation étaient très faibles en 2015. Le développement des cultures intermédiaires à vocation énergétique (Cive) limite par ailleurs fortement le risque de concurrence. L’impact au sol du photovoltaïque et de l’éolien est minime au regard de la SAU nationale.

 

Gros potentiel de développement pour la production éolienne et de biogaz

 
© Réussir / Ademe

L’Ademe prévoit que plus de 140 000 fermes pourraient s’y consacrer d’ici à 2030, et dépasser 200 000 en 2050, soit une grande majorité des exploitations, contre un peu plus de 50 000 en 2015. La production agricole d’énergie pourrait atteindre 15,8 Mtep en 2050. Le nombre d’installations photovoltaïques pourrait exploser. En termes de production d’énergie, c’est toutefois l’éolien et la méthanisation qui devraient progresser le plus fortement.

Lire aussi : l’éolien vers un nouveau souffle

Le rapport parlementaire de l’OPECST publié en juillet dernier met en cause la pertinence d’accroître les soutiens à l’éolien. Il plaide en revanche la cause de la méthanisation, décrite comme « un mode de production d’énergie vertueux et majeur à privilégier dans le monde agricole » et un « levier pour la transition énergétique ».

Lire aussi : un projet de méthanisation pour pérenniser des fermes en zone intermédiaire

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