[FIVP] Fonds d’indemnisation des victimes de pesticides : plus de 1 000 demandes en 2025
Après une progression record en 2024 (+ 44 %), le nombre de demandes au fonds d’indemnisation des victimes de pesticides a continué d’augmenter en 2025 (+6,8 %), dépassant les 1 000 dossiers dont 94 % d’agriculteurs. Une première pour le FIVP, qui souligne dans son rapport avoir dû piocher dans ses réserves pour payer les victimes reconnues.
Après une progression record en 2024 (+ 44 %), le nombre de demandes au fonds d’indemnisation des victimes de pesticides a continué d’augmenter en 2025 (+6,8 %), dépassant les 1 000 dossiers dont 94 % d’agriculteurs. Une première pour le FIVP, qui souligne dans son rapport avoir dû piocher dans ses réserves pour payer les victimes reconnues.
1 044 demandes reçues en 2025. Une première pour le fonds d’indemnisation des victimes de pesticides (FIVP) qui dresse le bilan de son action sur 2025 dans son rapport annuel publié, sans communication officielle, le 3 septembre 2026.
Le nombre de demandes a continué sa progression en 2025 avec une augmentation de 6,8 % par rapport à l’année précédente. En 2021, première année pleine de fonctionnement du fonds, celui-ci avait reçu plus de 300 demandes, un chiffre qui avait doublé en 2022 et s’était stabilisé en 2023 à près de 700. L’année 2024 avait enregistré une explosion du nombre de dossiers déposés de 44%, soit 978 demandes.
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Qui sont les demandeurs ?
94 % de travailleurs agricoles et une majorité d’hommes
Les demandeurs sont à 94 % des travailleurs agricoles (actifs et non actifs), exploitants ou salariés. Une majorité des demandes viennent d’hommes (92,4 %) travaillant ou ayant travaillé majoritairement dans des fermes polyculture élevage (30 %), de cultures céréalières, légumineuses ou industrielles (13,4 %) ou en viticulture (12,6 %). La part de femmes est stable.
Une majorité de retraités
Les retraités, qui ne représentaient qu’un tiers des victimes lors de la création du FIVP, sont à présent majoritaires (58,9 %). Selon le rapport, « cette évolution s’explique notamment par le fait que le dispositif indemnitaire couvre des personnes non éligibles aux régimes AT-MP (accidents du travail et maladies professionnelles), en particulier les exploitants agricoles retraités avant la mise en place de ce régime obligatoire ». Cette croissance est également induite par la reconnaissance récente du cancer de la prostate lié à l’exposition aux pesticides, avec la création de tableaux « fondés sur un consensus scientifique désormais établi ». Ce cancer est d’ailleurs l’affection prédominante.
De fortes disparités régionales
En 2025, sept régions concentrent la majorité des demandes : l’Armorique (8,8 % des demandes), le Maine-et-Loire (6,7 % des demandes), la Bourgogne (6 % des demandes), le Nord-Pas-de-Calais (5,5 % des demandes), la Picardie (5,1 % des demandes), la Mayenne-Orne-Sarthe (4,8 % des demandes) et la Guadeloupe (4,8 % des demandes). En France hors DROM, la répartition des demandes reçues en 2025 montre un découpage Nord/Sud, avec une concentration plus forte dans les régions du nord du pays. « Les taux de saisine par région sont encore disparates sans explication évidente », déplore Laurent Habert, le président du conseil de gestion, en introduction du rapport. Côté Antilles, les demandes sont stables en Guadeloupe et en Martinique avec des demandes représentant au total 9,1 % des dossiers déposés.
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Le fonds a dû piocher dans ses réserves pour indemniser les victimes
Parmi ce millier de demandes en 2025, 1 024 ont été déposées par des victimes exposées dans le cadre de leur activité professionnelle et 20 concernent des enfants exposés durant la période prénatale. Au final, parmi les 975 décisions rendues, 795 demandes ont été accordées et 180 refusées. Les victimes reconnues peuvent alors percevoir des dédommagements à long terme selon leur pathologie.
L’ensemble des indemnisations versées au titre de la réparation des dommages subis par les personnes exposées aux phytosanitaires a atteint 25,9 millions d’euros en 2025, en augmentation de 35,5 % par rapport à 2024. Pour les financer, le rapport souligne que le FIVP a dû piocher dans ses réserves constituées les années précédentes. Ce n’était pas arrivé depuis sa création par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2020.
Le montant ne cesse de grandir, en lien avec le nombre de demandes, alors que les recettes du fonds, elles, sont en baisse. Et pour cause, les recettes de la taxe sur la vente de produits phytopharmaceutiques qui remplit les caisses du fonds (en plus des cotisations accidents du travail et maladies professionnelles) ont chuté depuis 2023. Le montant de la taxe perçue a diminué, passant de 15,97 millions € en 2024 à 13,61 millions € en 2025, soit une baisse de 14,8 % », précise Anne-Laure Torresin, la directrice du FIVP dans le rapport.