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Eau : pourquoi la FNSEA a-t-elle quitté la réunion du Groupe national captage ?

Depuis la publication de la feuille de route captages en mars dernier et la reprise des travaux du Groupe national captage, l’arrêté de définition d’un point de prélèvement sensible devait être publié d’ici la fin de l’année, mais il ne le sera probablement pas avant l’été prochain. La FNSEA, soutenue par les associations spécialisées grandes cultures, est en désaccord avec le Gouvernement.

Lors de la réunion du Groupe national captage du 16 décembre, la FNSEA a manifesté son mécontentement en claquant la porte.
captage d'eau dans un champ
© Vincent Motin

Lors de la réunion du Groupe national captage (GNC) qui s’est tenue le 16 décembre dernier au ministère de la Transition écologique, l’annonce de la fermeture des négociations avec les organisations professionnelles agricoles, sur des orientations de gestion de l’eau plaçant sous contrainte plus de 20 % de la surface agricole utile (SAU) a conduit la FNSEA à quitter la réunion. C’est ce que le syndicat explique sur son compte X, en affirmant qu’il « défend la diversité des agricultures, mais pas au prix de notre capacité à produire sur nos territoires. Le sujet de l’eau mérite mieux : une stratégie globale, construite avec les agriculteurs, pas contre eux ».

Lire aussi : Vers deux fois plus de captages d’eau protégés : quelles conséquences pour les agriculteurs ?

Des restrictions agricoles supplémentaires dénoncées par les associations spécialisées en grandes cultures

Dans un communiqué commun, les associations spécialisées grandes cultures (AGPB, AGPM, CGB, FOP, UNPT) affirment qu’elles soutiennent pleinement la décision de la FNSEA de quitter la réunion du Groupe national captages, « refusant de cautionner une concertation de façade et la mise en péril des filières »

« Ce changement entrainera mécaniquement des restrictions agricoles »

Elles expliquent : « Par un abaissement de seuils réglementaires strictement franco-français, le Gouvernement s’apprête à reclasser comme « sensibles » des captages d’eau aujourd’hui conformes aux normes sanitaires. Ce changement entraînera mécaniquement des restrictions agricoles et des arrêts de mise en production de terres jusque-là cultivées, sans tenir compte des évolutions déjà engagées par les agriculteurs depuis plusieurs années ».

Lire aussi : Aires de captage d’eau : la Fnab appelle à généraliser l’agriculture bio pour les sécuriser

20 % de la SAU seraient « sous contrainte totale » selon les associations spécialisées grandes cultures

L’arrêté en préparation prévoit de qualifier un captage de « sensible » dès lors que l’eau brute atteint 80 % des normes applicables à l’eau distribuée (EDCH), rompant avec le référentiel actuel fondé sur l’analyse de l’eau brute. 

« Cette approche, fondée sur une logique de précaution extrême sans risque sanitaire, pourrait conduire à placer plus de 20 % de la surface agricole française, soit plus de 5 millions d’hectares, sous contraintes totales, avec à la clé une perte de valeur des terres, une désorganisation profonde des filières et un recul assumé de la production sur des cultures stratégiques comme le blé, le maïs, les oléagineux, la betterave ou la pomme de terre » dénoncent les associations.

Elle demandent au Gouvernement de « revoir immédiatement sa position, de rouvrir un dialogue réel avec la profession agricole et de mesurer enfin les lourdes conséquences économiques, agricoles et territoriales de ces choix ».

Lire aussi : Quelle part de surfaces bio sur les zones de captage d’eau potable ?

Générations Futures dénonce « une pression inacceptable » de la FNSEA 

De son côté, Générations Futures dénonce « une pression inacceptable » de la FNSEA et de Chambres d’agriculture France dont un représentant a également quitté la réunion du 16 décembre. Cette pression selon l’organisation non gouvernmentale, « ne doit pas occulter le fait qu’il y a un réel consensus entre la plupart des membres du GNC (associations environnementales, collectivités territoriales, services de l’Etat, certains acteurs agricoles) pour maintenir une action ambitieuse en faveur de la protection de la ressource en eau et au regard des informations transmises ».

A relire : Plan Eau : quelles mesures pour l’agriculture ?

Générations Futures demande la mise en consultation « le plus rapidement possible » de l’arrêté

Générations Futures demande au Gouvernement de respecter les engagements inscrits dans la « feuille de route captages » et réclame la mise en consultation le plus rapidement possible de l’arrêté et le maintien des points suivants dans son contenu : le seuil de 80 % des seuils applicables aux eaux distribuées appliquées aux eaux brutes pour le classement en tant que point de prélèvement sensible et le maintien des pesticides interdits dans les paramètres pris en compte. 

« Une identification pertinente et complète de tous les captages sensibles ne pourra être réalisée sans un renforcement de la surveillance de la qualité des eaux brutes »

L’association demande aussi l’intégration des métabolites de pesticides non-pertinents en tant que substance individuelle et entrant dans le paramètre « total pesticides », ainsi que des perchlorates et de PFAS supplémentaires (TFA et 6:2 FTS) dans les paramètres servant au classement.  Elle rappelle par ailleurs qu’une « identification pertinente et complète de tous les captages sensibles ne pourra être réalisée sans un renforcement de la surveillance de la qualité des eaux brutes et l’élargissement des paramètres recherchés. Il est impératif d’intégrer à la surveillance tous les métabolites de pesticides à risque ainsi que les PFAS supplémentaires identifiés dans la récente campagne exploratoire de l’Anses, en premier lieu le TFA ».

Relire : Pesticides : la Draaf de Nouvelle-Aquitaine condamnée à transmettre les registres phytosanitaires à Générations Futures

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