Blé dur : le financement du Plan de souveraineté chute de 43 à 28 M€
Réunis le 6 février à La Rochelle, les représentants de la filière blé dur ont annoncé une baisse du financement du Plan de souveraineté, ramené de 43 à 28 millions d’euros, notamment en raison du recul de la contribution de l’État. Malgré ce repli, la profession se veut optimiste : les travaux ont déjà démarré sur plusieurs volets du programme.
Réunis le 6 février à La Rochelle, les représentants de la filière blé dur ont annoncé une baisse du financement du Plan de souveraineté, ramené de 43 à 28 millions d’euros, notamment en raison du recul de la contribution de l’État. Malgré ce repli, la profession se veut optimiste : les travaux ont déjà démarré sur plusieurs volets du programme.
Lancé en 2024 pour enrayer le recul de la production française de blé dur, le Plan de souveraineté et de développement de la filière peine à se concrétiser. L’élaboration de ce dispositif, stratégique pour la filière, a nécessité « une énergie redoutable », indique Frédéric Gond, président du comité de pilotage, qui martèle « on ne lâche rien. » Budgétisé à hauteur de 43 millions d’euros (M€) sur 5 ans, son financement serait réduit à 28 M€ selon les estimations de la filière.
La contribution de l’État, prévue à 11 M€, serait revue à la baisse à 7,5 M€, en raison de l’instabilité gouvernementale et des restrictions budgétaires. Ce recul étatique a entraîné dans la foulée, une diminution des engagements privés, indique la profession sans donner plus de précisions, d’où un financement global revu à la baisse.
Cette contraction budgétaire intervient dans un contexte de recul structurel de la production française de blé dur, avec des surfaces qui ne cessent de baisser. Néanmoins, la profession veut rester confiante : « Malgré les difficultés rencontrées, le blé dur reste une valeur sûre et la filière a des atouts », souligne Frédéric Gond.
Un Plan de souveraineté en trois volets avec certains financements actés
Piloté par l’interprofession avec l’appui des semenciers, des instituts de recherche, et des industriels, le plan comporte trois volets. Le premier, intitulé « Sécurisation », est axé sur la faisabilité d’une assurance complémentaire aux dispositifs existants, et sur le développement de la contractualisation. Sans budget global rendu public, ce volet aurait bénéficié, selon les acteurs de la filière, d’un soutien de FranceAgriMer de 100 000 €.
Le second volet, « DuraSel », est dédié à la recherche variétale, pour élaborer des variétés adaptées aux différents terroirs, et plus résistantes au stress hydrique et aux maladies. Malgré le chiffrage par la filière d’un besoin à 5 M€ sur 5 ans, la ministre Annie Genevard, avait annoncé, lors d’un déplacement en Provence en juillet dernier, une participation de l’État moindre, à hauteur de 3 M€ sur 3 ans. Frédéric Gond indique que l’État devrait confirmer cet engagement très prochainement : « Nous avons eu l’assurance que la signature du programme DuraSel aurait lieu au Salon de l’agriculture 2026. »
Enfin, le troisième, « Blé Car Dur », relatif à la décarbonation de l’ensemble de la filière, en jouant notamment sur la nutrition azotée de la culture, a d’ores et déjà reçu un financement de 2,2 M€ (Casdar), révèle Mathieu Killmayer, animateur de la filière blé dur chez Arvalis et pilote de ce volet.
Une filière confiante malgré la baisse des soutiens publics
Le soutien public passerai ainsi, de 11 M€ à 7,6 M€ environ, dont 2,3 M€ actés à ce jour. Malgré les retards de financement pris, deux volets du plan ont déjà démarré : « Vu les délais d’instruction de l’État imposés par la conjoncture, nous n’avons pas attendu pour commencer à travailler. Des essais ont déjà été lancés dès la campagne antérieure pour le volet décarbonation, et dès l’automne dernier pour le volet génétique », indique Frédéric Gond. Ce dernier se veut confiant quant à l’accomplissement des objectifs du plan, à savoir proposer des solutions à la fois productives, qualitatives, et durables pour la filière.
Benoît Piétrement, président d’Intercéréales, confirme les fortes attentes de la profession : « La filière Blé dur est une filière d’excellence. Or, elle ne pourra le demeurer que si elle est largement soutenue par les pouvoirs publics. Nous attendons beaucoup de la mise en place du Plan de souveraineté Blé dur, notamment pour enrayer le déclin des surfaces mais aussi pour promouvoir la souveraineté de cette filière. »