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« Avec la filière blé La Belle Terre, j’espère une marge proche de celles des semences »

Mickaël Proust, agriculteur sur 300 ha de grandes cultures à Saint-Symphorien (Deux-Sèvres), cultive du blé pour la filière La Belle Terre qui exclut les phytosanitaires entre la levée et la récolte. Le cahier des charges n’est pas aussi drastique qu’en bio, mais dégage une valeur ajoutée significative.

Mickaël Proust s'est engagé dans la filière La Belle Terre pour augmenter la valeur ajoutée de son blé, sans avoir à passer au bio, inadapté à son parcellaire morcelé de 300 hectares. © V. Bargain
Mickaël Proust s'est engagé dans la filière La Belle Terre pour augmenter la valeur ajoutée de son blé, sans avoir à passer au bio, inadapté à son parcellaire morcelé de 300 hectares.
© V. Bargain

« Je suis seul sur un parcellaire éclaté de 300 hectares, mon exploitation n’est donc pas adaptée au bio. J’ai choisi de réduire mes coûts de production en mutualisant matériel et main-d’œuvre avec un voisin, et de me diversifier, pour limiter les risques, avec des cultures à forte valeur ajoutée. Je cultive 13 espèces, dont 60 ha de semences de soja, betterave sucrière, blé tendre, blé dur, orge et pois… Je me suis engagé dans la filière La Belle Terre en 2020, pour augmenter la valeur ajoutée sur le blé. En 2021, j’en cultive 5 ha, avec Absalon sur 3 ha et Izalco sur 2 ha.

Toutes les parcelles ne conviennent pas pour ce cahier des charges. En 2020, je n’avais pas ciblé les bonnes parcelles et le résultat avait été décevant. En 2021, j’ai retenu des parcelles propres, notamment sans graminées qui posent de plus en plus de problèmes. J’ai positionné le blé après un maïs, qui casse le cycle des adventices des cultures d’hiver. Je dois aussi veiller à ne pas salir la parcelle, ce qui nuirait aux cultures suivantes. Au maximum, je peux en faire 10-15 ha.

J’ai semé ce blé à 350 grains/mètre carré au 17 novembre, plus tard que la période de semis habituelle du 15 au 30 octobre, afin de limiter l’enherbement. J’ai fait un désherbage en post-semis prélevée. Je peux ensuite utiliser la herse étrille de la Cuma, mais je n’en ai pas eu besoin en 2021. La seule intervention a été un apport de soufre contre la septoriose. Mon épandeur d’engrais de 36 mètres de large est équipé d’un système de modulation de dose. En 2021, j’ai apporté 162 unités d’azote sur Absalo, 190 uN sur Izalco, et 140 kg/ha de 18-46.

Un objectif de rendement de 55-60 q/ha

En moyenne, mon rendement en blé est de 65 q/ha. En blé La Belle Terre, mon objectif est de 55-60 q/ha. Cela permettrait une marge équivalente à celle du blé semence. De telles pratiques sont intéressantes en termes d’image et répondent aux attentes sociétales. »

100 ha de blé tendre, 43 ha de maïs, 33 ha d’orge, 26 ha de colza, 24 ha de tournesol, 20 ha d’œillette, 17 ha de pois protéagineux, 15 ha de lin oléagineux, 10 ha de luzerne, 8 ha de blé dur, 8 ha de pois potager, 6,5 ha de betterave sucrière, 6 ha de soja.
Rédaction Réussir

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