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Agriculture régénérative
Agroécologie : éprouvé sur plus de 250 000 ha, l’indice de régénération est désormais reconnu scientifiquement

L’indice de régénération (IR), outil de mesure des pratiques agroécologiques, a fait l’objet d’une publication scientifique en décembre 2025. Une « validation » de la méthodologie qui « confirme la robustesse scientifique » de l’outil, déjà déployé sur 260 000 hectares en France, se félicite l’association Pour une agriculture du vivant qui en est à l’origine. 

Diagnostic d'un sol agricole par trois personnes avec leurs outils dans le cadre du calcul d'un indice de régénération.
75 % des diagnostics ont été réalisés sur des grandes cultures et des productions légumières de plein champ, 15 % en arboriculture, 5 % en viticulture.
© Julie Le Com

Créé en 2018 par l’association Pour une agriculture du vivant (PADV), l’indice de régénération (IR) a fait l’objet en décembre 2025 d’une publication scientifique dans la revue Sustainable Futures. « Cette validation confirme la robustesse scientifique et l’intérêt agronomique d’un outil déjà déployé sur le terrain pour mesurer, piloter et valoriser les trajectoires de transition agroécologique », se félicite PADV dans un communiqué diffusé en janvier. L’étude, menée par une équipe de chercheurs notamment de l’Inrae, du Cirad, du CNRS, et du Muséum national d’histoire naturelle (MNHN), présente en particulier la méthodologie utilisée pour l’IR. Celle-ci attribue un score à des pratiques agricoles à partir de 12 indicateurs systémiques au niveau du sol (couverture et travail du sol, cycle du carbone, fertilisation azotée), des plantes (gestion phytosanitaire), des paysages (biodiversité cultivée et non-cultivée, agroforesterie) et des agriculteurs (connaissances et partage de connaissances). L’objectif de l’association est d’aboutir à des pratiques régénératives qui « maintiennent ou restaurent la vie du sol », « favorisent la biodiversité », et qui « améliorent la capacité des sols à stocker le carbone et filtrer l’eau ». 

Lire aussi : Agriculture régénérative : vers une réorientation des aides de la PAC en fonction d’indicateurs de résultats ?

260 000 hectares déjà couverts par l’indice de régénération, surtout en grandes cultures et en production légumières 

Selon l’association Pour une agriculture du vivant, l’indice est déjà déployé sur 260 000 hectares de terres agricoles en France, avec 4500 diagnostics réalisés. 75 % ont été réalisés sur des grandes cultures et des productions légumières de plein champ, 15 % en arboriculture, 5 % en viticulture. Des diagnostics sont aussi réalisés en élevages bovins (4 % des diagnostics en bovin lait et 1 % en bovin viande). En plus de mesurer et piloter les progrès agroécologiques des exploitations suivies, l’indice de régénération permet de faire financer la transition par des acteurs publics et privés, soutient PADV. Car il établit un « référentiel scientifique », qui peut être réutilisé pour « financer les surcoûts et investissements liés aux nouvelles pratiques » ou pour « proposer des solutions bancaires et assurantielles » aux agriculteurs. « Les mécanismes de financement reposent sur des résultats objectivés et non pas sur des déclarations de moyens, limitant les risques de greenwashing ou d’arbitraire », défend l’association. 

Lire aussi : Paiement pour services environnementaux : Covalo voit le jour dans les Hauts-de France pour épauler les agriculteurs

Des coalitions d’acteurs publics et privés pour l’agriculture régénérative dans les Hauts-de France et le Grand Ouest

Les pouvoir publics peuvent aussi mobiliser l’indice, soutient Pour une agriculture du vivant, notamment pour la rémunération de services environnementaux. L’IR a d’ailleurs été officiellement reconnu par la Région Nouvelle-Aquitaine, et par les Directions régionales de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt (Draaf) des Hauts-de-France et de Normandie, se félicite l’association. L’association est aussi à l’initiative du projet Covalo, qui réunit des acteurs publics et privés (coopératives, entreprises agroalimentaires, financiers, …) en faveur de la transition agroécologique d’une région. Une première coalition a été lancée fin 2025 dans les Hauts-de France, et une autre fin janvier 2026 dans le Grand Ouest, avec notamment la participation de la coopérative Terrena. Covalo Ouest ambitionne de diagnostiquer 1 000 fermes adhérentes d’ici 2028

Lire aussi : Comment Terrena veut déployer l’agriculture régénérative dans le Grand Ouest via la coalition Covalo Ouest

Quel indice de régénération en fonction des certifications environnementales comme la bio ou le label HVE ?  

Dans l’étude, les chercheurs ont aussi comparé le score obtenu par 117 fermes situées dans l’Ouest en fonction de leurs certifications environnementales : label haute valeur environnementale (HVE), agriculture biologique, ou aucune certification. Les scores les plus élevés et les plus homogènes sont ceux de l’agriculture biologique, toutefois limités par des difficultés techniques dans la réduction du travail du sol. Les fermes avec le label HVE obtiennent quant à elles un résultat proche de celles sans certifications. Les scientifiques montrent aussi que l’indice de régénération apporte des informations sur la mise en œuvre de pratiques agroécologiques qui ne sont pas prises en compte dans les labels ou certifications environnementales. Et la notion « d’agriculture conventionnelle » est « un raccourci qui ne valorise pas les agriculteurs déjà engagés dans l’agroécologie, notamment à travers des pratiques de conservation des sols », soulignent les chercheurs. 

Avec cette publication scientifique, l’association Pour une agriculture du vivant entend intégrer l’indice de régénération à des dispositifs nationaux et européens sur les résultats environnementaux. L’association mentionne notamment la directive européenne sur la santé des sols, adoptée en 2025 dans l’UE, qui prévoit la mise en place de méthodologies communes et de données partagées entre États membres. Son but est d’atteindre l’objectif non contraignant d’un « bon état de santé des sols » d’ici à 2050.  

Lire aussi : Santé des sols : que va changer la nouvelle directive adoptée par l’UE pour les agriculteurs ?

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