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Agriculture de conservation des sols : cinq conseils pour persévérer

Lors d’une journée de formation organisée dans l’Indre par Horsch sur l’agriculture de conservation des sols, Antonio Pereira, de la chambre d’agriculture de Haute-Marne, a mis en avant cinq points clés pour permettre aux agriculteurs de persévérer dans ce type de pratiques.

Antonio Peirera, conseiller à la chambre d'agriculture de Haute-Marne et spécialiste de l'agriculture de conservation des sols étudie un profil de sol cultural
Antonio Peirera, conseiller à la chambre d'agriculture de Haute-Marne et spécialiste de l'agriculture de conservation des sols anime régulièrement des formations comme celles organisées par Horsch.
© H. Challier

L’agriculture de conservation des sols (ACS) se réinvente pour faire preuve d’adaptabilité en fonction des territoires, des conditions pédoclimatiques, ou encore des systèmes d’exploitation. C’est ce que rappelle Antonio Pereira, conseiller à la chambre d’agriculture de Haute-Marne et spécialiste dans ce domaine, lors d’une journée de formation organisée par Horsch dans l’Indre. Cinq conseils peuvent néanmoins faire la différence.

S’autoriser le travail du sol si nécessaire

« On peut de temps en temps travailler son sol », est un signal fort donné aux agriculteurs se trouvant confrontés à certaines impasses ou difficultés. Antonio Peirera appelle ainsi à « ne pas être trop dogmatique » en ce qui concerne le travail du sol en ACS, notamment face à une invasion de campagnols.

Même son de cloche en ce qui concerne les problèmes de compaction des sols : « Corrigez ça de façon mécanique pour rester dans un système productif et rentable », estime l’expert avant d’affirmer lors d’un tour de plaine : « ce n’est pas parce qu’on travaille son sol qu’il n’y a plus de vie biologique ».

Bien choisir ses couverts végétaux

Concernant les couverts estivaux entre la récolte et les semis d'automne, la sécheresse et les conditions caniculaires constituent un frein à leur mise en place. Du côté des couverts permanents composés de légumineuses, ils ne sont pas indiqués en cas de problématique de salissement des parcelles. La composition du couvert doit être adaptée au terroir et viser un maximum de biomasse.

« On peut envisager du trèfle d'alexandrie, certaines vesces velues ou vesces communes, les pois fourragers, la féverole ou encore la phacélie, préconise Antonio Pereira. Cette dernière permet un fleurissement des parcelles à l’automne et présente donc un intérêt pour les apiculteurs. »

Semoir à dent ou à disque ?

Parce que soigner l’implantation de ses couverts végétaux est gage de réussite, il apparaît nécessaire de prendre en compte le facteur matériel dans ses décisions. Si le semoir à disque perturbe moins la vie du sol et présente un avantage face aux adventices, il peut dans certaines conditions risquer de coincer la paille dans le sillon en cas de semis en présence de résidus. Au contraire, le semoir à dent présente un risque de bourrage dans les éléments semeurs ce qui nécessite d’éviter les couverts volubiles.

Oser les plantes compagnes en colza

Le colza associé ne résout pas les problématiques liées aux grosses altises. En revanche, le rôle insecticide de la féverole en plante compagne est démontré sur colza, notamment au niveau du charançon du bourgeon terminal et des petites altises.

Antonio Pereira met en avant certaines espèces pouvant être associées au colza : le sarrasin (10 kg/ha) et le lin oléagineux (1 kg/ha) pour leur action camouflage lorsqu’ils sont en fleurs, le tournesol (0,5 à maximum 1 kg/ha) dont l’effet parasol au détriment du colza doit être considéré, mais aussi la luzerne, le trèfle violet, blanc et nain.

Opter pour la fertilisation localisée

La fertilisation localisée, en semis direct, permet des gains de rendement. En orge de printemps, les expérimentations affichent des gains de rendement imputés à la localisation de l’engrais azoté au semis (en l’absence de perte à la levée et de toxicité de l’ammonitrate localisé) de trois quintaux en moyenne (d’après des essais menés par Arvalis). L’avantage se situe aussi au niveau des mauvaises herbes : « plus on localise la fertilisation moins on nourrit les adventices » a spécifié Antonio Pereira.

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