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Liseron des haies, liseron des champs : des adventices vivaces qui font plier les cultures en s'accrochant aux tiges

On peut rencontrer deux espèces de liseron dans les champs, mais le liseron des haies est la plus préjudiciable aux cultures d’été, gênant notamment les récoltes.

<em class="placeholder">Fleur de liseron. Mauvaise herbe nuisible aux cultures. Adventice dans plantes cultivées.</em>
Des fleurs blanches en corolle caractérisent le liseron des haies.
© M.-A. Carré

Comment reconnaître les jeunes pousses et plantules de liserons

Les liserons font partie du cortège des adventices vivaces des cultures. Deux espèces se rencontrent couramment dans les cultures : le liseron des haies (Calystegia sepium) et le liseron des champs (Convolvulus arvensis).

Les liserons se développent à partir de mars ou avril par multiplication végétative, avec des pousses démarrant de drageons ou de rhizomes souterrains. Toutes pétiolées, les feuilles des pousses sont caractéristiques avec une forme hastée, une extrémité aiguë et apiculée et deux larges lobes arrondis à la base. En grimpant sur les plantes, les pousses volubiles peuvent atteindre 5 mètres de long avec de nombreuses ramifications qui forment un entrelacs entre les végétaux.

Les liserons peuvent se développer à partir de germinations printanières dès le mois d’avril. Les plantules présentent des cotylédons de grande taille : limbe de plus de 2 cm de long (avec un long pétiole chez le liseron des haies) pour 1 à 2 cm de large. Ces cotylédons présentent une forme quadrangulaire à trapézoïdale. Les feuilles suivantes sont semblables à celles des pousses végétatives. Chez le liseron des haies notamment, la feuille présente de nombreuses nervures bien visibles, anastomées vers le centre et en arceaux à la périphérie.

 

 

Des moyens de combattre les liserons

Agronomique : Les rotations avec alternance de cultures d’hiver, de cultures de printemps et d’été sont un bon moyen d’empêcher les liserons de s’installer dans les parcelles.

Mécanique : Le passage de bineuse et/ou de herse étrille devra être répété en culture pour détruire les pousses au fur et à mesure des départs de bourgeons. Travailler en conditions sèches pour améliorer l’efficacité.

Le labour est peu efficace, et les techniques de déchaumage et de faux semis ont plutôt tendance à propager l’adventice si l’on utilise des outils à disques, en divisant les parties souterraines qui bouturent en conditions humides. Privilégier, dans ce cas, les équipements à dents souples ou à ailettes et intervenir en période sèche et chaude pour détruire plus efficacement drageons et rhizomes du liseron en les ayant ramenés à la surface du sol.

Chimique : Les liserons étant des vivaces, des interventions sont indispensables à l’interculture. Les herbicides à base de glyphosate seront efficaces à condition de les appliquer au stade « début floraison » de l’adventice, avec une dose de matière active assez élevée. Le 2,4-D peut aussi être utilisé efficacement à l’interculture. L’association des deux herbicides sera pertinente pour obtenir un contrôle durable dans le temps. D’autres herbicides se montrent satisfaisants sur le liseron des haies à l’interculture, comme Banvel 4S à 0,6 l/ha.

 

 
<em class="placeholder">Cultures / adventices / renouée - liseron dans maïs</em>
© C. Gloria

En cultures, le contrôle est plus délicat. Sur maïs, on peut utiliser des herbicides de type hormones à base de dicamba par exemple, avant le stade 6 feuilles de la culture. Le 2,4-D peut être repris en application dirigée sur l’interrang. Sur tournesol, les produits autorisés sur les variétés tolérantes aux herbicides (Express Sun, Clearfield plus) se montreront les plus performants, notamment l’imazamox. Sur céréales d’hiver, le fluroxypyr, le clopyralid et le 2,4-D sont les seules substances actives suffisamment efficaces.

Sources : Acta (infloweb.fr), Terres Inovia, Arvalis

Cinq points clés sur les liserons

Commun dans toute la France, le liseron des haies est souvent bien présent dans les terres profondes et humides. Il est abondant dès lors que les sols sont bien pourvus en azote et en eau.

Le liseron des champs est moins abondant et moins nuisible que celui des haies. Il affectionne les sols plus secs et plus alcalins. Une pubescence apparaît sur les tiges, les pétioles et les marges des limbes (le liseron des haies est glabre).

Maïs, tournesol et sorgho pâtissent le plus des infestations de liserons quand ils sont cultivés en monoculture ou en rotations courtes sur des sols frais de fond de vallée ou irrigués. Le liseron des haies peut poser de graves problèmes dans la culture du lin fibre dans certaines régions.

Le risque de verse est accentué par les tiges volubiles du liseron s’enroulant autour des tiges des cultures. Les fortes infestations occasionnent une gêne à la récolte. Sur le rendement de la culture proprement dite, les liserons ont un impact modéré.

Ne pas confondre avec la renouée-liseron dont les feuilles sont ressemblantes. Mais il s’agit d’une espèce annuelle, sans reproduction végétative. La plantule montre des cotylédons elliptiques et allongés, très différents de ceux des liserons proprement dits.

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