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Gaec du Squiriou dans le Finistère : des charolaises bouchères d’élite

Dans le Finistère, le Gaec du Squiriou élève des vaches charolaises de grand format typées bouchères, de haut niveau génétique. Leur engraissement donne la part belle à l’herbe. Il est mené en deux phases, avec un pré-engraissement au pâturage avec de l’ensilage de maïs, et une finition avec de l’enrubannage et des concentrés.

À Berrien, dans le Finistère, Thierry et Pierre-Yves Thomas du Gaec du Squiriou font vêler 64 charolaises. Le troupeau a été créé à partir de 1988 par croisement sur vaches laitières, et conduit depuis cette date à 100 % en insémination. « L’élevage a été inscrit au Herd Book charolais dès que possible, et vingt ans de sélection ont suivi », présente Thierry Thomas. Aujourd’hui, l’IVMat moyen des mères est de 107 et celui des pères de 113. Le troupeau est partie prenante du schéma de création génétique Charolais univers depuis de nombreuses années, et une vingtaine de mâles sont vendus en reproducteurs chaque année.

« On a déjà le lait, le développement squelettique, la finesse d’os et la croissance. Donc aujourd’hui, on travaille les qualités bouchères », expliquent les éleveurs. « Depuis cette année, cinq des vaches, dont on ne veut pas garder le veau, sont inséminées avec un taureau de la gamme Yperios. » Les vaches vêlent très bien, et la naissance de veaux culards n’inquiète pas Thierry et Pierre-Yves Thomas. Les mâles seront engraissés en jeunes bovins et les femelles élevées jusqu’à 3 ans pour faire des ventes bouchères. « Le but est de commercialiser des carcasses classées E sans compromis sur les qualités maternelles de nos reproductrices. » En 2024, le poids moyen de carcasse des femelles de boucherie s’est établi à 592 kgC, à 90 % classées en U. Leur rendement carcasse est compris entre 56 à 58 %. La croissance moyenne des femelles de la naissance à l’abattage était de 1 150 grammes par jour sur la dernière campagne.

Pré-engraissement pâturage et maïs

La finition des vaches de réforme s’organise un an avant la date prévue de vente pour celles qui ne sont pas remises à la reproduction. Elles sortent ensemble au pré avec leurs veaux pour un pré-engraissement autour du bâtiment. Elles ont ingéré cette année sur cette phase 18 kg MS herbe et 7 kg maïs ensilage par jour, car il n’y avait pas beaucoup d’herbe. Avec des années plus favorables à la pousse des prairies, elles consomment moins de maïs habituellement sur la période. Leurs veaux sont sevrés normalement, à l’âge de 8 à 9 mois, elles continuent de pâturer si des ressources sont disponibles, et sinon elles passent en cases d’engraissement.

À partir de là, celles au meilleur potentiel reçoivent une ration d’enrubannage de prairies temporaires de qualité avec un aliment complet en bouchons, contenant notamment du lin. Cette phase de finition à l’auge peut durer jusqu’à quatre mois. Depuis quelque temps, Thierry et Pierre-Yves Thomas les présentent en festivals, concours d’animaux de boucherie, salons… et régulent leur état d’avancement en fonction de ce calendrier. « On démarre dans cette activité, et cela prend du temps de les préparer et de les sortir, mais cela permet d’en tirer le meilleur prix », relève Pierre-Yves Thomas. Les annulations de ces manifestations de cette année à cause des épidémies ne les découragent pas.

Les vaches de réforme un peu plus « ordinaires » sont complémentées avec l’orge produite sur l’élevage et un correcteur azoté acheté. « Certaines de celles-ci sont prêtes en un mois et demi. Une vache conformée U est plus facile à finir qu’une vache R, et on arrive à bien les valoriser commercialement elles aussi. » Depuis cette année, les éleveurs sont équipés d’une bascule et ils vont peser les vaches à l’engraissement une fois par mois pour piloter au mieux leur engraissement.

 

Fiche élevage

120 ha dont 20 ha de maïs ensilage, 15 ha de céréales et 85 ha en prairies temporaires
64 charolaises avec vente de reproducteurs
Atelier canards
2 UMO

Mélanie Deborde, conseillère spécialisée Eilyps : un bon niveau d’autonomie alimentaire

 

 
<em class="placeholder">Mélanie Deborde, conseillère spécialisée Eilyps</em>
Mélanie Deborde, conseillère spécialisée Eilyps © S.Bourgeois

« Les éleveurs récoltent leur enrubannage pour l’engraissement sur les paddocks débrayés : un à 55 % MS titrant 12 à 13 % de MAT, et un à 35 % MS apportant autour de 17 % MAT. Les prairies temporaires sont principalement constituées de RGA et TB, avec un peu de RGI et RGH pour les parcelles éloignées de fauche. L’élevage est autonome à 100 % en fourrages et la consommation moyenne de concentrés était en 2024 de 646 kg/UGB, dont 51 % de céréales autoproduites. Avec un intervalle vêlage-vêlage moyen de 368 jours, 49 tonnes de viande vive ont été produites en 2024. »

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