Aller au contenu principal

Justice
« Préjudice écologique » lié aux pesticides reconnu : l’Anses appelée à revoir ses autorisations de mise en marché

Dans un arrêt rendu le 3 septembre, la Cour administrative d’appel de Paris condamne l’Anses à prendre désormais en compte l’impact des produits phytosanitaires sur les espèces non ciblées, et à procéder, dans un délai de 24 mois, à un réexamen des autorisations de mise sur le marché déjà délivrées. 

Entrée de la cour administrative d'appel de Paris
Dans sa décision du 3 septembre, la cour administrative d'appel de Paris « ordonne à l’Etat » de « mettre en oeuvre une évaluation conforme aux exigences requises, en particulier s’agissant des espèces non ciblées, c’est-à-dire à celles qui ne sont pas visées par le produit ».
© Cour administrative d'appel de Paris

La cour administrative d’appel de Paris condamne l’Etat à revoir ses protocoles d’autorisation de mise en marché (AMM) des pesticides, dans un arrêt rendu le 3 septembre

Dans sa décision la cour estime que l’Anses « a commis une faute » en n’évaluant pas les produits phytopharmaceutiques « au vu du dernier état des connaissances scientifiques », explique-t-elle dans un communiqué.

Par conséquent, elle « ordonne à l’Etat » de « mettre en oeuvre une évaluation conforme aux exigences requises, en particulier s’agissant des espèces non ciblées, c’est-à-dire à celles qui ne sont pas visées par le produit ». La cour ordonne aussi à l’Etat « de procéder, dans un délai de vingt-quatre mois, à un réexamen des autorisations de mise sur le marché déjà délivrées ». 

Relire : Pesticides : l’Anses devra « tenir compte » d’usages prioritaires pour son processus d’autorisation, annonce le ministère de l’Agriculture

Un « préjudice écologique » imputable à des fautes commises par l’Etat

Saisi par des associations de protection de l’environnement (Pollinis, Notre affaire à tous, ou encore l’association pour la protection des animaux sauvages et du patrimoine naturel), le tribunal administratif de Paris avait reconnu, par un jugement du 29 juin 2023, l’existence d’un « préjudice écologique résultant, du fait de l’usage des produits phytopharmaceutiques, de la contamination généralisée, diffuse, chronique et durable des eaux et des sols par les substances actives de ces produits, du déclin de la biodiversité et de la biomasse et de l’atteinte aux bénéfices tirés par l’homme de l’environnement », rappelle le communiqué de la Cour administrative d’appel de Paris. Il avait en outre jugé ce préjudice imputable à des fautes commises par l’Etat.

Lire aussi : Acétamipride : la FNSEA souhaite un projet de loi pour réautoriser le néonicotinoïde
 

L’Anses appelée à revoir toutes les AMM délivrées en 24 mois

Saisie de plusieurs appels contre ce jugement, la Cour admet « elle aussi la possibilité d’une action en réparation du préjudice écologique dirigée contre l’administration devant le juge administratif » et reconnaît l’existence d’un « tel préjudice, apprécié notamment dans sa dimension relative à la santé humaine, et juge qu’il résulte de l’usage des produits phytopharmaceutiques, même si d’autres facteurs peuvent intervenir ».  

La Cour juge aussi que l’Anses, « dans sa mission d’évaluation et d’autorisation de mise sur le marché des produits phytopharmaceutiques réalisée au nom de l’Etat, aurait dû se prononcer au regard du dernier état des connaissances scientifiques et techniques, ce qu’elle n’a pas fait systématiquement ». Il est notamment question dans la décision des connaissances scientifiques récentes concernant les essais de toxicité chronique et sur le développement larvaire.

En conséquence, dans sa décision « la cour administrative d’appel de Paris ordonne à l’Etat de mettre en œuvre une évaluation conforme aux exigences requises, en particulier s’agissant des espèces non ciblées, c’est-à-dire à celles qui ne sont pas visées par le produit, et de procéder, dans un délai de vingt-quatre mois, à un réexamen des autorisations de mise sur le marché déjà délivrées ». 

Lire aussi : Pesticides : comment le directeur de l’Anses conteste la proposition de loi du sénateur Duplomb ?

Pollinis appelle le gouvernement à ne pas se pourvoir en cassation

Dans un communiqué Pollinis s’est félicité d’une « victoire » des associations et a appelé le gouvernement à ne pas se pourvoir en cassation et à respecter cette décision de justice. 

 

Les plus lus

Carte des zones réglementées et vaccinales concernant la dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNC) au 2 janvier 2026.
Dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNC) : un troisième cas confirmé dans l’Ariège

Un nouveau cas de dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNC) a été confirmé le 3 janvier 2026 en Ariège. Le bilan du…

Paysage agricole vu d’une montgolfière
Succession d’une exploitation agricole : l’attribution préférentielle de terres au coassocié d’une SCEA en détenant le bail n’entraine pas sa disparition

La Cour de cassation a rendu le 10 décembre dernier un arrêt intéressant dans le cadre de la succession d’une exploitation…

Visiteurs dans un concessionnaire John Deere devant des machines agricoles.
Machinisme agricole : les constructeurs de tracteurs sous l’œil de l’Autorité de la concurrence

L’Autorité de la concurrence indique, dans un avis rendu le 18 décembre, que l’augmentation du prix des tracteurs ne semble…

 Tracteur sur une route de campagne entourée de champs de colza avec l’inscription 2026 sur la route.
Qu’est-ce qui change au 1er janvier 2026 pour les agriculteurs ?

Tour d’horizon des nouvelles dispositions sociales, fiscales et nouveaux règlements qui s’imposent aux agriculteurs, ou tout…

Photo d’archive du concours général agricole 2025 pour la race Prim'holstein
Salon de l’agriculture 2026 : 10 races annulent leur participation au concours général agricole parmi lesquelles les vaches Prim’Holstein, Simmental, Montbéliarde, Tarentaise, Limousine et Normande

A quelques semaines de l’ouverture du salon de l’agriculture 2026, dix races de vaches ont déjà indiqué aux organisateurs qu’…

Blocage d'une voie d'autoroute le soir par des agriculteurs de la Coordination rurale, avec des pneus enflammés, des palettes de bois et des ballots de paille.
Dermatose nodulaire contagieuse (DNC) : le gouvernement réaffirme sa stratégie, les mobilisations des syndicats agricoles persistent

Le premier Ministre Sébastien Lecornu a réaffirmé la stratégie de lutte contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), dans…

Publicité